Politique et classes sociales dans Loss, partie 1

Les Mers de la Séparation étant quand même un immense décor aux dimensions qui dépassent la surface de l’Europe géographique, c’est autour d’Armanth et sa région, l’Athémaïs, que nous avons le plus développé et travaillé les aspects sociaux et politiques, à commencer par les classes sociales, leur hiérarchisation et leurs interactions.

Ce qui suit fait partie des chapitres de contenu pour le supplément Armanth, la Cité des Maitres-marchands, et constitue la première des quatre parties d’un supplément gratuit à venir sur les grandes structures sociales des cultures lossyannes. Nous allons traiter le sujet en prenant comme référence et norme la société Athémaïs et la cité d’Armanth, qui servira d’étalon. Puis on abordera les classes sociales des plus grandes civilisations lossyannes : les étéocliens, les hemlaris, les dragensmanns et, bien sûr, les hégémoniens.

Vous êtes donc prévenu, ça va causer politique et social. Et y’aura du lourd. Et pour commencer et faciliter un peu la compréhension du système social d’Armanth, on va vous présenter son système politique :

Système politique d’Armanth

Armanth a un système politique aussi chaotique que la ville peut l’être. Le gouvernement est démocratique, cependant, il s’agit plutôt d’une oligarchie de fait. Mais penchons-nous sur sa structure, avant de la détailler. Le gouvernement d’Armanth est composé de :

  • Deux assemblées législatives ; la Chambre-basse et la Chambre-haute, respectivement nommés le Selenteo et l’Elysée. Leur rôle est de décider des lois et de les voter. Chaque chambre compte quelques centaines de tribuns pour chaque Chambre et le nombre varie.
  • Le Conseil des Pairs. Exclusivement constitué de Maitres-marchands qui se désignent eux-mêmes par cooptation et ont tout pouvoir pour décider de leur propre succession et de qui a le droit de siéger ; il y a toujours, en théorie, trente membres au Conseil des Pairs. Son rôle est d’administrer la bonne marche de la cité et du commerce et de décider l’application des lois. Mais on verra plus bas qu’elle ne fait pas que cela.
  • L’Elegio: chef officiel de l’exécutif du gouvernement, il est l’arbitre final de tous les litiges judiciaires et commerciaux d’Armanth, et le chef suprême de sa sécurité.

L’Elysée

L’Elysée élit ses propres membres au suffrage majoritaire une fois tous les huit ans et est réservée à l’aristocratie Athémaïs. Nul ne pouvant prouver sur quatre générations, par alliance compris, son rang de naissance nobiliaire, ne peut y siéger. Depuis, elle exige pour toute personne désireuse d’y être élue un « cens » (un niveau d’impôt sur la fortune) qui représente une fortune (plusieurs milliers d’andris) et interdit cette magistrature à la noblesse la moins aisée.

L’Eglise est parvenue à se faire donner les mêmes droits et privilèges que l’aristocratie d’Armanth et peut donc siéger parmi les tribuns de l’Elysée. Elle n’est soumise à aucun cens, mais doit cependant faire élire ses membres par les tribuns de l’Elysée et ne peut elle-même pas participer à ce vote spécifique.

Le Selenteo

Le Selenteo élit ses membres par des élections populaires ayant lieu tous les huit ans et donnant lieu à trois ou quatre mois de fêtes, de chaos, de joutes électorales, de scandales de corruption massive et de regain de vendetta mortelles. L’ensemble de la Chambre-basse est alors renouvelé, mais là aussi il y a des conditions d’entrée pour accéder à cette magistrature : les droits d’inscriptions aux listes électorales (environ deux mille andris, mais le prix varie à chaque élection) interdisent de facto la fonction aux plus pauvres.

