Armanth, le supplément, notes 4 : les loisirs

Ces notes sont destinés aux auteurs du supplément Armanth, la cité des Maitres-marchands, par Emilie Latieule, Alysia Lorétan et Stéphanie Roth (pour le moment, je sais pas si d’autres auteurs vont les rejoindre). Mon boulot à moi, c’est de donner des infos sur le contexte et les données sur Armanth, et les filles les exploitent et s’en servent pour rédiger le supplément, qui, si tout se passe bien, devrait sortir en même temps que le jeu de rôle !

Il faut bien s’amuser, et les armanthiens ne passent pas leur temps à bosser d’autant que les loisirs fournissent eux aussi un fort potentiel de travail et emploient beaucoup de monde.

3-1 Les spectacles de rue

Les saltimbanques, théâtre de rue, musiciens et troubadours, prestidigitateurs et dresseurs animaliers sont légions, comme les attrape-nigauds tenant des stands de jeux d’argents à même la rue. Ces activités ne sont pas véritablement organisées : la moitié de ces monteurs de spectacle appartiennent peu ou prou à des bandes criminelles sous le contrôle de la Cour des Ombres. Et si les gardes le savent, de toute manière, il s’agit d’une tolérance admise partout. Comme les armanthiens vouent un respect notoire aux artistes, on ne leur cherche pas trop de noises et ils sont assez bien accueillis. Sauf à la rigueur les monteurs de tours et jeux d’argent, qui savent quand disparaitre avant de se faire lyncher par leurs clients plumés. On trouve donc de ces spectacles à tous les coins de rue, et en général, là où il y en a un, il est de bon aloi de faire attention à sa bourse et ses bijoux et vérifier qu’une milice ou la garde vieille au grain : les pickpockets sont souvent de la partie… quand ce ne sont pas des kidnappeurs en recherche de proie à rançonner, ou revendre aux esclavagistes.

3-2 Les combats d’arène

Il y a un colisée à Armanth, et plusieurs petites arènes et amphithéâtres, qui servent aussi bien au théâtre, à la musique et à l’opéra, qu’aux spectacles de combat. Et dans ce domaine, les armanthiens sont servis, car il y a facilement une à deux représentations de combat par fin de journée. Les spectacles de combat ne se font pas en soirée contrairement aux autres types de représentation. Les gladiateurs sont des esclaves entrainés par des dresseurs et maitres d’armes de grandes maisons marchandes, ou aristocratiques, et même appartenant à quelques compagnies mercenaires. Les combats sont codifiés pour éviter de perdre trop de gladiateurs, mais tout dépend des caprices des organisateurs et du prix qu’ils sont prêts à y mettre pour un bain de sang et réjouir le public. Cependant, même si ce sont des esclaves, les lossyans n’aimant pas les morts gratuites, les gladiateurs sont rarement envoyés à la boucherie.

Il y a trois types de spectacles : les duels (jusqu’à 10 en même temps), les affrontements de masse (jusqu’à 140 gladiateurs en deux groupes), et les hommes contre les bêtes. Dans ce dernier cas, le plus couru –et le plus rare de tous les spectacles est la quinzaine (ou plus) de gladiateurs contre un draekya.

A noter qu’il n’y a jamais d’exécutions de criminels et autres martyrs dans les arènes, pas plus que de massacre d’esclaves désarmés.

3-3 Les concours de Haut-Art

L’esclavage n’est pas appelé Haut-Art que par tradition, mais aussi pour la qualité de ses résultats artistiques et techniques. Aussi cynique que cela puisse être considéré, les esclaves dressées et entrainées sont présentées comme des chef-d’œuvre dont les maitres-esclavagistes aiment à faire démonstration de leur docilité et de leurs talents à la danse, au chant, à la séduction et à l’obéissance aveugle au cours de spectacles particulièrement colorés et luxueux, suivi parfois de ventes aux enchères des esclaves présentés. Certains de ces concours sont publiques et donnés dans des amphithéâtres et ils sont primés, un peu comme on offre des prix à des chevaux ou chiens d’exposition. C’est en fait tout à fait similaire au final, et ces spectacles sont très prisés, certaines esclaves devenant de véritables vedettes dont la valeur devient exorbitante au fur à mesure des prix qu’elles gagnent pour leur propriétaire. Bien sûr, cela permets à des maisonnées de Maitre-esclavagistes de profiter de la gloire gagnée ainsi pour vendre leurs produits d’autant plus chers. A noter que ces spectacles sont très rarement gratuits et que les prix pour y assister sont assez élevés.

