La Terrasse de l’Elegio

(premier quartier d’Armanth décrit en détail, il va servir de modèle pour l’écriture de tous les quartiers par Alysia, Emilie et moi, c’est donc en quelque sorte une beta… y compris les fautes)

La terrasse de l’Elegio se situe sur le point le plus élevé d’Amanth. Il s’agit d’un piton rocheux au nord de l’ile principale de la cité-état, qui à l’origine abrite pratiquement les plus anciennes constructions lossyannes de la ville, bien que celles-ci aient depuis pratiquement toutes été réaménagés et intégrés aux bâtiments de luxe, palais et hall qui composent la Terrasse. Et si elle porte ce nom de terrasse de l’Elegio, c’est que la structure du quartier est elle aussi plus pentue encore que tout le reste de la ville. Il n’y a guère que les échelles les plus rudes des villas les plus hautes perchées de l’Alta Rupes à pouvoir tenir la comparaison.

Le piton a été depuis les tous débuts de la ville, aménagé pour abriter jardins suspendus, places en terrasses et escaliers. Il compte même les seuls ascenseurs mécaniques connus de la ville, employés pour accéder directement depuis certains dépôts souterrains aux sommets du palais de l’Elegio. C’est, avec le Campo Ivori et la Basse-Ville, le quartier le plus animé d’Armanth. Pour tout dire, des premières lueurs du jour à tard dans la nuit, il est en permanence fréquenté et vivant. C’est aussi le plus sûr, bien avant les quartiers les plus luxueux. Les Elegiatorii qui y assurent la sécurité sont triés sur le volet et appuyés de troupes Ordinatorii sélectionnés pour s’assurer de leur fidélité à la ville.

La Terasse de l’Elegio rassemble principalement tous les services administratifs et politiques de la ville, malgré que la Haute-Ville abrite l’Elysée. C’est contre les palais et les immeubles perchés du piton, et dans le palais de l’Elegio que se discutent, finalement, toutes les décision politiques de la cité, autour du Conseil des Pairs et du Selenteo Pallata. En plus d’abriter les archives et les tribunaux de la ville, toutes les guildes et confréries se doivent d’y avoir leurs bureaux et leur hall d’accueil et rivalisent de moyens pour afficher leur puissance et leur prospérité et bien sûr la Guilde des Marchands chapeaute toute cette organisation, le Palais du Conseil des Pairs restant sans conteste le plus formidable hall d’assemblée de toute la Terrasse de L’Elegio.

Comme il faut approvisionner les armées de comptables, notaires, magistrats, négociants et experts, ainsi que tous leurs serviteurs et gardes, que compte le quartier, celui-ci est entouré de places et placettes fournissant commerces de bouche, auberges de grand luxe, tavernes raffinées et nombre de services de tailleurs, chapeliers, bains et toilettes. On prétend souvent que si une mode n’a pas été lancée par l’aristocratie de l’Elysée, c’est qu’elle est venu tout droit du Campo Annuciante, la vaste place qui s’étend au pied de l’entrée principale du Palais de l’Elegio.

Encart : le Terrasse de l’Elegio, les montures et les attelages :

Pour faire simple, une fois au pied de la Terrasse, la solution la plus raisonnable pour circuler est à pied, ou encore en palanquin, bien que ce soit acrobatique. On peut très bien, si on n’a pas froid aux yeux, grimper jusqu’au palais à cheval, mais il s’avère que c’est tout bonnement interdit après de trop nombreux accidents. Les griffons n’auraient aucun mal à circuler, mais eux aussi sont interdit et leur usage strictement réservé aux gardes qui protègent les abords du palais.

Pour tous les autres, il faut donc déposer son cheval au bas de la Terrasse, ce qui est fort aisé, on trouve des palefreniers et d’excellentes écuries tout autour du piton. Par contre, si les services sont de qualité, le prix est au minimum de trois à cinq andris la journée… et toute journée entamée, même de moins d’une heure est due et payable d’avance. On peut se laisser tenter par les annonces de jeunes écuyers vantant un prix imbattable à une ou deux rues de là, mais c’est fortement déconseillé si on veut un jour retrouver sa monture avant qu’elle n’ait déjà été revendue à l’autre bout de la ville. Les gardes traquent ces voleurs de chevaux régulièrement, mais ils reviennent d’aussi vite qu’on les chasse.