Il est de coutume pour un candidat de se faire parrainer par une guilde ou un maitre-marchand, voir par un aristocrate. Mais le plus souvent les tribuns de la Chambre-basse sont tous des bourgeois peu ou prou affiliés à la Guilde de Marchands. Le coût réel des élections est en fait astronomique, puisque rien n’interdit dans Armanth d’acheter les voix de ses électeurs à grand coup de festivités, cadeaux, spectacles d’arènes et de théâtre et même directement andris sonnants et trébuchants.

La mécanique politique

Les deux chambres décident des lois selon un processus assez simple : soit le Selenteo, soit l’Elysée, se voit proposer une loi par une de ses très nombreuses commissions ou après pétition populaire (oui, il y en a… non, elles n’arrivent que rarement à atteindre les chambres législatives). Certaines lois sont aussi proposées par le Conseil des Pairs. L’assemblée qui a reçu la loi la consulte, la fait analyser, propose des amendements, etc… et vote à la majorité des deux tiers pour son application ou son rejet.

Puis la loi passe à l’autre chambre. Rebelote. Que la loi soit alors acceptée ou rejetée, elle doit passer dans les deux chambres et suivre le même processus. Ce qui est compliqué c’est quand une chambre dit oui, l’autre non : le ping-pong peut durer cinq fois, avec à chaque fois lecture, analyse, amendements etc… Au bout de cinq tours, on compte les oui et les non d’une chambre à l’autre et forcément, y’en a une qui gagne.

La loi est donc techniquement acceptée… par les deux organes législatifs. Mais désormais elle va passer entre les mains du Conseil des Pairs. Et là, ce n’est pas compliqué : le Conseil des Pairs peut rejeter toute loi par veto si la moitié de ses membres plus un le décident. Là où c’est plus pervers, c’est que le Conseil des Pairs peut par veto faire passer une loi refusée par une des deux chambres, avant ou pendant le concours de ping-pong, de la même manière. Ce à quoi peuvent s’opposer par veto – oui, c’est l’horreur – chacune des deux chambres. Mais dans la mesure où chaque Chambre peut annuler le veto de l’autre et que le Selenteo est grosso-modo une extension du Conseil des Pairs, les lois qui arrangent le Conseil des Pairs passent toujours.

Le Conseil des Pairs

Les membres du conseil des Pairs sont choisis et désignés à vie. Ils ne sont pas élus dans le sens où nul ne peut demander cette magistrature. Elle est offerte par cooptation des membres du Conseil des Pairs qui choisit qui en fait partie. C’est la raison pour laquelle dans les romans Les Chants de Loss, il n’y a que 29 membres à siéger, puisque Jawaad y a été nommé, mais refuse d’occuper son siège et de prendre ce poste. Le Conseil des Pairs a pour but de veiller à l’application et la mise en pratique des lois votées, et d’assurer la bonne marche du commerce dans Armanth et ce, face à tous les obstacles qu’il pourrait rencontrer mais dans le respect de sa fonction première. C’est donc lui qui avant tout gère et emploie le budget de la ville et la manière dont il sera dépensé pour tous ses départements et ses infrastructures. En quelque sortes, le Conseil des Pairs fait office de conseil et cabinets des ministres du gouvernement d’Armanth, cette fonction n’existant pas en tant que tel. Seuls existent des secrétaires, au service de l’Elegio, qui font, chacun dans leur domaine de gouvernance, le lien entre le Conseil des Pairs et l’Elegio.

L’Elegio

Enfin, l’Elegio est le chef de l’exécutif et des « forces armées » d’Armanth. Il n’est techniquement pas le chef du Conseil des Pairs et d’ailleurs a rarement affaire avec lui de manière directe. L’Elegio est nommé tous les dix ans, selon une étrange méthode : l’acclamation. Tous les dix ans, l’Elegio doit avoir un successeur et ainsi une sorte de campagne informelle d’une année ou plus se mets en place pour que la population désigne le successeur qui va arranger les uns et les autres. Le jour fatidique, l’Elegio en place est confronté à ses prétendants devant une gigantesque foule, sur le Campo Ivori. S’ensuivent des joutes oratoires enflammées, et c’est à l’acclamation des foules qu’est désigné le nouvel Elegio.L’actuel tient son poste depuis maintenant 20 ans et tout le monde est sûr qu’il va repartir pour dix ans de plus. A noter que l’Elegio peut être destitué par le veto d’au moins une des deux Chambres et du Conseil des Pairs. C’est assez rarement arrivé.

