Les Femmes d’Epée

Chez les lossyans, surtout au sein de la culture générale concilienne, on aura compris que chacun doit garder sa place, aussi injuste soit-elle, mais aussi que ce qui identifie les individus est une norme sociale selon le regard des lossyans. Cette norme, plus encore que par les Dogmes de l’Eglise, est dictée par les Vertus et aucun cas un ordre naturel qui aurait pour excuse des lois biologiques, ont les lossyans ignorent en général tout. Sur Loss, il n’y a pas plus de « darwinisme social » que de « loi naturelle immuable ». D’ailleurs, ces considérations n’intéressent finalement que les débats des philosophes, et encore : ces principes vont à l’encontre même des Vertus, c’est-à-dire le socle de toutes les écoles de pensée philosophiques des lossyans.

Aussi quand un individu ne peut s’adapter à la place qui lui est dévolue, les lossyans se demandent alors comment lui trouver une, et finalement, celle-ci finit par se créer et être admise si cette place est considérée par tous, utile et respectée. C’est par exemple la manière dont a été réglé l’approche lossyanne de l’homosexualité et des problèmes de genre (voir le chapitre La vie quotidienne des Lossyans)

Plus marquant encore est le cas des Femmes d’Epée. Incapables d’accepter la place, ô combien frustrante et peu reluisante parfois, qui leur est dévolue dans la société, ce sont ces femmes indépendantes et volontaires qui ont décidé de défendre leur honneur elle-même et tiennent tête aux hommes y compris par la voie des armes. Elles sont officiers militaire, aventurières, capitaines-pirate, chef d’entreprise ou maitresse de confrérie d’artisan, voire simplement des femmes du petit peuple ayant appris à se défendre sans hommes ; mais elles ont toutes pour point commun qu’elles refusent de revenir en arrière sur leur décision d’être totalement autonome quant à leur place dans la société lossyanne. Ce sont, pour l’imager, de véritables féministes dans un monde sexiste.

1- Place dans la société

Les Femmes d’Epée sont tenues en général en grand respect : elles sont reconnues et traités avec égard, même si elles ne sont pas toujours appréciées et qu’on s’en méfie en règle générale. Elles ne sont pas considérées comme « femmes » selon l’assertion ordinaire du terme mais tenant une place et un rôle social bien spécifique, un peu comme le seraient les mercenaires et les soldats de carrière, ou encore les marins et les marchands, c’est-à-dire une confrérie qui reconnait ses membres, même sans appartenir au même peuple.

Les Femmes d’Epées sont en général décrites comme une communauté informelle de femmes souvent perçues comme caractérielles, belliqueuses, soupe-au-lait, pour certains un peu dérangées, voire perdues, mais dont la valeur ne peut être niée. Une Femme d’Epée perd ce titre quand elle est mariée, bien que ce ne soit pas systématique. Mais on considère que dès qu’elle prend époux et donc foyer et famille, elle revient vers la place traditionnelle dévolue aux femmes. Même si elle reste une femme qui a défié les traditions et les lois et que ce qu’elle a été restera marqué dans toutes ses relations sociales.

Pour une question de représentation, on peut considérer que les Femmes d’Epées représentent de 1 à 2% de la population féminine selon les cultures Conciliennes. Pour les cultures non-conciliennes, ce serait environ 15 % des femmes, bien que la parité de ces sociétés rend le concept de Femmes d’Epées quelque peu inutile.

Coutumes et lois

Une Femme d’Epée est admise et respectée partout, sauf avec les membres les plus intégristes de la société Concilienne, et encore. Elle est souvent armée, bien que cela ne soit pas nécessaire et si elle peut faire appel à un Champion, elle sait en général défendre son honneur seule, arme à la main, et personne ne pourra y redire, contrairement à la coutume et aux Dogmes.

