Q/R spécial : Que joue-t-on aux Chants de Loss ?

Grande question qui a été posé deux trois fois, et qui mérite un petit article à elle seule, la question étant un peu plus complexe que d’autres. Quels héros joue-t-on dans le JDR les Chants de Loss ; qu’est-ce qui les réunit et pourquoi, et enfin dans quel but ? Pour tout dire, ce sujet sera un chapitre entier des règles, donc ce que je vous révèle ici, vous le retrouverez dans le livre du JDR au chapitre Conseil de jeu dans la section 13 du LdJ qui comprend aussi les Secrets de Loss (le métaplot de Loss et des romans, à ne pas mettre entre toutes les mains), les conseils aux MJ, les feuilles de perso, le scénar, etc…

Pour résumer, une quinzaine de cultures différentes, voire TRES différentes et parfois antagonistes, 15 archétypes de héros différents, et on ne parle pas de ce qui se passe si à la même table on a un chasseurs d’artefacts Jemmaï, un chaman Dragensmann, un génie de l’Hemlaris et un capitaine Ordinatori de l’Eglise du Concile Divin. Ça pourrait être sanglant.

Comment donc se créent les groupes de joueurs, qu’est-ce qui les unit et que seront leurs aventures ?

1-L’aventurier de Loss :

Je ne sais guère comment on pourrait faire une définition de l’aventurier dans le cadre classique du jeu de rôle, mais dans Loss JDR, la définition se rapproche en partie de celle des aventuriers du XVIII° Siècle, celle du Siècle des Lumières. Une de ces définitions était celle du quidam, gentilhomme nanti ou simple roturier sans le sou, au fait des merveilles modernes de son temps, désireux d’aller explorer et découvrir celles qu’on n’a pas encore trouvé et courir par le monde pour en agrandir les cartes et la connaissance. Mais c’était aussi les Corsaires piratant sur les mers, nanti d’une lettre de marque d’un état quelconque, et qu’on surnommait Flibustiers ou Boucaniers. Enfin, l’aventurier est aussi celui qui finalement n’a pas choisi d’être aventureux, les circonstances ont décidé pour lui.

Qui sont les aventuriers et héros de Loss ? Ceux des lossyans qui ne craignent ni les dangers de la mer, ni les fantômes de la nuit, ni les démons Chanteurs de Loss : aventuriers, voyageurs, mercenaires, pirates, réprouvés, hérétiques, progressistes, libertaires, savants, ingénieurs, fuyards et terriens perdus, parcourant le monde à la recherche de gloire, de légendes et des secrets et mystères enfouis de Loss. Et il y en a beaucoup, mais à l’échelle de tout le peuple de Loss, ils ne sont guère courant finalement.

2-Pourquoi sont-ils rares ?

Dans le monde de Loss, l’Honneur intime la responsabilité vis-à-vis des siens : sa famille, ses proches, son clan, sa corporation, sa cité-état. Il faut bosser pour vivre et faire vivre sa famille proche. Qu’on tombe malade ou qu’on se blesse et soudain la vie peut devenir une survie difficile assurée seulement par la solidarité familiale ou de confrérie. Pas de sécurité sociale, de chômage ou de retraite sur Loss. Celui qui ne peut compter sur les siens peut fort bien tout perdre et mourir finalement de faim.

Bref, vous aurez donc idée qu’avec ce poids sur les épaules, hommes ou femmes ne vont pas aller partir à l’aventure sur un coup de tête. Mais voilà, il y a deux raisons, qui rejoignent en partie le point 1 : partir à l’aventure, c’est aussi une chance de s’enrichir et de s’élever dans la société. Quand on a plus grand-chose à perdre, on s’engage dans un équipage ou on se propose pour devenir membre d’une caravane marchande, et on espère se tailler un bout de fortune à la force de son bras, son épée, ou son intelligence.

L’autre raison est que plus la connaissance du monde avance, plus grandissent et deviennent évidentes ses zones d’ombre et ses inconnus. Et par nature tous les lossyans sont curieux. Superstitieux, attachés à leur famille par leur sens de l’Honneur et de la responsabilité, mais curieux. Et puis quelle meilleure solution pour échapper aux carcans du devoir, de l’honneur et d’une vie prévisible et toute tracée, que de s’engager sur les routes et les mers et bâtir sa propre destinée, à la recherche de Gloire et de Légende ? Et ceci, sauf les plus traditionnalistes d’entre eux, tous les lossyans se sentent un peu forcés de le respecter.

3-Mais comment je fais pour les réunir, moi, le MJ ?

Ben je dirais sincèrement que là, si vous ne savez pas, je ne peux pas y faire grand-chose. J’entends par là que vu que la création des personnages dans Les Chants de Loss commence par mettre l’accent sur les motivations des personnages et donc sur le contexte avant de s’intéresser à des aspects plus techniques, une fois que des joueurs ont créés leurs personnages, on a déjà une bonne idée en réfléchissant un peu de ce qui va les réunir.

