Commandez le roman Les Chants de Loss, Livre 3 : Nashera !

Si vous n’avez pas encore tous vos cadeaux de noël pour vous ou vos proches, vous pouvez commander le tome 3 des romans Les Chants de Loss : Les Chants de Loss, Livre 3 : Nashera, au prix de 28€, frais de port compris (et vous pouvez aussi le commander en PDF pour 14€ !). Si vous vous demandez, c’est un gros bébé de 536 pages au format 15*21 cm. Et si vous hésitez, voici un extrait du roman ci-dessous pour vous donner envie !

4ème de couverture :

La guerre entre Mélisaren et Nashera a rattrapé Jawaad et les siens, leur ôtant toute chance de quitter la cité-Etat à temps. Désormais pris au piège, ils n’auront guère le choix de décider quel parti prendre et Lisa elle-même ne pourra échapper longtemps aux horreurs du conflit mais, devant le siège qui se prolonge, l’assurance orgueilleuse et impassible de Jawaad se fissure.
Face aux batailles, il risque de perdre Erzebeth, la capitaine-corsaire, de mettre en danger la vie des siens et surtout celle de son plus précieux bien, Lisa la terrienne. Celle par qui, il l’espère, il trouvera une échappatoire à sa mort annoncée.
Défiant le destin, Jawaad va faire des choix dont il ne peut en rien maitriser les conséquences. Défiant sa peur, Lisa la terrienne va devoir assumer les siens jusqu’au bout.
Toute bataille n’est que chaos et imprévisibilité ; toute guerre impose un prix à payer insupportable.
Et si celui de Jawaad était de tout perdre ?
Et si celui de Lisa était de tout risquer ?
Avertissement : ce roman aborde des sujets et contient des scènes explicites déconseillés aux plus jeunes.

Extrait du roman :

Par essence, par la nature même de leur impitoyable formation, les Ordinatorii ne connaissaient pas la peur. Depuis plus de cinq siècles, nul n’avait jamais trouvé meilleure doctrine militaire que celle de ces légions de fantassins lourds, cuirassés de linotorci, protégés par de vastes boucliers capables d’arrêter les balles, armés de glaives d’acier et de lances à fusils-impulseurs. Ils étaient devenus le modèle militaire universel, du sud au nord des Mers de la Séparation. Même la sauvagerie soigneusement planifiée des raids éclairs dragensmanns et leurs unités aériennes de montures volantes n’étaient jamais venues à bout de cette formidable machine de guerre humaine. Pour briser la cohésion d’une légion, il n’y avait que le plus grand nombre possible et la plus épouvantable puissance de feu ; quand une armée déployait ses légionnaires, la seule réponse était d’espérer avoir plus de fusils, plus de canons, plus de boucliers, plus de fureur.

Quant aux Ordinatorii des légions de l’Église, leur conditionnement, assuré dès l’enfance, était si profond qu’ils en étaient insensibles au doute. Ils étaient l’élite, persuadée à raison de l’être : leur domination du champ de bataille et leur implacable efficacité le démontraient. Leur foi en leur sacerdoce au service du Concile Divin, leur fraternité inébranlable, leur formidable discipline leur était inculquée sans pitié, avec la même efficacité qu’on dresse les esclaves par le Haut-Art. Chacun d’eux se considérait, à juste titre, comme un combattant incomparable. Et ils se savaient presque invincibles quand ils étaient ensemble, fonctionnant comme un seul corps parfait, destiné à semer la mort et arracher la victoire à tout prix.

Eïm avait été l’un d’entre eux ; il avait été membre du Quaesitori, l’élite choisie dans l’élite, chargée d’accomplir les hautes-œuvres secrètes de l’Église et tuer pour les Prophètes, sans jamais douter. Il aurait été le premier à dire que les Ordinatorii ne connaissaient aucune peur et n’hésitaient jamais. Briser leurs lignes était un défi, les faire reculer une gageure. Il n’avait que rarement vu des légionnaires paniquer et fuir à toutes jambes et, pour cela, il avait fallu déployer une puissance formidable.

Et là, dans ces champs moissonnés jaunis par l’automne, sur la vaste plaine du fleuve Étéocle, le colosse légendaire assistait à une véritable débâcle, une débandade éperdue qui puait la terreur, les viscères et la pisse jusqu’à envahir ses narines. Les légionnaires s’enfuyaient en détalant devant les énormes tortues de guerre de Mélisaren, ces carapaces d’acier et de canons, crachant balles et boulets en tous sens, fonçant sur les lignes des boucliers de Nashera. Rien n’arrêtait ces machines ; l’artillerie était pensée pour semer la mort contre des fantassins et de la cavalerie, pas contre de véloces engins bardés de fer, hauts comme deux hommes, qui encaissaient les coups sans jamais faiblir.

Derrière les tortues d’acier, la masse des fantassins de Mélisaren fondait sur les lignes brisées ; légionnaires, miliciens et volontaires mêlés en une marée humaine étaient soutenus par deux vagues de cavalerie lourde percutant de plein fouet les flancs des Ordinatorii désorganisés. En tête, Eïm fondait sur les carrés qui tentaient encore de tenir leur position, ses haches ardentes brillant d’incandescence. Le guerrier de légende savait que, quand on le reconnaissait sur un champ de bataille, la peur glaçait le cœur de ses adversaires au point de les tétaniser. Mais cette fois-ci, ce n’était pas lui, le monstre craint dans toutes les Mers de la Séparation. Les monstres étaient des machines fumantes et implacables, si formidables qu’elles en étaient surréalistes, au point de figer sur place, frappés de sidération, les légionnaires qui n’avaient pas pris leurs jambes à leur coup devant ces monstres invincibles.

Un boulet s’écrasa à quelques mètres du colosse, fauchant dix hommes dans sa course en changeant leurs corps désarticulés en pulpe de sang et d’os. Les éclats de son impact en plein milieu des rangs ôtèrent instantanément la vie à une demi-douzaine d’autres Ordinatorii, réduisant à néant leurs efforts pour conserver leur formation. Soufflé par l’explosion, Eïm se redressa juste à temps pour éviter une lance et trancher net sous le genou la jambe du légionnaire qui la tenait ; la seconde d’après, il décapitait un autre adversaire dans un flot de matière cérébrale, sauvant la vie à un garde de Mélisaren qui lui emboîta le pas dans la mêlée.

Toute une section de braves suivait les pas de la légende vivante. Pour la plupart, c’était une affaire d’honneur et de courage, pour d’autres, la curiosité de voir Eïm le Voyageur à l’action. Et tandis que le colosse se frayait un chemin de mort dans les rangs ennemis, illuminé par l’incandescence de ses haches ardentes, ces hommes s’élançaient, enhardis par la vaillance de leur guide. Pour ceux d’entre eux qui survivraient à la bataille, ils parleraient encore longtemps des moulinets flamboyants et meurtriers du géant prétendu démon, insouciant des balles et des shrapnels sifflant autour de lui, dont les haches arrachaient sans faillir la vie de ses adversaires, traversant les plus épaisses cuirasses et disloquant les plus solides aciers.

 

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