L’Elegio choisit ses secrétaires pour les différents domaines de gouvernance de la cité – en général un par grand quartier de la ville plus quatre ou cinq avec des fonctions spécifiques – qui, souvent, sont choisis sur conseil et avec la bénédiction du Conseil des Pairs. L’Elegio est enfin en charge de la sécurité de la ville et son magistrat suprême : c’est-à-dire que quand des litiges et des conflits ne peuvent pas être résolus par la voie judiciaire – souvent parce que les différentes parties décident de régler ça à coup de vendetta – c’est à lui d’arrêter l’escalade et de juger au final de l’affaire et faire appliquer la décision. Militairement s’il le faut. Et parfois, ce n’est pas facile du tout et peut finir assez mal. C’est pour cela que l’Elegio dispose d’une police secrète : les Séraphins.

Les classes sociales dans l’Athémaïs et Armanth

On peut simplifier les classes sociales d’Armanth en quatre catégories : la gouvernance (auquel appartiennent les maitres-marchands, l’aristocratie et l’administration), l’Eglise, et le peuple (auxquels appartiennent aussi bien les bourgeois et les mercenaires que les va-nu-pieds). Et enfin, les esclaves sont considérés comme des bien-meubles, des marchandises et n’ont aucun droit ou pouvoir sur la vie civile.

Les Maitres-Marchands

Bâtisseurs et de facto pratiquement propriétaires de la ville, les Maitres-Marchands sont les chefs des plus grandes familles bourgeoises et marchandes de la ville, affiliées à la toute-puissante Guilde des Marchands. Ils se considèrent comme la véritable noblesse d’Armanth, la plus légitime, et tiennent les rênes du pouvoir depuis son essor il y a des siècles. Chacun d’eux fait tenir de complexes registres généalogiques de sa famille permettant de prouver à tout instant sa filiation et ses origines. Pourtant, le titre de Maitre-Marchand n’est pas immuable. S’il est intimement lié à l’origine, il dépend avant tout de la fortune de la famille du concerné. On peut ainsi dire sans hésiter que le plus pauvre des Maitres-Marchands est millionnaire en andris d’argent mais, s’il venait à perdre trop de sa fortune, il perdrait ce titre par décision de ses pairs. Ainsi, une concurrence féroce s’agite en permanence entre les plus grandes fortunes n’ayant pas encore accès à ce titre et celles fragilisées financièrement et, entre clans de Maitre-Marchands, tous les coups sont permis pour conserver ou gagner ce titre, ce qui conduit à des vendettas qui ont parfois pris la tournure de véritables guerres civiles dans Armanth et ailleurs.

Les Maitres-Marchands, ainsi que leur famille proche et leurs plus fidèles employés ne peuvent pratiquement ni être arrêtés, ni traduits en justice, sauf sur décision du Conseil des Pairs ou sur ordre de l’Elegio. Cette immunité va jusqu’au crime : il suffit que le Maitre-Marchand fournisse une bonne justification pour ne pas être inquiété. Bien entendu, s’en prendre directement à un Maitre-marchand ou à ses intérêts est traité comme un crime majeur, voire impardonnable ; y compris venant de l’Eglise ou de l’Aristocratie, ce qui rend les choses compliquées.

