L’Histoire de Loss

Plus on va vers le passé, moins les lossyans en savent sur la réalité et les détails de leur histoire commune, qui a été réécrite par les survivants, les vainqueurs en général. Les premiers historiens et archéologues commencent à peine à explorer les traces et faits du passé.

Les seules sources d’information sont les chroniques et les archives écrites et les récits oraux, souvent légendaires. Plus de mille cinq cent ans de destructions et de guerre ont rendu les chroniques passées floues, erronés ou pleines de trous.

La grande question est donc : est-ce qu’il existe des lossyans connaissant la véritable histoire de leur monde ? Oui, quelques-uns, même si leurs connaissances sont parcellaires. Peuvent-ils la dévoiler ? Pas sans créer de graves remous. Est-ce si différent de l’histoire officielle ? Oui, pour tout ce qui concerne avant l’An O AC, et la réalité provoquerait sans doutes de terribles dégâts dans la société Concilienne.

Encart : Le calendrier qui suit est basé sur le calendrier de l’Eglise du Concile, qui note l’an 1 AC comme la première année après le Concile (AC)

Avant l’Hiver

Les lossyans sont venus des étoiles. Tous le savent, y compris ceux qui en doutaient et il ne reste personne, même parmi les peuples les plus tribaux et isolés, à penser autrement. Le fait que régulièrement, des terriens se retrouvent perdus sur Loss y est quand même pour beaucoup. Cependant, la manière de raconter comment les lossyans sont arrivés, et pourquoi, diffère largement selon les peuples, et les croyances. Et même l’Eglise du Concile ne dit rien à ce sujet ; révélant simplement, que comme pour toutes les religions et les dieux de Loss, cette décision fut admise avec bienveillance par le Concile au Dessus de Tous, à l’époque silencieux et surveillant discret et attentif, qui laissa les dieux de chaque peuple emmener sur Loss leurs ouailles.

Toutes les populations connues de Loss apparurent autour des Mers de la Séparation, avec un accès à l’océan. Ce fut une époque difficile, sombre et légendaire. C’est durant cette période que furent domestiqués les premiers animaux de loss dont le symbiote, cette créature que nombre de lossyans portent sur eux. C’est aussi vers la fin de ces premiers âges que fut découvert le loss-métal. Mais bien avant de comprendre son usage et ses propriétés, c’est pour son interaction avec les Chanteurs de Loss, qu’il fut recherché.

-2500 à -500 : fondation des premières colonies lossyannes, éparpillées autour des Mers de la Séparation et au-delà. Domestication des premiers animaux lossyans.

-525 : apparition des chamans, domestication des symbiotes.

-470 : premiers Chanteurs de Loss.

-450 : fondation des premières cités-états connues dans la région des plaines de l’Étéocle.

-410 : fondation d’Antiva.

-360 : fondation de Parcia.

-240 : découverte du loss-métal.

-217 : fondation du Cercle des Mages (l’Apolloneïos) à Antiva.

-165 : premiers mentorats officiels de Chanteurs de Loss par des congrégations chamaniques.

-104 : premier Chanteur de Loss nommé Glaive (incarnation et défenseur) d’une divinité étéoclienne.

L’ère des Magiciens

Plusieurs grands états et empires furent finalement fondés, tandis que les hommes exploraient et apprenaient à s’adapter à un univers terriblement dangereux, et hostile, mais riche et foisonnant de ressources. Parmi les premières grandes cités de l’époque, se distinguent vite Parcia, Antiva, et Noïqomos. Il ne reste aujourd’hui rien de ces villes, de leur civilisation, et de leur histoire.

En un temps relativement bref, les Chanteurs de Loss, détenteurs de cette faculté à pouvoir entrer en résonnance avec le loss-métal et accomplir des merveilles, devinrent une arme et un nouveau pouvoir politique, une force mystique puis quasi-divine.

Ce fut l’ère des Magiciens et des Dieux : en quelques décennies, les Chanteurs de Loss furent considérés comme les enfants, les messagers, les détenteurs de l’image divine, venus sur Loss pour protéger, dominer et guider les hommes. Bientôt, ce sont les Chanteurs de Loss, aussi rare fussent-ils, même à l’époque, qui régnèrent sur les peuples de Loss.

