Contes, mythes & légendes

Et voici le 15ème supplément gratuit ! Essayer de brosser un portrait exhaustif de toutes les légendes et contes de Loss, et encore plus des créatures mythiques qui les peuplent, est un peu peine perdue. Chaque cité, chaque village a ses histoires, ses monstres, ses fées et des démons. Donc, en attendant de commencer à écrire l’atlas des 14 civilisations de Loss, où là, nous aurons le temps de nous y attarder, nous allons devoir faire des généralités. Ainsi, nous allons surtout parler des récits, mythes et légendes les plus répandues et connues, de celles qui traversent les frontières et les cultures.

1- Les faits et la Légende

Une bonne histoire vaut mieux que la vérité froide. Et si cette bonne histoire est aussi la vérité, c’est encore mieux.

Proverbe Tenranchen.

Oui, les Lossyans aiment les histoires ; de celles dont on crée les contes au coin du feu et les légendes écrites, dont on chante les sagas et qui deviennent des opéras. Il n’est pas commun pour un lossyan de raconter une histoire vraie sans l’enjoliver, même si on lui demande de témoigner ! Tout le monde le sait et tout le monde aime à le faire, ça n’est que fort rarement perçu comme injustifié ou condamnable.

Mais non seulement les lossyans aiment les histoires et aiment à en raconter, mais en plus tous sont peu ou prou superstitieux. La colère du vent et des mers, la foudre qui frappe à l’aveugle, les étoiles filantes dans le ciel, les maladies qui frappent les bêtes et les récoltes, la mort qui prends son dû au hasard parmi les nouveau-nés, sont des phénomènes qui exigent une explication. Et rares sont les lossyans à avoir la moindre réelle connaissance scientifique.

C’est donc à travers la Légende et les mythes que les lossyans donnent une explication à ce qui n’en a pas, ou pas qui soit aisé à aborder, y compris l’Histoire. Et comme cela amuse les lossyans d’inventer des histoires, de les enjoliver et de nourrir les légendes, ces histoires sont autant légion que leurs variantes.

Mais il faut bien tenir compte que, pour les Lossyans, les fantômes, les démons, les esprits bons et mauvais, les présages, les malédictions et les légendes, les objets bénis ou maudits, cela existe, c’est une réalité. Peu ou prou, en fonction de son érudition, tout le monde, riche ou pauvre, croit que le monde est mystérieux et magique et la plupart des lossyans n’en démordront pas, même face aux faits.

2- Les croyances des Origines

On va y revenir, mais s’il y a un point commun à toutes les cultures Lossyannes, sans exception, c’est le mythe fondateur de l’origine stellaire de l’humanité. Aucun érudit ne s’est réellement penché sur la source de cette étonnante convergence et, quand bien même, il aurait du mal à trouver des sources exploitables pour comprendre l’origine de ce mythe : l’événement aurait eu lieu il y a au moins 2500 ans dans le passé et entre les ravages du temps et celui de l’histoire des peuples de Loss, il n’y a plus grand-chose à trouver.

2-1 Venus des Etoiles

Pour l’Eglise, la question n’a même pas à être posée : les lossyans viennent des Etoiles, lieu de séjour des Etre du Concile Divin. L’Eglise décrit les Etoiles comme une infinité de mondes et autant de sphères de cristal où une planète se tient en son centre. Autour tournent les étoiles, les lunes et les soleils ; et il y a autant d’êtres vivants, et d’esprits et de dieux qui les gouvernent, chaque Etoile abritant l’esprit des ancêtres vertueux. Cependant, vous noterez qu’il n’y a aucune explication sur comment les lossyans sont venus des Etoiles. Et il n’y a même rien dans les dogmes officiels. Les rares documents qui en parlent sont apocryphes et certains, datant d’avant le Long-Hiver, sont mêmes vus comme Hérétique, malgré la persistance de leurs contenus dans les légendes.