Tous les Maitres-Marchands peuvent faire appel au « Droit des Marchands » une sorte de trêve sacrée pendant lequel les parties en présence doivent cesser toute hostilité jusqu’à conclusion de la négociation. Un droit dont ils profitent largement. Leurs autres privilèges concernent la préséance dans les spectacles, les lieux publics, les files d’attente, etc… Leur seul réelle contrainte – mis à part siéger au Conseil des Pairs quand on les appelle – est de payer leurs impôts. Ceux-ci peuvent d’ailleurs être assez conséquents et, cas remarquable, c’est le Conseil des Pairs qui en décide du montant. Mais après tout, les Maitre-Marchands sont les premiers à savoir que cet argent finance LEUR ville.

On compte environ 120 Maitre-marchands en titre. La majorité d’entre eux vivent et tiennent leurs affaires à Armanth.

L’aristocratie

Armanth a beau avoir été bâtie par des réfugiés sur un marais insalubre, il y avait des nobles parmi eux et ils ont veillé à garder leurs privilèges. Au fil du temps, ils se sont alliés et mêlés aux beys et aux princes-guerriers de l’Athémaïs jusqu’à se confondre en des lignées complexes qui seraient bien incapables de dire qui parmi eux pourrait être prince légitime de la ville. L’aristocratie Armanthienne tient son influence et son autorité sur un fort pouvoir terrien, mais qui s’exerce surtout sur les terres dépendantes de la cité. En ville, elle a fort à faire pour résister à la concurrence des Maitres-Marchands.

Note : y’a-t-il des aristocrates pauvres ? Oui, et ce n’est pas rare. Ils n’ont plus que leurs privilèges et il n’est pas rares qu’ils vendent leurs enfants (leur statut social en fait des esclaves de fort prix) pour survivre.

Les aristocrates sont les seuls dans Armanth à avoir droit de porter le bâton d’autorité, qui, grosso-modo est un truc avec lequel ils ont le droit de taper n’importe qui –sauf un Maitre-marchand ou un tribun- sans qu’on puisse, ni répondre ni porter plainte. Il est interdit de lever la main sur un aristocrate et même un garde ne peut les arrêter que s’ils veulent bien se laisser faire –exception faite des Séraphins. Leurs autres privilèges concernent la préséance dans les spectacles, les lieux publics, les files d’attente, etc… Et, enfin, ils ne peuvent être jugés par la justice civile, mais seulement par les magistrats de l’Elysée, sous le contrôle de la haute-magistrature de l’Elegio. Cependant, dans Armanth, un aristocrate n’a le droit à aucune force militaire, autre que sa garde personnelle et n’a pas le droit de faire avancer ou stationner une force armée à moins d’un jour de la cité. L’aristocratie d’Armanth a le devoir de fournir tous les moyens militaires et troupes dont elle dispose à la cité, sans discuter, en cas de demande de l’Elegio. Elle est donc aussi forcée de financer la marine de guerre de celui-ci.

Il y a environ 250 grandes familles aristocratiques à Armanth et dans l’Athémaïs dont une trentaine de Bey et de Princes, qui possèdent un pouvoir financier, militaire et territorial conséquent, qui se compare sans mal aux plus riches Maitre-marchands.

L’Eglise du Concile Divin

L’Eglise du Concile Divin est établie depuis les origines d’Armanth. Mais la ville a été bâtie par des réfugiés fuyant aussi bien les guerres et les épidémies que la persécution de l’Eglise et les descendants de ces réfugiés ne l’ont pas du tout oublié. Le besoin de cohésion et de foi, la crainte superstitieuse qui demande à être rassurée, les aspects bénéfiques de l’Eglise en terme de société, d’éducation et de culture, ont été les outils qui lui ont permis de conserver une grande influence sur Armanth.

