Les Génies de Loss

Les Génies de Loss

Le monde de Loss est rempli de merveilles et d’inventions prodigieuses qui, si elles nous paraissent désuètes pour nous, occidentaux du 21ème siècle, n’en restent pas moins des prodiges pour la société lossyanne. Ces technologies sont issues de l’inventivité des génies, artisans et savants des différentes cultures des Mers de la Séparation qui, depuis environ un siècle, connaissent une explosion de créativité aussi bien artistique que technique.

Mais le monde de Loss doit aussi ses merveilles à deux phénomènes qui ont nourris cette innovation : les artefacts des Anciens, d’une part, et d’autre part, les savoirs des Terriens Perdus. Ces deux sources ont grandement contribué aux plus étonnantes des découvertes et des inventions des génies de Loss, donnant naissance à leur civilisation Da Vinci-punk.

1- Définition lossyanne du génie

Au 21ème siècle, la culture universitaire différencie savants, chercheurs, théoriciens, expérimentateurs de terrain, artistes-créateurs, et ingénieurs. Ce n’était pas du tout le cas à la Renaissance et le concept de spécialisation et de compartimentation entre arts, savoirs et techniques est récent. Pareillement sur Loss, ces trois principes sont intimement liés et l’art se confond avec les techniques, les sciences et les savoirs les plus théoriques. Un Génie lossyan en maîtrise tous les aspects, même s’il est issu de la formation d’ingénierie (voir le chapitre Vie quotidienne des Lossyan : travail & éducation).

Un génie se définit est un polymathe, un individu versé dans l’expertise de domaines nombreux et différents, comme l’étaient des gens comme Pythagore, Démocrite, Averroès, Isaac Newton, Benjamin Franklin, Michel-Ange, John Von Neumann et le plus célèbre de tous : Léonard de Vinci. Le génie lossyan est formé à de nombreux domaines des sciences et des arts et va les mettre à contribution toute sa vie durant. Le plus souvent, un génie est connu et recherché pour un ou deux domaines de prédilection, dans ses connaissances mécaniques, artistiques ou encore architecturales. Mais dans les faits, les clients et mécènes des génies recherchent un maitre de tous les arts et sciences et s’attendent à ce que leur protégé et client soit aussi doué en peinture, qu’en chimie ou en géologie. C’est aussi ce qui d’une part différencie les ingénieurs lossyans, qui ne pourront pas être experts de plus d’un ou deux domaines, des génies et d’autre part qui explique pourquoi pour embaucher un génie reconnu, il faut prévoir un pont d’or.

La formation des Génies

Les carrières d’ingénierie sont rarement héritées des parents aux enfants, mais cela existe malgré tout. C’est le futur maitre du candidat qui décide s’il accepte de prendre l’élève comme disciple, même si les parents de ce dernier peuvent payer sa formation –le maitre prendra l’élève médiocre pour le former comme assistant en laissant les parents espérer. Les élèves sont âgés de 10 à 13 ans quand commence la formation d’une dizaine d’années souvent en université, vivant et travaillant au service de leur maitre qui les forment aux arts et techniques, selon ses propres spécialités et connaissances.

Pour ceux des élèves montrant des dispositions à devenir génies, la formation est très dense et large et englobe la peinture, la sculpture, l’architecture, l’ingénierie civile, l’électricité, la mécanique, l’hydraulique, la science des matériaux, la chimie, mais aussi l’anatomie, l’optique voire de la zoologie, de la botanique et un peu de physique fondamentale. Chacun de ces talents est mis à contribution et appris sur le terrain, autant qu’à travers des cours magistraux et une mémorisation de monceaux de livres. Le disciple participe aux travaux, expériences et projets du maitre avec les autres élèves et apprends donc aussi bien sur le tas qu’à travers livres et documents.