Mais la nature a horreur du vide. Et puis, les lossyans n’allaient pas se retenir de combler cette histoire par des légendes et des récits, sans compter que certains peuples n’adhèrent pas forcément à ce mythe des lossyans venus des étoiles. Le récit le plus courant évoque l’arrivée des premiers humains sur Loss depuis de vastes vaisseaux d’argent, aux voiles flamboyantes, qui auraient déposés les peuples de villages élus par les Etres du Concile sur les différentes berges de la Mer des Séparations. Certains se seraient cependant perdus, dérivant au gré des vents de Loss, pour se perdre loin de la terre promise. Il s’agit des Dragensmanns, des Jemmaïs, des Gennemons, des Nomades des Franges et des San’eshe. Le plus amusant est de constater que ce sont ces peuples, principalement, qui ont une autre version de leur venue depuis les Etoiles.

Les Dragensmanns parlent des arc-en-ciel comme de pont entre les cieux et la terre, par où sont arrivés leurs ancêtres, guidés par leurs dieux ancestraux après une catastrophe qui a gelé à jamais leur ancien foyer. Les habitants des Neiges-dragon continuent d’ailleurs à penser que les arc-en-ciel servent encore de pont entre les mondes, et que les Oubliés (le nom qu’ils donnent aux Terriens perdus) ont arpentés un de ces ponts sans le savoir pour arriver chez eux.

Les Jemmaïs ne parlent pas plus de leurs mythes que de tout ce qui concerne leur culture ; après tout, le simple fait d’être de ce peuple leur vaut d’être pourchassés sans pitié par l’Eglise. Mais pour qui parvient à les connaitre, la chose est simple : les Jemmaïs pensent qu’ils sont nés sur Loss, d’une lignée perdue venue du sud, par-delà le Rift et le désert qui s’étend dans les Terra Incognita. Sur cette lignée, peu d’informations, mais certains Jemmaï n’hésitent pas à raconter que leurs ancêtres seraient rien moins que les Anciens eux-mêmes, ce qui leur parait plus cohérent que le mythe de la venue depuis les Etoiles.

Les Gennemons pensent sincèrement ne pas être les mêmes lossyans que les lossyans. Tous les autres sont bien venus des Etoiles comme le disent l’Eglise et les mythes, mais pas leur peuple. Eux, ils étaient là avant tout le monde. Les Gennemons auraient toujours vécus très loin vers l’est, par-delà les montagnes de Khimshis, abrités dans des cavernes profondes. Ils auraient vu chuter les Anciens, bien avant l’arrivée des autres Lossyans depuis les Etoiles. La date du moment où ils ont quitté leurs montagnes est très floue, mais elle évoque toujours la rencontre du premier Gennemon et du premier kaerin, leur monture légendaire, qui aurait guidé ce peuple vers sa vie de cavaliers-nomades.  Plusieurs villages Gennemons racontent d’ailleurs que pour qui aurait le courage de franchir toutes les montagnes vers l’est et de voyager pendant une année entière, il trouverait le peuple des ancêtres des Gennemons.

Les Nomades des Franges ont un récit des origines qui ressemblent beaucoup à celui des Jemmaïs. Eux non plus, surtout eu égard à leur couleur de peau unique parmi tous les peuples majeurs des lossyans, ne pensent pas être les mêmes humains que les autres. Ils racontent donc qu’ils viennent d’une très ancienne lignée, par-delà le Rift et le désert au sud des Portes de la Mort. Qu’il y a là-bas une ancienne civilisation, leurs lointains cousins, fils de leurs ancêtres, laissée derrière eux, qui un jour les rejoindra. Ce mythe, et la prophétie qui va avec, est très ancré dans la tradition Frangienne ; tout le monde y accorde un peu de crédit ou fait au moins semblant d’y croire quand il est évoqué. Et le fait est que quelques indices d’une autre civilisation lossyanne, trouvés sur des corps brulés par le désert, appuie cette hypothèse.