-94 : début de l’Ère des Magiciens

-82 : les principales cités-états sont de facto dominées par une caste de Chanteurs de Loss : les Glaives.

-64 : premier schisme des chamans. Brève guerre civile à Noïqomos.

-48 : second schisme des chamans. Extermination de la mégafaune de l’Étéocle par les Chanteurs de Loss. Nombre de chamans se réfugient dans les Neiges-dragon.

-31 à 0 : Guerres Divines

Deux cités au centre de deux grands états entre Les Plaines d’Etéocle, et le sud de l’Hégémonie, se firent une guerre à outrance, dominée par leurs Chanteurs de Loss. Antiva, au nord, abritait l’Apolloneïos, le plus grand et influent rassemblement de Chanteurs de Loss. Au sud, se trouvait Parcia, à la tête d’une coalition d’états, dont la championne, et chef militaire des armées coalisée, Orchys Athysmante de Parcia, était considérée l’incarnation d’Athena.

La légende raconte que l’épuisement gagnait toutes les cités dévastées par le conflit, et qu’Antiva et ses alliés ne cédaient pas. Orchys Athysmante de Parcia trahit alors les dieux eux-mêmes. Elle offrit son âme aux Enfers et apprit en échange le Chant des Abimes. Antiva subit le Chant des Abimes de plein fouet et fut rasée en une fois. Un cratère immense engloutit la cité, mais aussi Orchys et ses armées, et toute la région sur cent mille de rayon.

La destruction d’Antiva provoqua la plus incontrôlable terreur. On sacrifia esclaves, hommes, femmes en masse aux dieux, des communautés entières implosèrent, s’isolèrent ou se suicidèrent, des cités furent abandonnées du jour au lendemain. Le chaos durera jusqu’en 28 AC.

            -19 : Orchys Athysmante est nommé Glaive d’Athéna et prend la tête de la Coalition de Parcia.

-3 : Bataille Céleste

0 : Destruction d’Antiva, Long-Hiver

La naissance du Concile

Si les lossyans eussent un doute que les dieux eux-mêmes avaient été trahis, et que leur colère s’abattait sur le monde, ils n’en eurent plus du tout quand commença le Long-Hiver qui dura six ans : l’hiver durait plus de six mois. Le ciel ne se découvrait presque jamais et l’été disparut. A la seconde année, les famines commencèrent, avec les épidémies. La guerre n’avait pas cessé, ni ses ravages mais, désormais, c’était pour la survie.

Les lossyans eurent beau supplier leurs dieux, le printemps ne revint pas avant six ans, annihilant des cités et des peuples entiers jetés sur les pistes d’un monde hostile où les prédateurs aussi souffraient et avaient faim. Ce fut une ère sombre, qui mis fin à tout règne de la magie, et des Chanteurs. Ils furent maudits, haïs, et les rares survivants ne vécurent pas longtemps dans un univers qui les avait bannis. C’est dans ce monde aux repères perdus, un an avant la fin de l’hiver, qu’apparurent les premiers prophètes du Concile au Dessus de Tous.

1 AC (Après le Concile) : date référence du calendrier du Concile.

6 : Fin du Long-Hiver

11 à 28 : Grande Purge

La nouvelle était connue que le Long-Hiver et les nombreuses autres destructions étaient le fait des Chanteurs de Loss. Rapidement, les lossyans considérèrent les Chanteurs comme des démons. Ils les traquèrent, les détruisirent, eux, leurs alliés, leurs proches, leur famille et finalement toute personne qui était suspectée être Chanteur. Loss sombra dans une guerre fratricide et une chasse aux sorcières qui ravagea même les chamans. On nomme cette période la Grande Purge et ce nom fait toujours frémir les lossyans.

41 : première rédaction des Dogmes de l’Eglise.

62 : la foi du Concile se répand dans toute la côte Nord des Mers de la Séparation.

72 : premières légions d’ordinatorii pour la défense de l’Église.

97 : Anqimenès se déclare capitale de l’Hégémonie et Cité Sainte du Concile.

98 : Asharon meurt sans avoir choisi de successeur, réunions du Synode Premier d’où émerge la hiérarchie moderne de l’Église et trois prophètes à pouvoirs égaux.