Vers 20 à 22 ans, en moyenne, le génie est formé. A ce stade, bien souvent, il a déjà ses premiers clients et ses premiers chantiers. La plupart des génies travaillent comme ingénieurs civiles et industriels, navals, ou encore militaires. Une minorité se consacre principalement à la peinture et à la sculpture, et enfin, les meilleurs d’entre eux deviennent inventeurs et créateurs, capables de prendre tout type de commande, qu’elle soit artistique, architecturale, ou industrielle. Quand un génie réalise son premier chef-d’œuvre reconnu par ses pairs, il est considéré à son tour comme maitre et peut avoir des élèves

Les Génies dans la société

Comme on s’en doute, les génies sont donc très recherchés, d’autant qu’une grande partie de l’industrie lossyane dépend de leurs savoirs. Il existe cependant des artisans ingénieurs et mécaniciens spécialisés qui leur font concurrence, surtout dans le domaine naval et militaire, mais qui sont cantonnés à une technique, le plus souvent apprise sans aucune formation académique. Ainsi par exemple, les opticiens et micro-mécaniciens sont très rares. Ce seront le plus souvent des génies, capables donc aussi bien de faire de l’horlogerie que tracer des plans de fortifications, ou peindre un plafond ornementé. Les confréries où se regroupent les génies -souvent dépendantes de grandes guildes marchandes- protègent sévèrement ces professions et leurs membres. Il arrive même qu’il soit interdit à tout type de génie d’exercer sa profession sans être membre de la confrérie locale. Le mécénat de la part de grandes fortunes laïques, religieuses ou aristocratiques y est fréquent.

Et bien sûr les génies sont rémunérés fort cher, et les plus célèbres d’entre eux sont courtisés par tous les moyens possibles, quitte à leur offrir en plus d’un pont d’or, des avantages en nature parfois même extravagants. Certains mécènes pourraient parfaitement imaginer payer leur poids en or pour débaucher le plus grand génie du moment. Et d’autres envisager sans hésiter l’enlèvement pour s’en emparer. C’est ainsi que par exemple, à Armanth, des règlements civils de la guilde des marchands encadrent les salaires et cadeaux que l’on peut offrir à un génie, afin de limiter au plus possible la « fuite des cerveaux ». Dans quelques cas, les plus prestigieux d’entre eux n’ont pas le droit de quitter la cité-état et son territoire sous peine de trahison !

2- Les technologies du Loss

Les possibilités et propriétés du loss-métal sont abordés dans le chapitre : le loss, p …

3- L’apport des Terriens perdus au génie Lossyan

Une question qui se pose dès qu’on se penche sur certaines particularités du monde de Loss, c’est : qu’est-ce que les Terriens Perdus ont apportés à la technologie et aux innovations Lossyannes ?

Il parait évident que l’écart d’évolution entre la société Lossyanne et celle des Terriens est franchement marquée : d’un côté une civilisation qui est arrivé à un niveau technologique comparable à celui du XVII° siècle, et l’autre qui a dépassé l’âge atomique pour entrer dans l’âge de l’information. On s’attendrait donc à ce que les Terriens Perdus, arrivés sur Loss apportent à cette planète une quantité incroyable d’idées révolutionnaires dans le domaine scientifique et technique. Si c’est bien le cas, force est de constater que ce n’est si évident et pour de bonnes raisons.

Les Terriens Perdus sur Loss n’ont guère le beau rôle. Dans leur immense majorité, ceux que l’on trouve sont de jeunes femmes citadines apparaissant près de centres urbains, et les lossyans ont tôt fait de les asservir. Leur statut, leur condition et les barrières linguistiques n’aident pas tellement à l’échange de connaissances.

Dans la plus grande majorité des cas, ce que savent ces Terriens se perd un peu devant leur principale préoccupation : s’adapter et survivre à un univers étranger, hostile et dangereux. Sans compter que l’Eglise insiste sur le danger de ces connaissances étrangères et contraires aux Dogmes du Concile et que, la plupart des terriens étant esclaves, on ne prête guère crédit à leurs propos. Pourtant certains Terriens parviennent à se sortir plutôt bien de cette situation peu enviable.

Ainsi, même si ces apports sont rares, ils existent. Il y a des sociétés secrètes et des organisations qui rassemblent du mieux possible le savoir des Terriens Perdus. C’est ainsi que la chimie moderne, comme la Table Périodique des Eléments, font partie des savoirs méconnus que certains tentent de rassembler, le plus souvent de manière secrète, afin d’éviter l’attention de l’inquisition de L’Eglise.