Mais cela ne s’est pas fait sans de grandes concessions, à commencer par les deux plus importantes d’entre elles : l’Eglise n’a aucun pouvoir politique officiel supérieur à celui de quelque autre couche sociale d’Armanth et ne peut prétendre en avoir aucun et elle n’a aucun droit de justice et, donc, aucune inquisition sur le territoire de la cité-état. Cependant, l’Eglise n’est pas dénuée de pouvoir, loin s’en faut. Soutenant l’aristocratie, séduisant une petite partie des Maitres-Marchands, proche du petit peuple par ses hospices et ses distributions de soins et de nourriture, l’Eglise repose sur un réseau et des appuis solides. A cela se rajoute l’immunité que confèrent les Dogmes du Concile aux Ordinatorii, qui, si elle n’existe pas légalement à Armanth, est pourtant respectée craintivement par beaucoup de gens.

L’Eglise a des privilèges similaires à ceux de l’aristocratie (sauf le bâton d’autorité) mais sur ce coup, souvent, la garde et les milices des guildes marchandes ne se gênent pas toujours pour leur mettre des bâtons dans les roues. Elle doit payer des impôts à la cité (bien qu’ils soient presque symboliques) et il lui est interdit d’avoir quelque légion que ce soit, ou que des forces armées de l’Eglise stationnent à moins de cent milles de la cité, sauf cas exceptionnel et sur autorisation de l’Elegio.

L’administration

Quand on parle de l’administration d’Armanth, de ses secrétaires de cabinet de l’Elegio, de ses juges, de ses collecteurs de taxes, de ses officiers civils supérieurs, de ses capitaines au service de la ville. En gros de tous les corps de fonction assurant la bonne marche de la ville et au service du Conseil des Pairs et de l’Elegio.

L’administration obéissant directement au Conseil des Pairs, elle dépend d’une justice administrative sous le contrôle de l’Elegio. Alors à part cas de délit civil, elle n’est jugé que par ce tribunal. Elle dispose aussi de privilèges concernant l’accès au logement et de la préséance dans les spectacles, les lieux publics, les files d’attente, etc… Il est interdit de lever la main sur un membre de l’administration, un interdit qui sera plus ou moins respecté en fonction de son rang hiérarchique, mais dans tous les cas, c’est une mauvaise idée en générale. En plus de travailler et consacrer son temps au service de la cité, l’administration est imposable. De plus tout membre de l’administration doit fournir en temps de service ou en compensation financière les moyens de former ses successeurs. Ce qui d’ailleurs conduit à ce que ces hautes-fonctions soient parfois devenues héréditaires.

Les milices & mercenaires

Les milices et unités mercenaires d’Armanth sont un cas à part que nous allons rapidement aborder. Il s’agit de toutes les gardes privés des guildes, confréries de métier, académies diverses qu’emploient les chefs de guilde et bourgeois divers pour assurer la sécurité de chaque quartier, que l’Elegiatori, la garde urbaine de la ville, ne pourrait assurer. A ces milices suppléantes, faisant office de forces de sécurité et de maintien de l’ordre, s’ajoutent les compagnies-mercenaire installés à Armanth qui, elles aussi, sont parfois dépendantes ou sous contrat permanent avec telle ou telle guilde marchande ou avec une famille de Maitre-Marchands au complet.

Pour vous donner une idée, les seules milices et gardes privées sont huit à dix fois plus nombreuses que les gardes de l’Elegiatori. Quant aux mercenaires, en totalité, il doit y avoir environ 30 000 hommes dans ces corps d’armées privées, pour moitié équipages et soldats de marine.

Pour éviter les velléités de se fâcher tout ce monde, les milices et mercenaires d’Armanth sont exemptés d’impôts et d’une partie des taxes sur leur butin, en échange de quoi les propriétaires et chefs des milices et compagnies mercenaires doivent payer une licence d’activité et sont liés par contrats préférentiels à la ville en cas de guerre. En gros, ils ne peuvent théoriquement pas aller se battre pour l’ennemi. Les milices et les mercenaires s’arrogent aussi d’autres droits, dont des extorsions ou des expropriations quand ils en ont besoin, sur lesquelles la ville tends à fermer les yeux tant que ça n’est pas trop voyant ou problématique. De toute manière, comme toujours quand quelqu’un abuse assez de ses pouvoir pour déplaire à un Maitre-marchand, le souci se règle avec les services d’un Sicaire et affaire classée…