L’expansion de l’Hégémonie

L’Eglise du Concile profite l’état de délabrement des peuples de Loss pour assoir son autorité par son organisation et sa stabilité rassurante et efficace ; elle est le bon outil, au bon endroit –Anqimenès en avait vraiment besoin- et au bon moment ; tel quel le prétendaient les premiers prophètes du Concile.

Ce ne fut pas simple. Le Concile remit totalement en question les anciennes croyances, codes et foi des lossyans. De plus, ses dogmes ne prêchaient ni amour, ni paix mais une philosophie apparentée au légisme, qui peut se résumer par : « l’ordre par la force et l’autorité ».

Bon an, mal an, en même temps que se rebâtissaient les villes, les ports, et les temples, le Concile étendit son influence et un modèle de civilisation moderne et efficace. Cela ne se fit pas sans nombre de guerres, massacres et drames de tous bords. Mais toujours les prophètes du Conciles étaient protégés par leurs gardiens invisibles et mortels, les Thanataires.

Pendant les siècles suivants commencèrent de grandes campagnes militaires où les Ordinatorii répandirent leur Eglise par la foi et la force. L’esclavagisme passa de simple coutume à un art sacralisé. Avant tout crée pour mettre les Chanteurs de Loss sous contrôle, il va se répandre partout sous sa forme connue : Le Haut-Art

Le modèle patriarcal dur de l’Eglise se répand comme ses Dogmes qui deviennent un code de loi. L’Eglise convertit une grande partie des Mers de la Séparation ; de gré, ou de force.

114 : premier traité écrit sur le Haut-Art dont la technique se répand.

135 : second Synode, déclaration des chamans hérétiques. Les premiers pourchassés seront les Svatnaz.

201 : début du premier conflit entre l’Hégémonie et les Dragensmanns.

209 à 219 : Guerre des Braises

Conflit entre l’Hégémonie et les Dragensmanns qui protègent leurs chamans. Destruction de nombreux clans Dragensmanns mais la guerre s’achève en statu-quo.

231 : Anqimenès se déclare hégémonienne.

325 : premiers navires à lévitation inventés par l’Imareth.

361 à 372 : Guerre d’Étéocle

L’Église déclare Nashera et ses citées alliées hérétiques après un incident religieux. Nashera accepte de se soumettre à la religion du Concile Divin, mais contre toute attente, l’Hégémonie lui déclare quand même la guerre.

363 : reprise des conflits entre clans Dragensmanns soutenant Nashera et l’Hégémonie.

368 : Le Trône de Rubis embrasse la foi du Concile Divin. L’Hemlaris est rapidement converti.

380 : l’Hemlaris dresse la première carte complète des Mers de la Séparation.

394 : la technologie des navires lévitant se répand.

412 : Scission religieuse à Anqimenès entrainant une guerre civile qui finit dans un bain de sang après l’assassinat de Peregaïus, un des prophètes de l’Église. Retrait partiel de l’Hégémonie des frontières sud de l’Étéocle.

422 : premières bombardes à impulsion, apparition des moteurs à lévitation pour la construction.

La Guerre des Apostats

Dans sa conquête des provinces des Plaines d’Etéocle, les Ordinatorii poussèrent les barbares hérétiques que l’on nomme les Jemmaï jusqu’au sud-ouest, à la limite du Rift vers 380 AC. Cet enfer acquit vite la réputation d’être le seul refuge pour qui voulait fuir l’Eglise du Concile. Par la suite, l’Athémaïs, l’Erebeïm et les Franges s’avérèrent plus accessibles pour des réfugiés.

Les Jemmaï refondèrent dans Jemmaï-he’Jil une nation tribale très solidaire sur des terres arides et inhospitalières. L’adaptation à leur nouvelle patrie les endurcit encore plus qu’ils ne l’étaient, tout en accueillant les réfugiés des exactions de l’Eglise. Mais cette dernière, appuyée par l’Hégémonie qui pense avoir une mainmise confortable sur l’immense territoire des Plaines d’Etéocle, veut détruire une fois pour tout l’hérésie qui prospère dans le Rift et résiste par la violence à toute conversion.