La plus connue des innovations issues des Terriens Perdus, après la chirurgie et les principes de l’hygiène médicale, est sans hésiter le travail du titane. Le raffinage du titane est un procédé physico-chimique d’une rare complexité, quasi impossible à réussir sans de solides connaissances en électricité et en chimie poussée, et clairement d’origine Terrienne.

Peu d’apports en électricité venus des Terriens ont percés jusqu’ici, tout comme des connaissances en aéronautique. Les Lossyans en sont encore à tester les planeurs et les premiers essais de moteurs à hélices sont du domaine du prototype. Une invention à coup sûr terrienne est celle des gramophones, une technologie qui reste balbutiante mais se répand très vite en même temps que l’électromécanique miniaturisée.

Et concernant les explosifs et les armes à feu ? En fait, les lossyans connaissent ces principes, mais en usent avec crainte et scrupules : les Lossyans ont une crainte superstitieuse de tout ce qui explose, renforcée par le fait qu’on ne fait guère plus instable et dangereux que ces trucs là quand on ne sait pas très bien les manier et que la conception et l’usage d’explosifs est réservé à l’Eglise. Les armes à impulsion sont clairement plus sûres et d’une efficacité suffisante pour n’avoir laissé aucune place dans l’immense majorité des cas à une technologie concurrente et balbutiante. Par contre, en ingénierie civile et dans les mines, la poudre noire est souvent employée. La plupart des ingénieurs artificiers était autrefois des membres de l’Eglise, mais ces dernières années, à Armanth, beaucoup de monde a été surpris de voir les tous premiers feux d’artifice laïques en dehors de l’Hemlaris et sa région. Si les lossyans ont peur de la poudre, il n’est pas rare que certains navires aient des pots-à-feu, des tonnelets de poudre et de feu grégeois destinés à être largués sur un bateau adverse pour les incendier.

4- Ce qui n’existe ou ne fonctionne pas sur Loss

Loss n’est pas la Terre, mais les lois physiques dans tous les domaines y sont tout à fait comparables : la physique fonctionne toujours de la même manière, partout dans l’univers.

Il existe cependant deux exceptions de taille : la transmission d’onde électromagnétiques dans l’air dans le monde de Loss est particulièrement problématique, et, comme les champs magnétiques de Loss sont très puissants et assez capricieux, l’électronique y est inadapté au possible.

Loss est en orbite, même si elle en est assez éloignée, d’Ortentia, une géante gazeuse qui génère un champ magnétique colossal, provoquant des fluctuations constantes qui affectent toute les planètes dans son sillage. Celles-ci viennent s’ajouter aux perturbations de Loss, qui pour nombres de raisons, à commencer par la présence de son étrange métal mais aussi à des pôles magnétiques multiples, (13 rien que sur l’hémisphère nord) ne rends pas les choses faciles. Tout ce qui est électronique grille très vite sur Loss. Et les tentatives d’emploi d’ondes radio et autres systèmes à distance fonctionnant sur les ondes électromagnétiques serait rendu très ardu. Quant à la transmission d’ondes par câbles, pour le moment, si cela existe dans les laboratoires et les projets des génies, l’idée même de savoir comment faire un système de télégraphe reste hypothétique.

Une autre chose qui n’est pas à portée des lossyans, ce sont les dérivés et exploitations des hydrocarbures. Il n’y a plus de pétrole accessible sur Loss. S’il existe une forme de kérogène hautement inflammable utilisé par les Dragensmanns, le Sang de feu, il n’y a pas le moindre lieu où le pétrole affleure en surface. En trouver des réserves accessibles serait une gageure particulièrement ardue, ce qui interdit aux lossyans l’exploitation de tous les dérivés pétrolifères, carburants et plastiques en premier lieu. Il y a des gisements de charbon (houille et anthracite), mais ceux-ci ont des rendements assez faibles. Les lossyans savent en tirer du coke, des boules de charbon traitées, employées dans le chauffage domestique et dans les fourneaux ; c’est d’ailleurs une découverte Dragensmanns désormais répandue. Mais c’est un produit qui reste assez peu commun, largement moins que sur Terre.

 

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