3-4 Le théâtre et l’opéra

Le théâtre et l’opéra sont des loisirs prisés, à Armanth. Le théâtre se fait dans des salles plus ou moins adapté, à même les rues parfois, mais aussi dans des amphithéâtres pour des spectacles aux moyens luxueux et pour une riche clientèle. Il en est de même pour l’opéra : les lossyans aiment chanter et le chant et la musique en tant que représentations artistique sont très couru. Dans les deux cas, les styles et les spectacles sont assez éclectiques, n’obéissant pas à des règles de mise en scène strictes, les deux types de loisirs sont en fin de compte assez récent ; autrefois, ils n’étaient que privés. Si des esclaves participent à ces spectacles principalement comme figurants et pour les phases de danse, ce sont avant tout des professionnels qui jouent sur scène. Les meilleurs acteurs, metteurs en scène et chanteurs, et même quelques compositeurs et musiciens sont de vrais vedettes courtisées par les mécènes les plus riches pour organiser des spectacles à leur bénéfice. A noter que certaines représentations publiques payés par de grands mécènes sont parfois gratuites et se font souvent le soir, certains spectacles pouvant durer 3 ou 4 heures avec buffets, fumoirs, vendeurs ambulants et d’autres représentations en entractes, de cirque, de Haut-Art, de montreurs d’animaux, etc…

3-5 Les tavernes

Là où le lossyan se distrait le plus, avec les spectacles de rue et d’arènes, ce sont les tavernes. Avant tout, on y va pour boire, discuter, jouer aux dés et aux cartes, éventuellement conclure des affaires et rentrer chez soi après le couvre-feu. On distingue différents types de tavernes :

Les bouis-bouis sont les plus courantes, ce sont toutes les tavernes à mauvaise bière, alcools pas toujours de qualité et menus de ratas et de soupe dont il vaut mieux ignorer la composition. Ce sont des lieux enfumés où l’on boit, rit, joue et parfois prends de mauvais coups. On les trouve près des ports, dans les bas-quartiers et s’égrainant le long des rues des ateliers. Souvent, on vient y manger à l’abri la nourriture qu’on a acheté aux étals dehors. Il y a rarement de quoi dormir dans les bouis bouis, et dans ces cas-là, au mieux, ce sont des tas de paille et des bancs dans la salle commune.

Les brasseries ne diffèrent pas tant que cela des bouis-bouis, mais les tenanciers tirent leur propre bière, proposent du vin, différents alcools fort souvent maison, et la nourriture y est plus variée et de qualité. Elles sont aussi plus spacieuses et souvent ont des alcôves discrètes. Il est fréquent d’y voir des spectacles divers, ou d’y trouver des cages de combat. La faune qui fréquente ces lieux diffèrent selon le niveau social où elles s’installent, certaines sont très mal famés, d’autres très embourgeoisées. Certaines brasseries fournissent de bons services d’hôtellerie.

Les torrefetis sont les tavernes à kumat, mais aussi à thé : d’un standing nettement supérieur aux deux autres, on ne les trouve que dans les quartiers les plus riches et en vue. On y boit donc plutôt des boissons chaudes que de l’alcool, qu’on trouvera malgré tout, il y a souvent un cuisinier et un aide attitré qui offre une cuisine de qualité, et pas mal de personnel de service. Vu le luxe général de ces cafés, souvent des esclaves sont là pour le service et le confort des clients. C’est le type de taverne préféré des penseurs, intellectuels, politiciens, mais aussi étudiants et universitaires, qui viennent y prendre leur dose de caféine en refaisant le monde. Les torrefetis ne fournissent presque jamais de services de chambre.

Les salons de fumerie sont très peu nombreux, et leur nom est un peu trompeur, car souvent, ce sont des tavernes de grand luxe accolées à des maisons closes ou (rarement) des Jardins des Esclaves. Là, le luxe règne, et comprends les meilleurs kumats et thés, les meilleurs alcools, les drogues les plus exotiques, les services les plus variés, des bains aux massages en passant par les chambres d’hôte luxueuses, et bien entendu, les services sexuels, y compris dans certains salons discrets, les accès aux loisirs érotiques les plus exotique. Toujours protégés par des gardes et mercenaires, toujours très discrets avec leur clientèle, ces salons de fumerie permettent toutes les fantaisies, sont un havre pour pas mal d’homosexuels et transgenres et sont souvent fréquentés, ou tenus, par des Courtisans (voir Folklore et Quotidien des Lossyans)