La bourgeoisie

La bourgeoisie concentre tous les individus lossyans ayant réussi, dans le domaine du commerce, de l’artisanat, de l’industrie, des services divers. On peut aisément faire le tri entre les bourgeois et le reste du peuple : ils possèdent leur maison confortable et des serviteurs et esclaves et peuvent payer une éducation de qualité à leurs enfants, parfois même pour accéder à des carrières et fonctions plus prestigieuses que celles de leurs parents. Ils occupent aussi, assez souvent, des fonctions et rangs relativement élevé au sein des guildes marchandes, académies et confréries d’artisans. Les négociants, les maitres-esclavagistes, les armateurs, les notaires et avocats, les propriétaires de grands ateliers, mais aussi de maisons de bains ou encore les familles de comptable au services des puissants sont de la bourgeoisie.

Les bourgeois n’ont, dans les faits, pas plus de droits et devoirs que tout autre citoyen. Ils doivent répondre de leurs actes devant la justice, peuvent se faire arrêter par l’Elegiatori et les milices, et payent des impôts et des taxes. Dans les faits, la plupart des milices de leur quartier ne viendra jamais les déranger, car ce sont eux qui la payent. Celles de leurs alliés et voisins le fera avec des pincettes et leur richesse leur permet fréquemment des entorses à la loi et la préséance, surtout vis-à-vis des plus pauvres qu’eux qui, plus par peur que par respect, évite fortement de se frotter à eux.

Le bas-peuple

Le bas-peuple, c’est ce qui compose la grande majorité de la population d’Armanth. Ce sont les habitants qui travaillent mais ne possède pas leur maison – ou alors une petite masure d’au maximum 40 à 50m2 pour 5 à 8 personnes – et qui ont peu de chances de pouvoir payer des études à leur progéniture. Cette dernière devra suivre les traces de ses parents et travailler avec eux. Ce sont les petits commerçants et artisans, le personnel de maison, les ouvriers des quais et des docks, les marins, les maraichers, les fournisseurs de petits services, les livreurs etc… Certains seront assez aisés pour vivre confortablement, d’autres sont aux limites de l’indigence.

Le bas peuple a les mêmes devoirs et droits que tout citoyen. Il doit répondre de ses actes devant la justice, peut se faire arrêter par l’Elegiatori et les milices, et paie des impôts et taxes. Et là, il n’a guère de moyens d’avoir les passe-droits que la fortune ou le rang permettent ; c’est la raison pour laquelle les gens du peuple sont souvent réunis en confréries et guildes de métier, chargés de défendre et représenter leurs intérêts et fournir une assistance matérielle quand les besoins l’exigent. Le bas-peuple n’est donc pas totalement à la merci de tout le monde et peut tout aussi bien se défendre par la loi que par les armes et les coups de force s’il le faut. A noter que le bas-peuple a un privilège : trois fois par semaine lossyanne, les grandes arènes sont ouvertes pour des spectacles gratuits, de combat, de cirque ou de musique ou de théâtre qui leur sont destinés. Souvent, il y a aussi à cette occasion des distributions de pain pour les plus pauvres et les indigents.

Les étrangers

Il y a beaucoup d’étrangers dans Armanth, qui est on ne peut plus cosmopolite. En fait, leur statut est assez proche de la moyenne des citoyens et soumis aux mêmes droits et devoirs de base. Mais ils ne disposent pas de certains droits évidents, comme celui de voter ou encore celui de participer à la vie politique de la cité. Par contre, ils payent leurs taxes comme tout le monde.

