Questions-réponses Décembre 2018

On reçoit régulièrement des questions sur les Chants de Loss, le jeu de rôle et ce qui se passe autour, alors, cette fois. J’ai décidé de garder les questions qui concernent les auteurs et l’équipe, et pas forcément le contenu du jeu et de l’univers. Je vais essayer d’y répondre au mieux, vous verrez que des fois, c’est pas facile !

1- Pourquoi avoir commencé un jeu de rôle alors que tu n’as pas fini les romans ?

Ha bha heu… pourquoi pas ? La décision fut prise à trois, alors que je finissais le tome 1 et travaillais sur les notes de contexte et d’univers pour la suite. J’avais des centaines de pages de notes, tout ce qu’il fallait pour proposer un monde ; il fallait seulement le mettre au propre, l’organiser, lui trouver un système de jeu et une dynamique dramatique. Quand on s’est lancé, il faut bien comprendre que c’était comme un défi pour nous trois : si on réussit, tant mieux, si on échoue, on se sera amusées. Et puis, il y a eu l’engouement massif pour le projet qui nous a montré en pleine face que ce n’était pas simplement un pari lancé, mais un truc que tous les gens qui avaient suivi le roman attendait et que des tas de rôlistes trouvaient passionnants. Dès lors, on s’est dit que cela devait devenir sérieux, il ne pouvait en être autrement. On a créé le site internet Les Chants de Loss, on a sorti notre kit de découverte peu après et on était déjà parties, toutes les trois, pour aller jusqu’au bout de la réalisation du jeu, quoi qu’il arrive !

Au final, j’ai la meilleure bible de référence du monde pour mon roman : un jeu de rôle entier, ses notes, ses suppléments, ses cartes, ses descriptions, qui sont mon univers, celui où s’agitent Lisa, Elena et Jawaad et, quand j’ai besoin d’une info, désormais, bien souvent, elle est DÉJÀ écrite et disponible, que ce soit dans le jeu de rôle que vous découvrirez bientôt, ou sur le site internet, que vous pouvez consulter librement. C’est quand même sacrément pratique !

2- Pourquoi avoir fait une version couleur et pas noir et blanc, ça n’aurait pas été moins cher et plus simple ?

Vaste sujet de débat sur Facebook chez les rôlistes, mais en fait, je vais couper court à ce dernier, je ne débats JAMAIS sur Facebook : vous (les rôlistes) n’achetez pas un JDR en noir & blanc. Ou plus exactement vous n’en achetez plus, moi non plus d’ailleurs. Le critère moyen de la clientèle qui achète des jeux de rôle exige certains minimaux, sur la qualité de présentation et de solidité du produit. Parmi eux, la couleur est un indispensable. Alors, nous, on avait pensé au départ taper dans le livre noir & blanc avec un cahier couleur central, par exemple mais on a rapidement compris que l’économie réalisée sur le coût final ne vaudrait rien, car on vendrait bien moins ! Matagot a achevé d’enfoncer le clou en confirmant par son expérience nos propres bilans et en nous disant : on fait full color, et puisque nous sommes spécialistes des boites de jeu, on fait trois livrets et une boite richement illustré et doté, avec des couleurs partout.

Alors désolée pour les gens pour qui le jeu est un peu cher. Bon, il est à 60€, je rappelle ici qu’on s’est battu, avec l’aide de Matagot, pour assurer ce prix, très bas pour le contenu proposé. C’était une de nos plus sévères négociations d’ailleurs, quand nous avons cherché un éditeur. Et quand aux ludosaures nostalgiques des livres en noir & blanc des années 90, avec une illustration toutes les cinq pages, hé bien, sachez, messieurs-dames, que si je suis une ludosaure, je n’ai aucune forme de nostalgie à ce sujet : c’est cool, la couleur et les dessins partout !

3- Pourquoi avez-vous tout mis en accès publique, vous auriez pu vous faire voler ?

C’est une peur courante chez les romanciers et les créateurs de jeu de rôle et c’est de la paranoïa. D’abord, rien de ce que vous (ou nous) pourrez créer ne l’a pas déjà été sous une forme ou une autre depuis le temps que l’homme écrit des choses et en dessine d’autres. Ensuite, un site internet constitue légalement un précédent en droits d’auteurs, la date de publication et de création des pages faisant foi juridiquement en cas de litige. Enfin, la meilleure manière de rendre un projet invisible et de lui interdire toute promotion et participation de sa communauté est de ne rien divulguer et croire en bout de course au moment du lancement professionnel que ça va attirer les foules ! Ça, ça marche si vous savez organiser le buzz et avez les moyens financiers et marketings pour le réussir. Et votre produite a intérêt à être soit très bon et unique, soit très shiny !