Cependant il y a un travail à faire en amont pour le MJ : penser à la campagne ou aux aventures qu’il veut faire jouer à ses joueurs, et leur offrir donc un cadre ayant quelques limites et garde-fous pour créer leurs personnages. Histoire d’éviter l’exemple de la tablée que je décris plus haut, avec 4 héros qui sauf impératif les forçant à collaborer vont sans doute se mettre sur la tronche parmi dès la première scène.

Le LdJ les Chants de Loss consacrera un chapitre à des conseils pour le meneur de jeu, mais franchement, si vous vous posez cette question sans savoir comment y répondre, je ne peux que vous conseiller chaudement de vous procurer « Comment mener des parties de jeu de rôle » aux éditions Lapin Marteau et de le lire, vous aurez cent fois plus de réponses que celles que nous pourrions fournir !

4-Quelques idées de groupes d’aventuriers et de héros.

Là encore, nous développerons le sujet dans le LdJ, mais voici quelques inspirations qui pourraient vous fournir pistes et idées :

  • Employés par un aristocrate, autorité religieuse ou encore maitre-marchand : dans tous les cas ces gens de pouvoir qui voudraient bien s’aventurer dans le monde et en connaitre les secrets et l’inconnu ne le peuvent guère au vu leurs responsabilités. Alors, ils se décident à trouver une solution par procuration : les personnages des joueurs. Et voici nos héros nanti d’équipement et de moyens, partis pour aller explorer le monde, escorter un professeur nimbus à lunettes ou encore s’emparer d’un trésor caché dans des ruines Anciennes. Un bon moyen par exemple de commencer avec un navire et un équipage.
  • Le hasard de la guerre et de la désolation : seuls survivants ou fuyards parmi d’autres d’une catastrophe, que ce soit guerre, pillage, incendie, épidémie et autre colère de la nature, ils se retrouvent sur les routes et à eux de trouver comment survivre. Cerise sur le gâteau, s’ils doivent aussi trouver comment faire survivre d’autres fuyards bien moins préparés à l’aventure, leur périple risque fort bien de prendre une tournure épique.
  • Hommes de hautes et basses-œuvres : employés à diverses échelles d’un puissant, celui-ci en use pour régler ses affaires, des plus propres au plus sales. Mais ce genre d’histoires finit toujours par un conflit moral et un questionnement éthique ; et tôt ou tard, il faut choisir. Et chaque choix a des conséquences, qui sait où celles-ci mèneront les personnages.
  • Rencontrés dans l’auberge : non. Définitivement non. C’est clairement la manière la plus bateau et la plus vide de sens de se faire rencontrer des personnages. Alors je sais, parfois on manque d’idées et celle-ci est la plus aisée, mais prévoyez alors quelque péripétie qui soudain tombe sur la tête des personnages et les force brutalement à devoir agir ensembles sous peine de gros ennuis. Quelques variantes peuvent rejoindre l’exemple plus haut « le hasard de la guerre et de la désolation », mais dites-vous que nul sorcier ou noble ne va aller dans une auberge rencontrer une bande de PJ pour les engager pour une aventure dans le monde de Loss. Ou alors, il vous faudra penser à une sacrée bonne et cohérente raison.

5-Et quel est le but des héros de Loss ?

Alors là je vais vous répondre, mais seulement partiellement. Parce que pour comprendre finalement le but ultime d’un groupe de héros de Loss, il faut en connaitre le secret. C’est son métaplot, celui qui explique pourquoi Loss est Loss, pourquoi des humains se trouvent sur une planète à des éons de la Terre, et pourquoi existent les Chanteurs de Loss, les chamans, les terribles Thanataires des prophètes de l’Eglise, les parois immenses du Mur qui barre tout une partie de Loss au sommet des montagnes à l’Ouest, enfin pourquoi les artefacts et les ruines des Anciens semblent tous enterrés comme par une volonté divine. Et ceci, nous ne le révélerons que dans le LdJ final.

Mais les aventuriers de Loss sont comme tout le monde, enfin, si j’ose dire. Ils recherchent un peu de fortune pour vivre mieux que leur naissance l’a décidé. Ils cherchent la gloire parce qu’elle appelle parfois la fortune. Ils cherchent les exploits parce qu’ainsi peut-être s’écrira leur Légende. Et ils cherchent l’inconnu parce qu’ils sont tous mues par le même désir de faire grandir les frontières du savoir et de la connaissance.

Et puis, parfois, ils n’ont pas le choix. Parce que Loss est un monde cruel et injuste à tout point de vue. Et parce que finalement qu’est-ce qu’un héros si ce n’est un homme qui a le courage d’agir, parce que s’il ne le fait pas, qui d’autre le fera ?

 

 

 

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