La première croisade est lancée : six légions de l’Eglise, six de l’Hégémonie, et trois des cités d’Etéocle. Pratiquement 80 000 soldats pour écraser les jemmaï.

449 à 556 : Première Croisade

Les 15 légions en marche demandent pratiquement le double en escorte de ravitaillement et l’intendance ne suit pas, car le sud de l’Etéocle, en proie à des désordres civils, n’est pas en mesure d’alimenter une telle masse, malgré une flotte navale conséquente. Ce grave problème essentiel va être à la source de la Guerre sans Fin ni Frontières.

449 : l’Église déclare les Jemmaïs hérétiques et lance une croisade menée par L’Hégémonie.

452 : près de quinze légions se dirigent vers le sud de l’Étéocle. Premiers conflits avec les cités et communautés de passage qui ne peuvent ni ne veulent fournir la Croisade en ravitaillement.

            455 : bataille de Haut-Mur.

458 : bataille de Scarla. Les Jemmaïs déploient les premiers mousquets à impulsion connus et des unités de Chanteurs de guerre.

464 à 549 : Guerre sans Fin ni Frontières ou Guerre des Apostats

            Les Jemmaï et leurs récents alliés réfugiés que l’on va connaitre sous le nom d’Apostats, vont profiter de la tension accrue par les exactions de la Croisade dans les Plaines de l’Etéocle avec une remarquable finesse politique. Ils n’eurent pas de mal avec l’aide de l’aristocratie et de l’élite intellectuelle étéoclienne, à convaincre les cités-états sous le joug des Hégémoniens les pillant littéralement, de former une coalition. Et lui apportèrent leurs hommes, leurs armes, leur expérience de la guérilla et une autre arme, plus terrible encore : des Chanteurs de Loss. La guerre va pratiquement durer un siècle.

466 : bataille des quatre rivières : trois légions hégémoniennes et étéocliennes sont écrasés dans les forêts du Darmos par des troupes de Dragensmanns et de Forestiers aidés de troupeaux animaux sous influence chamanique.

473 : bataille du Détroit des Céramides : première bataille aéronavale connue de navires lévitant.

480 : le fusil à impulsion est généralisé dans la plupart des armées.

513 : seconde bataille de Scarla, le siège de la cité, devenue un mur de tranchées sur près de 200 km ne progresse pas. Première vague d’exilés s’installant dans l’Athémaïs.

530 : trêves informelles sur le sud de l’Étéocle, émaillée de soulèvement et de conflits mineurs, plusieurs années de famine forcent les armées de tous les camps à réduire effectifs et campagnes.

545 : La croisade contre les Apostats reprends avec une flotte aéronavale qui brise les lignes du mur de Scarpa. Le conflit redouble de violence et de barbarie.

547 à 553 : Première épidémie de la Rage

La Rage apparait à Haut-Mur et se répand à une vitesse fulgurante. Seuls les lossyans portant un symbiote sont épargnés, mais ils doivent se battre contre les Enragés qui se changent en hordes folles et meurtrières. La maladie va décimer tout l’Etéocle, L’Hégémonie, dévaster le peuple des Forestiers puis tout le sud des Neiges-Dragon, atteindre l’Imareth et enfin Terancha et les archipels San’eshe. Il faudra plusieurs décennies pour que les peuples touchés s’en remettent et on estime qu’environ 15% de la population des Mers de la Séparation est décédée.

551 : chaos généralisé dans toutes les plaines de l’Étéocle, les Forestiers et Dragensmanns subissent eux aussi les assauts de la Rage et cessent leurs raids. La Rage se répand dans l’Hégémonie et tuera même le Prophète Acturus.

            556 : disparition des Apostats qui se séparent des Jemmaïs.

Les guerres d’empires

L’Hemlaris, aussi appelé l’Empire du Trône de Rubis représenta rapidement le seul concurrent de poids à l’Hégémonie, lui faisant obstacle dans son expansion et disputant le contrôle des Marches de Gennema. L’Hégémonie ne manqua pas l’occasion de se lancer dans une nouvelle guerre quand l’empereur fit valider le Mandat Divin, un traité désignant tout empereur comme légataire direct de l’autorité divine du Concile. Une hérésie qui tomba à point nommé pour lancer une croisade.