1- Le Palais de l’Elegio (Elegio Pallata)

Le nom est trompeur, car l’énorme structure aussi appelée le Palais aux Milles Salons, ou encore le Haut-Palais, n’est, et de loin, pas à l’usage exclusif de l’Elegio d’Armanth. Pour tout dire, dans l’histoire de la cité-état, certains n’y ont même jamais logé et l’usage ne les y force pas. L’Elegio Pallata est surtout le cœur de l’administration civile, judiciaire et militaire d’Armanth et de l’administration du Conseil des Pairs, y compris en ce qui concerne ses archives et ses réserves monétaires. Ce qui implique, en effet, ses principales réserves de loss-métal.

L’Elegio Pallata a environ une surface au sol d’environ 14 hectares, et tient en un rectangle approximatif de 400 mètres sur 350. Mais ceci ne concerne que sa surface au sol. Le bâtiment principal du palais, le Dôme, culmine à 40 mètres de haut pour neuf étages en totalité. Les quatre tours qui le cerclent pointent leur flèche à cent mètre au-dessus du piton et ont elle-même une demi-douzaine d’étages habitables. Quant aux quatre dépendances palatiales autour du Dôme, elles ont toutes entre 4 et six étages. Ce qui représente une surface totale de 70 hectares : 10 terrains de football constitués de halls, d’amphithéâtres, de galeries, de bureaux, de tribunaux, d’appartements, de salles de garde, d’antichambres et de dépendance, sans oublier les accès cachés, les couleurs secrets, les pièces dissimulées, les souterrains et les coffres.

Des quatre dépendances, on distingue :

Le Conseil des Pairs : bruissant d’animation pratiquement sans interruption, c’est ici que se réunissent et débattent, avec un public très nombreux les Pairs des Maitres-marchands, mais aussi que se trouve les bureaux centraux de la Guilde des Marchands et le secréterait des Ainés. Les archives du Conseil des Pairs sont un des lieux les plus protégés qu’on puisse imaginer dans les Mers de la Séparation, elles le sont même plus que la réserve du trésor de la ville. Le Conseil des Pairs s’ouvre directement sur le Campo Annuciante et phagocyte par ses activités pratiquement 50% du Dôme.

Les Jardins de L’elegio : en général, l’Elegio lui-même s’installe dans le Dôme, au troisième étage. Les Jardins sont en fait une immense cour privée pour les invités d’honneur, les diplomates de passage et les officiels, et incluse toutes les dépendances et les appartements nécessaires pour le personnel et les esclaves chargés de leur fournir le plus luxueux confort possible.

Les archives publiques : grand centre administrative géré par une armée de scribes, les archives publiques sont une bibliothèque réunissant tout le savoir accumulé par Armanth depuis sa création. L’endroit est particulièrement protégé et gardé et, fait particulier, on n’y trouve aucune source de flamme : les éclairages sont fournis par du mellia et des lampes à loss. Il est d’ailleurs strictement interdit d’y fumer. Les accès sont très contrôlés malgré son appellation publique. On ne peut y entrer sans pouvoir prouver qu’on est recommandé par les autorités qui gèrent les archives.

Encart : les gardiens-automates des Archives : la nuit venue, les archives publiques sont vides de toute présence humaine et patrouillées par quatre automates. Ceux-ci ont un ordre simple : attaquer et maitriser toute personne qui se trouve dans les archives. L’obscurité ne les ralentit pas, ils ne se reposent jamais, entendent le moindre bruit et leur seule réelle faiblesse est qu’ils ne mettront jamais en péril les livres et documents des lieux. Mais il arrive de temps en temps qu’un individu qui soit parvenu à pénétrer le palais soit retrouvé mort au matin, tué par les gardiens.

La caserne des Elegiatorii : c’est ici que logent, s’entrainent et stockent leur équipement les gardes d’élite de la ville, sous les ordres directs de l’Elegio. Le terme de garde d’élite est un peu galvaudé, mais leur entrainement est bon : on ne peut devenir Elegiatori sans devoir passer pas mal d’épreuves et fournir des garanties de fidélité, et ces soldats, au nombre d’environ un gros millier, ont un équipement particulièrement soigneux et performant. La prison attenante aux tribunaux de la cité se trouve sous la caserne ; il est réputé y être de mauvaise augure d’y passer plus de trois semaines si on ne veut pas mourir de maladie avant d’être jugé.

Personnalités :

Izar de Falco, premier secrétaire du Conseil des Pairs : Izar est décrit dans le Chapitre Personnalités, P …

Phamopée, première esclave des Jardins de l’Elegio : chargé de gérer et diriger le travail des esclaves au service de l’Elegio et du palais, Phamopée ne passe pas inaperçue, son caractère fort et susceptible non plus. Agée de près de soixante-dix ans, elle en parait à peine quarante et a plusieurs fois refusé d’être affranchie. D’un autre côté, elle se comporte pratiquement comme une femme libre d’autorité, la liberté d’être à demi-nue quand elle le veut en plus.