A noter que, pour ne plus être considéré comme étranger, il faut s’établir à Armanth, puis y avoir un enfant qui aura passé sa troisième année révolue. C’est à cette seule condition que l’on peut demander la citoyenneté qui souvent sera examinée plus ou moins vite en fonction de la taille du dessous de table qui accompagne la demande. L’autre solution consiste à être adopté par une grande famille d’Armanth, qui aura peu de mal à faire passer la demande par la suite.

Les indigents

Si, en théorie, tout citoyen d’Armanth a des droits et devoir qui lui garantissent une certaine égalité de traitement, y compris les plus pauvres, dans les faits, toute la frange la plus démunie des Armanthiens n’en entend jamais parler. Les indigents sont les habitants qui n’ont pas les moyens de se payer un logis et vivent dans des squats ou à même la rue. Ils ont à peine de quoi manger et mendient, volent, trafiquent ou vendent leur corps pour survivre. Ils ne sont pas vraiment considérés comme humains pour le reste de la cité-état : leur position, leur dénuement et leur détresse est souvent vue comme la preuve qu’ils n’ont aucune des Vertus qui pourraient faire d’eux des lossyans à part entière. Les indigents sont donc considérés à mi-chemin entre le barbare et l’animal ; bref, ils ne valent rien et on peut en faire ce qu’on veut. Et devinez quel est l’un des principaux viviers d’esclaves d’Armanth ? Vous avez deviné.

Bon, ce n’est pas si péremptoire. Les guildes et confréries ont des système d’aide à leurs vieux et retraités, des hospices et des orphelinats, l’Eglise en a aussi et on évite de laisser traîner les enfants dehors, même mendiants ou gosses des rues. Ce qui ne veut pas dire que y’en a pas et qu’on en fait pas trafic. Mais pour les lossyans les enfants sont sacrés, donc, y toucher avant leur 13 ou 14ème année peut très mal finir pour le responsable.

Mais pour les autres… hé bien si les plus riches distribuent du pain, qu’il existe quelques aides et services aux plus démunis et qu’il y a des moyens de trouver un travail pour les plus solides ou courageux, la plupart crèvent dans la rue ou finissent esclaves, surtout pour les femmes. Ce dernier point est d’ailleurs encouragé par la société d’Armanth pour qui c’est une très bonne solution, morale, utile et efficace pour tout le monde, au soucis des indigents trainant dans les rues.

Les esclaves

Les esclaves sont des bien-meubles ou, si vous préférez, des propriétés. Il n’y a aucune différence entre un chien domestique, un cheval de monte et un esclave. On les traite d’ailleurs légalement de la même manière

Cependant, au-delà de lois et droits commerciaux concernant le bien de propriété que sont les esclaves, il y a des droits coutumiers et des règles tacites que tout le monde tend à respecter : on ne tue pas un esclave sans une bonne raison, on ne le mutile pas non plus sans une bonne raison et on doit lui fournir le nécessaire pour assurer sa santé et un bien-être minimum. Et ne pas respecter ces lois coutumières peut très bien finir par un procès civil où l’accusé peut fort bien se voir confisquer son bien, qui sera alors donné ou revendu, parfois – mais c’est plutôt rare – affranchi. Ensuite, sauf dans les quartiers du Marché aux Cages, il est très malvenu de faire se balader en publique un esclave nu ou trop dévêtu. Enfin, le propriétaire d’un esclave est responsable des actes commis par ce dernier et c’est lui qui sera traîné en procès si son esclave commet un délit ou un crime.

A noter qu’un esclave ne peut légalement pas témoigner, qu’il n’est pas considéré comme un témoin fiable, qu’on ne lui reconnaît aucun droit à la propriété (et ne peut donc pas se racheter lui-même pour s’affranchir) et qu’il est dénué de tous droits familiaux, que ce soit mariage, enfants, etc…. Ce qui n’empêche pas certains Lossyans de laisser des esclaves vivre en couple et en famille, mais aussi, même si c’est peu commun, de leur fournir un salaire.

 

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