Face aux légions de l’Hégémonie, celles de L’Hemlaris, bien que largement inférieures en nombre, s’avérèrent plus motivées et fanatisées encore. Un Guerrier de l’Empereur ne se rend jamais, la notion même de défaite sans mort lui est inconnue. Mais pas celle de ruse, et la tactique de combat mobile de ces unités de cavalerie compensaient en grande partie leur infériorité numérique et matérielle. Ce qui devait être une guerre facile devint une suite de conflits sanglants mus par une haine mutuelle grandissante que rien ne pourrait tarir.

560 : conflits maritimes entre l’Hégémonie et l’Hemlaris pour le contrôle des routes commerciales le long des côtes Est des Mers de la Séparations

571 : premier traité d’astronomie par Ankeserios dit Le Messin, qui dessine une théorie heliocentriste du système solaire.

584 : création des Lincis, les symbiotes d’esclaves.

595 : l’Hégémonie renforce ses positions territoriales dans les Marches.

601 : mort douteuse du Prophète Anatin. Son remplaçant, Electus, convainc ses confrères de déclarer l’Hemlaris hérétique en vertu de sa foi du Mandat Divin. Appel à la croisade.

603 à 604 : Première croisade contre l’Hemlaris

La première croisade s’achève à la bataille de Haïcan par un massacre devant les Guerriers de l’Empereur menés par des généraux tacticiens hors pairs. L’Hégémonie prends la mesure de la redoutable efficacité des techniques de combat moderne de son adversaire.

621 à 628 : Deuxième croisade contre l’Hemlaris

Assistée de troupes Etéocliennes, la seconde croisade finit par s’enliser en batailles d’escarmouches, l’Hégémonie finit par perdre le contrôle quand les Gennemons se rebellent et les repoussent. L’Hemlaris annexe le sud des Marches de Gennema.

638 : invention de la poudre noire, immédiatement déclarée hérétique. Mais sa formule est pourtant répandue, même dans l’Église.

651 : invention du linotorci à Nashera, qui se répand dans l’Hégémonie.

662 à 677 : Troisième croisade contre l’Hemlaris

Une flotte puissante attaque directement l’Empire du Trône de Rubis, appuyée par une flotte aéronavale. Les troupes Hemlaris sont repoussées par des Ordinatorii mobiles et bien protégés, appuyés par des navires lévitant et des canons-impulseurs employés en ligne de barrage. Cymiad est occupée et pillée avant qu’une contre-offensive maritime et terrestre de l’Hemlaris appuyée de flottes mercenaires Teranchen et Imareth ne force la Croisade à faire retraite.

677 à 685 : Guerres civiles hégémoniennes

Des tensions entre l’Église et les cités-états de l’Hégémonie, épuisés par les guerres incessantes, explosent en révoltes violentes ; plusieurs légions locales se retournent contre l’Église. La guerre civile dans l’Hégémonie prend fin après la mort inexpliquée de deux prophètes dont l’héritier d’Electus. Beaucoup y voient un signe religieux fort.

712 : la Guilde des Marchands répand dans la société civile les techniques du Haut-art et commence à prendre le contrôle du marché de l’esclavage dans tout le sud des Mers de la Séparation.

735 : la Nuit de Feu. Une nuée de météores bombarde une zone allant du golfe de l’Etéocle aux Hautes-marches, provoquant chaos, destructions et panique, puis deux ans de récoltes faibles et de famine.

745 : Expansion des mécaniques éoliennes et hydrauliques dans l’Athémaïs, grâce à l’inventeur Mulhad de Saniro

770 : l’Église ordonne à l’Hemlaris de renoncer à l’Hérésie du Mandat Divin. En retour, l’Empereur fait chasser et exécuter une partie des autorités de l’Église à Cymiad.

771 à 782 : Quatrième croisade contre l’Hemlaris

Celle-ci mets du temps à se rassembler. L’Athémaïs et Terancha refusent d’y participer, l’Imareth envoie quelques navires pour la forme. Le conflit tourne rapidement en guerre de harcèlement maritime. L’Hégémonie finit par abandonner le port de Hang-Boda. Fin de la quatrième croisade, mais les raids et batailles navales ne cesseront pas pendant les vingt années suivantes.