Azhin Natir, capitaine des Elegiatorii : il est lui aussi décrit dans le Chapitre Personnalités, P …

Turan Abdull, maitre-archiviste : vieil homme qui aurait plus l’allure d’un ermite que d’un érudit à une place sociale prestigieuse, le maitre-archiviste n’aime que ses livres et le fait bien sentir à qui vient le déranger. Mais quand on cherche des informations dans les archives, il sait toujours où les trouver, sait ce qui manque, ce qui est actuellement en recopie, ce qui a été déclassé etc… C’est un gestionnaire à l’efficacité irremplaçable, dont tout le monde supporte l’humeur particulièrement antipathique.

2- Le Serafim

Le Serafim est la caserne qui abrite les mystérieux et redoutés Séraphins, les gardes du corps et enquêteurs spéciaux de l’Elegio, qui n’obéissent qu’à lui. Ce qui est amusant est de considérer que malgré que la caserne soit connue de tout le monde, beaucoup d’Armanthiens doutent de l’existence réelle des Séraphins.

Le bâtiment est à un jet de pierre du Palais de l’Elegio et on prétend que des couloirs souterrains permettraient à ces gardes du corps d’investir tout le palais depuis leur caserne en l’espace d’une poignée de minutes. La caserne est un vaste bâtiment fortifié et peu décoré, assez simple et austère, abritant des cours d’entrainements, des jardins et une véritable petite jungle dont on prétend qu’elle est envahie d’espèces végétales mortelles y compris des plantes carnivores. Le lieu est terriblement bien gardé, principalement par des chiens et leurs maitres, qui semblent aussi incorruptibles et infaillibles les uns que les autres. Il va sans dire que tenter d’entrer en force dans le Serafim doit être faisable, mais qui sait ce qui attends ceux qui oseraient une telle audace ?

On ne sait pas grand-chose, à part cela, de ce que cache le Serafim. Les Séraphins portent rarement un uniforme reconnaissable comme tel, même à l’intérieur du Palais de l’Elegio, ne se présentent que rarement et ne font aucune publicité de leurs activités. Quant aux résidents du Serafim, de toute évidence, ils n’emploient jamais la grande porte pour entrer et sortir, mais plus vraisemblablement des entrées secrètes par le Labyrinthe et par des passages dérobés aux alentours de leur caserne.

Plus de détail sur les Séraphins au chapitre qui leur est consacré P …

Personnalités :

Mherra Sannishim, capitaine des Séraphins : Mherra, qui est en effet une Femme d’Epée fort connue, est décrite dans le chapitre personnalités d’Armanth P …

3- La Chambre Basse (Selenteo Pallata)

Le Palais Selenteo tient son nom de son architecte, Selenta Aj’Madhim, qui a présidé à la construction de quelque uns des palais et bâtiments publics les plus prestigieux d’Armanth. Le Selenteo Pallata est lui-même un ensemble de bâtisses aux allures de temple romain classique entouré de jardins aménagés avec un art consommé. Il est entouré de doubles murets hauts de trois mètres cinquante, mais ouvert sur plusieurs vastes porches qui exigent une garde de tous les instants. En fait, se cacher dans le Selenteo Pallata n’est vraiment pas difficile.

Le palais abrite la chambre-basse, le second organe législatif de la cité, avec l’Elysée. La coutume de financer décorations et aménagements du palais quand on est élu tribun de la chambre-brasse a donné lieux à un étalage de frasques luxueuses qui s’étalent des frontons aux jardins en passant par les sculptures, les peintures murales et même le mobilier, ce qui détone un peu avec la considération publique que la chambre basse d’Armanth est celle du peuple. La chambre basse abrite ses propres archives, principalement comptes rendus et copies des textes de lois votés ou rejetés, ainsi que son propre service administratif et son propre Jardin des Esclaves.

Bien entendu les lieux sont très surveillés, on y trouve en permanence plus d’une centaine de gardes, dont des escouades d’Elegiatorii et quelques patrouilles d’Ordinatorii.

Personnalités :

Damus Gentili, président de la Chambre-Basse : férocement accroché à son titre et ses prérogatives, l’homme est un membre obscur de l’aristocratie Armanthienne et un maitre-marchand de peu d’envergure. Par contre, il est très doué dans le domaine législatif et a le don des compromis politiques, ce qui explique qu’il ait été réélu au poste de la présidence, ce qui lui assure des privilèges et accords efficaces. On dit qu’il ment plus aisément qu’il respire et son Honneur est très souvent considéré comme fort douteux. Mais tout le monde trouve pratique de tirer avantage de son talent à la compromission.