Alors, comme dans la plupart des cas vous n’avez pas de produit incroyablement original ni shiny sans des tas de sous pour assurer  qu’il soit perçu comme tel par votre clientèle, autant ne pas en faire de secret. Communiquer assez tôt sur votre JDR assure de créer une communauté et de vérifier s’il y a du monde que cela branche !

Bien sûr, pour Les Chants de Loss (CdL), on a carrément fait dans la transparence depuis le départ en vous invitant au voyage dans le processus de création du début à la fin. On a même partagé et rendu gratuit et disponible en téléchargement tout le monde et toutes les règles du jeu dans leur version beta. On ne cesse de me dire que c’est unique. Non, ça ne l’est pas ; vraiment ! La seule chose unique est qu’un tel choix éditorial se soit fait sur un jeu qui a une grosse communauté, beaucoup de curieux dans le monde du JDR et une très grosse visibilité marketing. Mais ça… on ne le savait pas quand on a commencé, et même si c’est de ma faute, j’assume fièrement être une communicante acharnée, on n’avait pas imaginé cet engouement au départ !

PS : un gros merci à Matagot qui, non content de nous laisser très autonomes, nous laisse sans jamais râler diffuser gratuitement à peu près ce que l’on veut, tant que ce sont des versions beta, et textes sans illustrations. Je pense que, d’expérience, beaucoup d’éditeurs auraient été très frileux à cette idée, alors que Matagot ne s’en fait pas du tout.

4- Vous n’avez pas fini les Chants de Loss, que vous vous lancez dans un autre projet ?

Vous savez ce qu’on dit, si on peut faire un marathon, on peut en faire dix ! Il y a longtemps que j’ai, personnellement, en tête un univers de science-fiction qui soit vraiment de la SF, et pas du cyberpunk, du space-opéra, du transhuman-wathever… et qui ait comme thème majeur la confrontation de la science au surnaturel. En fait, Futur Immédiat, c’est son nom, est né à la fin des années 90, c’est sa troisième occurrence… et si je me suis finalement lancée, c’est parce que d’une part ça me sort le cerveau des CdL, et ça ne fait pas de mal ; d’autre part, parce qu’après Alysia, Sébastien Louchart m’a sauté dessus pour participer avec cette proposition d’engager son expertise de scientifique pour créer un univers de JDR qui sera toujours cohérent à la science, y compris quand on délire totalement avec le fantastique de cet univers !

Alors oui, on a donc un autre projet bien lancé, et autant s’y prendre tôt, avec le même procédé que pour les CdL, c’est-à-dire une complète transparence dans le processus de création et son évolution. On ne s’attend à ce que quoi que ce soit prêt avant 2020. Mais entretemps, cela nous laisse plus d’une année pour bosser dessus et, pour qui ne le saurait pas, je ne peux pas m’arrêter, jamais ! Les seuls moments où je ne crée pas, c’est que je dors pour recharger les piles !

5- Matagot est connu pour ses gros retards, ça ne vous a pas desservi, de devoir faire avec sa réputation ?

On ne la connaissait pas vraiment en détail quand on a signé ! Et en fait on aurait signé quand même, vu la manière idéale dont se sont déroulées les négociations. Et après, on a découvert leur talent à être en retard perpétuel et on a pleuré des larmes de sang. J’ai une serviette-éponge d’un beau rouge carmin, maintenant.

Mais bon, sans rire, non, pas vraiment, on aura perdu quelques clients et je ne peux que les comprendre, d’autres n’ont pas participé au CF pour attendre de voir la boite sur l’étagère avant de l’acheter et qui va leur jeter la pierre ? On a communiqué là aussi en toute transparence sur nos relations avec Matagot et nos déboires. Ok, c’est une société qui accumule des retards abyssaux et on doit faire avec. D’un autre côté, si on râle assez fort, on règle ça, même si c’est fatiguant. Ils sont toujours prévenants, accessibles, ils payent bien, en temps et en heure nos illustrateurs et nos prestataires sur le projet, ils nous bichonnent autant qu’ils le peuvent et ils nous ont jurés tout plein que ce sera pour ce Printemps 2019, la sortie des CdL !

Ok, on ne parie pas forcément que ça va réussir, mais on fait tout pour, on y croit et, croyez-moi, ils se bougent. Ok, ils ont peut-être peur de moi et de mes grosses colères, en fait… mais plus sérieusement, ils savent bien quelle réputation leur est tombée dessus et ils sont bien décidés à la balayer ! Et comme on les adore, on les aide de notre mieux !

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