802 : Synode de l’Église, nombreux appels à l’unité et à la paix, mais que les Prophètes rejetteront. Révision et durcissement des Dogmes.

829 à 841 : Guerre des pirates

Mélisaren et des alliés du sud des Plaines de l’Étéocle lancent une guerre maritime pour mettre fin aux pillages et pirateries de l’Imareth qui mets fin à la guerre en payant de très lourds tributs à Mélisaren et ses alliés, mais pillera les routes maritimes de Nashera pendant des années. Mélisaren et ses alliés ferment les yeux. Nashera et Allenys entrent en guerre contre l’Imareth pour mettre fin aux pillages de leurs routes commerciales. S’ensuivent 25 ans de batailles navales et de sièges de ports incessants. La Guilde des Marchands intervient pour parvenir à un accord de paix entre l’Imareth et ses adversaires, court-circuitant le plan d’alliance de l’Hégémonie avec Nashera pour envahir l’île.

832 : Dragensvard manque de tomber face à des légions transportées par navire lévitant et escortées par les premiers Béhémoths. L’assaut tourne court sous une contre-offensive de monteurs de dragens, mais les pertes sont terribles.

889 : découverte du titane.

902 à 910 : Cinquième croisade contre l’Hemlaris.

La Cinquième Croisade Hemlaris débute poussivement, mais rassemble une force conséquente. Cependant, ni Terancha, ni l’Imareth, ni l’Athémaïs ne veulent y participer, sous la pression de la Guilde des Marchands. Pareillement pour une partie des Cités-Unies et tout le sud de l’Étéocle. La totalité du golfe d’Haïcan et ses cités-état est occupée. Pillages et destructions massives, explosion du trafic d’esclave dans la plus grande capture de masse de l’histoire de Loss.

            905 : l’Église renonce à déclarer hérétiques les cités-états refusant de participer à la Croisade, à l’exception d’Armanth et Khoïenomos.

L’essor d’Armanth

Vers 460 AC, un petit groupe de réfugiés s’installait sur la lagune marécageuse d’un fleuve turbulent, l’Argas. Ils fondèrent un petit port de commerce local, surtout de bois flotté. C’est ainsi que naquit Armanth. La Guilde des Marchands cherchait une ville où s’établir loin des conflits qui s’enlisaient entre les clans des mers de Terancha, et Allenys et ses Cités Unis. Elle vint donc y investir et utilisa son réseau de caravanes et de routes maritimes pour concentrer sur Armanth ses activités de négoce d’esclaves dont Armanth arracha le monopole à l’Eglise pour en devenir la plaque tournante actuelle.

A partir de 650 AC, Armanth était la principale destination d’une immigration de populations persécutées, avant de devenir le havre des intellectuels, des libres-penseurs, et des femmes fuyant l’Eglise. Elle fut plusieurs fois assaillie par ses voisins athémaïs et fut même pillée plusieurs fois, avant d’être considérée comme une de leurs cités-états, qui lui apportait une richesse bienvenue. Malgré ses déboires, rien ne freina plus la croissance d’Armanth qui étendit son influence dans tout le sud des Mers de la Séparation.

912 : découverte du Labyrinthe sous Armanth. Dans les années qui suivent, explosion d’apports technologiques et premières découvertes de la dynamo à Loss. Armanth commence à lancer des missions d’exploration des ruines des Anciens.

915 à 915 : Sixième croisade contre l’Hemlaris

Après la bataille de Guaning, nombre de troupes engagés de force se retirent de la Croisade. L’Hemlaris a déployé ses propres béhémoths et unités de cavalerie et d’artillerie lourde dans un combat où les Guerriers de l’Empereur se moquent de leurs propres pertes.

927 : fondation de l’Enclave. Exploitation des jungles San’eshe, non sans mal.

937 : Armanth devient la capitale officielle de l’Athémaïs.

941 : mort de l’empereur de l’Hemlaris sans aucun héritier mâle en âge de gouverner. Pour la première fois de son histoire, l’Empire du Trône de Rubis a une impératrice.