3-6 Les jeux de société

Quelques mots sur les jeux de société que l’on trouve à Armanth, qui finalement sont plutôt répandus partout. Les plus courants sont les jeux de dés et les jeux de carte. En général, il s’agir de jeux de hasard ou de bluff plus ou moins élaborés qui n’ont d’intérêt que parce qu’on y mise de l’argent. On trouvera souvent le Jhaemo, un jeu de carte qui rappellerait la belote et donne la part belle aux mises et au bluff, et les Part-points, un jeu de dés un peu étrange qui fonctionne sur le pari d’atteindre au plus proche un nombre donné sans le dépasser, avec deux paires de dés. Les Part-points comptent un nombre incroyable de variantes compliquées. On joue beaucoup aussi aux billes. Et ce n’est pas que pour les enfants, mais ici, le jeu de billes se fait en misant, c’est la principale différence. Les armanthiens apprécient aussi un jeu de joutes orales complexe, qui consiste à improviser un chant à boire en faisant la critique, de préférence drôle, d’une personne qu’on défie de répondre et de faire de même. On ne s’étonne donc pas d’entendre « chanter » dans des tavernes.

Les jeux plus recherchés et qu’on pratique plus dans des cadres feutrés ou privés sont la marelle, le Katawa (un jeu Frangien de pari qui ressemble au backgammon, et emploie un boulier et des cartes) et le Meteretron, qui ne peut se décrire autrement que comme le croisement complexe entre un jeu d’échecs et un jeu d’abalone. Ses règles complexes, sont damier onéreux et ses stratégies à plusieurs niveaux en font un jeu réservé à des élites. Une partie de Meteretron dure le souvent plusieurs heures.

3-7 Les loisirs sexuels

Là aussi quelques mots sur la manière dont la société lossyanne s’occupe de ce côté-là. La première chose un peu surprenante, c’est que l’accès aux services sexuels n’est pas réservé qu’aux hommes, même s’ils sont de loin la plus grande clientèle. Il y a des lieux et des services pour les femmes libres et, si c’est très discret, ils sont tout à fait admis. Le risque de tomber enceinte est très réduit par l’existence de différents types de symbiotes rendant infertiles. Donc, une femme peut, à la condition de s’assurer que son prestataire en dispose, profiter de ces services sans craintes. Le second point est que les loisirs sexuels ne sont pas l’apanage des maisons de Houris et autres Jardins d’Esclaves. Il y a une forte prostitution, même si elle n’est pas forcément bien vu, loin de là, et les Courtisans tiennent leurs auberges et Salons de Fumerie tout à fait publiquement.

Dans l’ordre du luxe, le plus bas de cette échelle, ce sont les prostitués des rues : ce sont des membres de toute la plus basse classe sociale d’Armanth, et on y trouve même des hommes, qui vendent la seule chose qu’il leur reste à vendre, à même la rue : leur corps. Autant dire que c’est une activité dégradante, qui paye fort mal, qui est très risquée, qui se finit souvent dramatiquement. Et en plus qui est officiellement interdite dans Armanth.

Viennent ensuite les Maisons de Houris, qui sont en gros des maisons de passe de bas étage, où des esclaves enchainées dans des alcôves lugubres sont contraintes à faire de l’abattage pour des clients peut regardant. Ces maisons de passe appartiennent à des tenanciers en relations avec des maitres-esclavagistes, mais les esclaves qui y finissent dont partie des ceux vivant les pires sorts qu’on puisse connaitre de l’asservissement. Souvent ces Maisons de Houris sont accolées à des maisons de bains, ou des bains publics.

Viennent ensuite les Jardins des Esclaves, où un homme disposant d’un pécule suffisant –ce n’est pas donné- peut profiter d’une journée ou d’une soirée dans un cadre luxueux avec des Esclaves des Plaisirs tout à sa disposition, entouré de quelques autres clients. Il peut discuter avec les filles du jardin, profiter des bains, se faire masser, et bien sûr en profiter sexuellement. Le niveau de qualité diffère selon le luxe et les tarifs, certains sont juste de meilleur qualité que des Maisons de Houris, d’autres sont de véritables havres de la sexualité la plus luxueuse et débridée. Il y a quelques Jardins des Esclaves ouverts aux femmes, avec des esclaves mâles et femelles, et ils ne sont pas si rares.

Enfin, restent les Salons de Fumerie des Courtisans. Les Courtisans forment une corporation tout à fait officielle, qui est caractérisée par le fait qu’elle n’emploie jamais d’esclaves pour les services sexuels, mais des personnes libres membres de la corporation, formées aux arcanes de la séduction, de l’étiquette de cours, de la discussion, de la musique et d’autres formes d’arts. Les Courtisans ont pour rôle d’être des artistes du divertissement et des personnes de compagnie. Le sexe fait partie des services qu’ils offrent mais ce n’est pas l’essentiel, bien que ce soit le plus recherché, non pour sa qualité, mais surtout parce que les Salons de Fumeries permettent des fantaisies impossibles ailleurs, et accueillent les femmes cherchant un partenaire d’une nuit, et les homosexuels (de tous bords), cherchant ces services.

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