Castro Limarus, secrétaire du Selenteo : Cité ici, car quand on vient demander des informations ou des documents administratifs, on passe forcément par son service et son armada de fonctionnaires. Et décrire cette organisation comme la Maison des Fous est assez proche de la réalité. Au final, seul le pot de vin et la bourse d’andris refilés sous la table directement à Castro ou ses adjoints fonctionne. Ou la menace… et pour que celle-ci tienne bon, il faut des arguments et moyens de pression solide. Il parait qu’on peut arriver à s’en sortir sans ces artifices. Mais de toute évidence, il faut s’armer d’une patience de moine Hemlaris…

4- Le Campo Annuciante

La place des Annonces est la traduction littérale en Athémaïs du Campo Annuciante. Il s’avère que ce rôle dédié à sa construction n’est que rarement employé depuis l’explosion des journaux populaires, les annonces, édits et déclarations officielles se faisant par voie d’affiches ou de presse. Les dernières annonces officielles d’importance déclamées sur la place furent la victoire d’Armanth lors de la bataille des Six Drapeaux, il y a 30 ans, puis la libération des prisonniers Ordinatorii et l’accord de paix entre la ville et Anqimenès en 973.

La place est désormais surtout un immense hall d’attente et de discussion à ciel ouvert, devant les portes gigantesques du Conseil des Pairs et les entrées principales du Palais de l’Elegio. Quand ont lieu les débats de l’exécutif, les nouvelles promulgations de loi, les comptes annuels de la ville, les annonces des nouvelles dispositions de la Guilde des Marchands, ou encore les procès les plus retentissants de la cité, la place est noire de monde. Ce sont principalement des bourgeois, des membres influents de la Guilde, des secrétaires, des rapporteurs, des juristes, des scribes, des écrivains publics en attente de la rumeur à raconter et vendre dans les journaux, des aristocrates venant plaider leur cause devant l’administration, des crieurs publics et des vendeurs de feuilles de chou, etc…

La place est très bien gardée, mais les voleurs à la tire y sont aussi nombreux que les saltimbanques et jouent à cache-cache avec les autorités, les Ordinatorii et les milices privées. On y trouve, en plus de services rapides de messagerie qui se font concurrence féroce, une dizaine d’auberges et autant de tavernes, qui évoqueraient quelques cabarets et salons luxueux plutôt que des gargotes. Et on peut donc y loger sans mal, mais à des tarifs princiers : seule une clientèle riche et qui a nécessité d’attendre au pied du Palais peut se permettre de telles dépenses et un tel luxe.

Encart : les prix des services du campo Annuciante : ce n’est pas dur, prenez les tarifs du livre de jeu, et multipliez-les par trois au minimum. Et par six ou dix quand on a des allures riches et qu’on vient commander à boire ou s’installer dans une chambre ou un salon privé.

Personnalités :

Nira Nassim, patronne de la Tonnelle Bleue : personnalité incontournable de la place, Nira est la représentante de la Guilde des Aubergistes d’Armanth. Femme de caractère et au talent certain pour la diplomatie aussi bien que pour devancer les désirs et besoins de sa clientèle, c’est une femme d’affaire accomplie, une veuve assez courtisée malgré ses 50 ans. La Tonnelle Bleue, son auberge, est un des lieux les plus luxueux et prisé de tout Armanth ; c’est aussi un lieu connu pour ses salons privés abritant négociations secrètes et arrangements discrets. Nira est toujours escortée par deux gardes-du corps, après une affaire compliquée de harcèlement.

Jurdus le Borgne, écrivain publique : âgé d’une quarantaine d’année, il est un des très nombreux écrivains publics de la place. Mais il détonne de ses confrères par son incroyable talent à dénicher les secrets et les complots qui s’ourdissent autour du Conseil des Pairs, qu’il dévoile savamment dans le journal hebdomadaire « les nouvelles du Palais ». Il a perdu son œil au cours de l’une des tentatives pour ‘assassiner ; il a cessé de compter combien de fois on a voulu le tuer, mais il est protégé par pas mal d’hommes puissants. La rumeur prétend que ceux-ci tiennent à sa vie car s’il mourrait, son journal personnel, sont nul ne sait où il est caché, serait rendu public, avec tous les secrets explosifs qu’il contient.

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