946 à 963 : Septième croisade contre l’Hemlaris

Coup d’état de l’Église après la septième tentative d’assassinat de l’impératrice. Il échoue quand deux légions de l’Église la trahissent et forme la Garde du Mandat Divin en prêtant allégeance à au Trône de Rubis. Une invasion coordonnée de troupes Hemlaris, appuyée par les Gennemons et des flottes Teranchen libère tout le golfe d’Haïcan occupé par l’Hégémonie. Reprise de la guerre et déclaration de la Septième Croisade

            948 : le plus important déplacement de troupe de l’histoire conduit à une invasion massive et la prise de Cymiad en moins de six mois, mais à des coûts humains et matériels inimaginables.

952 : La Guerre de la Croisade se transforme en série de batailles de mouvement, sur terre et sur mer. L’Hégémonie doit abandonner Cymiad, tandis que les pertes augmentent en nombre.

954 à 955 : Bataille de Feri

Les Cités-unies qui avaient répondu à la Croisade s’effondrent en guerre civile. Après la libération de Cymiad, brièvement occupée par l’Hégémonie, une flotte coalisée comprenant quasi tous les états du sud des Mers de la Séparation s’attaque directement aux villes côtières entourant l’Hégémonie. Une bataille navale au large d’Equerius implique près de 2000 navires de toutes tailles. Destructions massives et pillages et incendies sur toutes les côtes.

962 : Armanth dépasse amplement le demi-million d’habitants et prospère dans une situation de guerre généralisée.

956 : Batailles des 6 drapeaux

Entre Anqimenès et Equerius ont lieu sept jours de bataille en mouvement entre toutes les armées Hégémoniennes, les troupes de l’Hemlaris et des Gennemons, et les mercenaires Dragensmanns appuyés par des flottes mercenaires Imareth, Teranchens et Athémaïs. Des rumeurs prétendent qu’on y a même vu trois béhémoths Jemmaïs.

967 : signatures de traités de paix entre l’Hégémonie et l’Hemlaris.​ L’Empire du Trône de Rubis accepte des conditions de contrats commerciaux très désavantageux, pour payer sa dette à Armanth.

970 : les Citées-unies s’accordent à nouveau pour une paix et une alliance durable après vingt ans de guerre civile.

973 : les prisonniers Ordinatorii d’Armanth sont rendus à l’Hégémonie qui accepte de signer un accord de paix.

Et après ?

Et après vous appartient. La chronologie présente se termine quelques années avant le début des romans, qui sont considérés comme une Histoire Alternative, et non « canon ». Mais quelques événements sont évidents : les tensions entre les deux empires, et l’Église et l’Hérésie d’Hemlaris sont devenus une haine ancestrale et aveugle. Armanth, bien que largement moins puissante militairement, est en train de gagner en influence à un degré tel que celle-ci va finir par supplanter l’autorité d’Anqimenès sur les Mers de la Séparation. A un moment, l’Hégémonie conclura que pour envahir et soumettre l’Hemlaris, il faut détruire totalement Armanth. Et elle en a les moyens, il lui suffit réarmer et former ses troupes.

Entretemps, l’Athémaïs essaye d’explorer et agrandir la carte du monde, par terre et par mer. Au sud, par-delà le désert des Franges, il y a encore plus de désert, barrant le continent. Mais il y a d’autres peuples inconnus et ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle. Du côté de l’Hemlaris, on fait de même par-delà les montagnes du Nevertsguïkhana, où vivent là aussi d’autres peuples.

Enfin, les Dragensmanns et leur exploration des terres inconnus par-delà le Mares Avisen vont faire face aux secrets des Anciens, autrement plus dangereux que tous ce que les Lossyans ont jamais affrontés. Et rencontrer un étrange allié possible : les Apostats qui, en silence et depuis 500 ans, fondent leur propre monde.

Finalement, terriblement isolée, l’Hégémonie n’a que la conquête pour son expansion. Et elle ne connaît que cela. Mais qui sait pourquoi l’Église, elle aussi, souhaite conquérir le monde entier ? Est-ce pour une question de foi ? Ou pour autre chose ?

 

Une réflexion sur “L’Histoire de Loss

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