Pratiquement aucune cité-état ou culture n’a légiféré clairement sur les Femmes d’Epées, mais certains principes coutumiers sont devenus des lois de fait quand un magistrat doit se prononcer sur un litige. Les Femmes d’Epée sont reconnue comme ayant les mêmes droits sur ses affaires, ses biens et ses propriétés qu’un homme selon les lois. La seule chose interdite en quelque manière que ce soit pour une Femme d’Epée est d’être une représentante du pouvoir exécutif ou législatif d’une cité. Une Femme d’Epée ne peut jamais, sauf exception, être chef de cité, diriger les forces armées d’une ville ou siéger comme tribun.

A noter que même Femme d’Epée, certaines libertés de mœurs ou vestimentaires des hommes ne leur sont pas permises. Une femme d’épée court vêtue, s’affichant à demi-nue ou dansant ivre-morte dans une taverne risque très gros.

En Hégémonie

Techniquement, les seules Femmes d’Epée existantes sont les légionnaires et officiers Ordinatorii qu’admets l’ordre. Elles doivent garder leur visage masqué, rester chaste et perdent tout rang et droit si elles décident de se marier pour avoir des enfants. Il leur est parfois permis d’adopter. Les plus hauts rangs de l’Ordinatori leur sont inaccessibles.

Dans Gennema

Les femmes combattantes sont rares, mais les Femmes d’Epée sont presque une tradition puisque les Hama-kalu et leurs filles célibataires sont considérées comme telles.

 Dans l’Hemlaris

La société traditionnaliste Hemlaris reconnait difficilement les Femmes d’Epées, mais aussi bien comme combattantes que chefs de famille et d’entreprise, celles qui parviennent à s’imposer sont considérées avec un respect bien supérieur à leur équivalent masculin.

En Etéocle

Les Femmes d’Epées combattantes sont assez répandues, surtout dans le sud. Des navires corsaires au services des cités-état sont constitués d’équipages en grande partie féminins. Les Femmes d’Epée ne sont pas rares dans l’aristocratie, même si une femme indépendante, menant ses affaires seule et pire encore, érudite ou exerçant une profession d’élite, est toujours vu avec un certain trouble.

Dans les Cités-unies

Les Femmes d’Epées ne sont admises que dans les carrières militaires, mais toute une caste d’archères et d’éclaireurs d’élite y existe et y est fort respectée.

Dans le sud et en Athémaïs

C’est dans le Sud de l’Etéocle, dans l’Athémaïs et dans les Franges que l’on rencontre le plus aisément de Femmes d’Epées dans tous les secteurs. Bien sûr, prétendre qu’elles sont très nombreuses est un peu exagéré, mais elles sont nettement plus courantes que dans toutes les autres sociétés Conciliennes.

Dans les cultures non-Conciliennes

Comme nous l’avons indiqué plus haut, la notion de Femmes d’Epées ne s’applique pas vraiment eu égard à la parité relative de ces cultures. Mais les plus indépendantes des femmes de ces sociétés y ressemblent clairement et sont très respectées, et presque autant vues avec curiosité que dans les sociétés Conciliennes.

2- Structure & organisation

Les Femmes d’Epées ne sont pas plus une organisation qu’une confrérie formelle et si la solidarité entre elles est toujours forte, il n’existe aucune structure les rassemblant. Il n’est donc guère facile pour une jeune fille d’être admise et acceptée comme Femme d’Epée. Le fait est que seules celles ayant eu opportunité d’avoir des talents et des compétences d’armes, ou faire preuve d’une grande malice pour s’assurer d’autres formes d’appuis sans y perdre d’autonomie, pourront parvenir à tenir tête au système patriarcal des lossyans et parvenir à être reconnues Femmes d’Epées. Cela ne va pas sans drames, y compris mortels, ni sans ruptures familiales et ce n’est jamais une décision qui se déroule sans heurts ni dégâts.

Une solution est souvent de demander l’appui et la protection d’une autre Femme d’Epée. Mais ces dernières ne seront jamais tendres avec qui veut le devenir, et une jeune fille tentant de gagner ainsi sa liberté, sera traité sans aucune pitié ou égards pour la mériter. Néanmoins, d’une part ce principe de mentorat est courant, d’autre part il existe des troupes et des équipages majoritairement féminins, constitués de Femmes d’Epées qui se serrent les coudes.

 

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