Quant aux San’eshe, leur légende est très simple : Shaya, la terre-mère, l’autre nom de Loss pour ce peuple, a créé les San’eshe à partir de sa propre essence en les faisant germer, comme des pousses verdoyantes, comme toutes les autres espèces animales, depuis les racines des grands arbres de leur sanctuaire sacré, Huaara. Ils sont donc là depuis les origines du monde et n’accordent aucun crédit aux légendes des Lossyans venus des étoiles, malgré leur fait qu’ils sachent que les Terriens Perdus existent.

3- Les phénomènes naturels

La science est loin d’expliquer les phénomènes naturels sur Loss et encore plus loin de pouvoir imposer ces explications à des peuples religieux et superstitieux. Aussi, dans ce domaine, la part belle est faite aux mythes et cela concerne même les plus pragmatiques des lossyans. Mais il ne faut pas s’imaginer que les phénomènes naturels effraient vraiment les lossyans : ils savent vivre avec, parfois les prévoir ou les anticiper, et sont prudents quant aux risques, mais pas épouvantés par ceux-ci outre mesure. Sauf, bien sûr, quand la nature se mets vraiment en colère, signe que les Etres du Concile Divin, les dieux ou encore les esprits, veulent faire passer un message, et ont décidé de ne pas être subtils quant à sa forme. Ci-dessous, nous n’évoquons que les croyances des lossyans Conciliens. Aborder les autres croyances serait trop long, nous reviendrons là-dessus dans les atlas consacrés à ces peuples.

On notera qu’on évoque peu les cas de sécheresse, canicule et autres anomalies du climat sur la durée. C’est parce que les savoirs empiriques des lossyans ont intégrés que les saisons puissent connaitre des variations occasionnelles qu’ils n’associent en général pas à une volonté divine. Cependant, qu’un temps anormal dure trop longtemps, et ils passeront par leurs intermédiaires religieux pour adresser leurs suppliques et leurs prières afin de faire arrêter le désastre. Ainsi, si un changement de climat finit par générer des disettes, c’est à la Moiriès Deletas, Nomae de la faim dévorante, que les Conciliens se mettront à adresser prières, rites et sacrifices.

Les tempêtes

Redoutées des marins mais aussi de toutes les professions agricoles, les tempêtes sont un phénomène courant surtout dans les Grandes Plaines de l’Etéocle et sur les côtes de l’Athémaïs. Cependant, elles peuvent frapper partout. Les tempêtes sont toujours associées à une colère céleste et aux Moiriès du panthéon de l’Eglise.

La Moiriès concernée change de nom selon la région. Au sud des Mers de la Séparation, elle se nomme Néitos, la maitresse des nymphes océaniques ; à l’est, du côté de l’Hemlaris et des Cités-unies, c’est Niaphélée, la reine des nymphes des nuages ; à l’ouest, du côté des Plaines de l’Etéocle, on la nomme Scirène, maitresse des redoutées nymphes des brisants et enfin, au nord, elle s’appelle Gaergya, la reine des nymphes de la mer glacée. Ces Moiriès agissent toujours au nom du Concile Divin, elles en sont les servantes. Ainsi, quand une tempête fait rage, tout le monde sait alors que le Concile Divin a ordonné à une des nymphes régnant sur la colère des cieux.

Il convient alors de s’atteler à prier la Moiriès concernée et faire les sacrifices qui s’imposent pour la calmer et la convaincre de retenir sa fureur, sans oublier d’implorer le pardon du Concile Divin afin qu’il rappelle à lui la Moiriès déchainée. On ne peut jamais être sûr du résultat, ceci dit. La Moiriès qui déchaine la tempête le fait avec ses armées de nymphes ; aussi, on peut peut-être parvenir à retrouver ses bonnes grâces, mais retirer ses troupes lui demandera-t-il du temps. Enfin, il y a toujours des croyances assez vivaces qui prétendent que les tempêtes sont aussi le fait des divinités sur lesquels règne le Concile Divin, mais qui, parfois, décident de rappeler leur existence aux lossyans. Il est alors de bon aloi de penser aussi à eux et leur adresser quelques prières et rites traditionnels, on ne sait jamais.

Les marins sont les premiers à redouter ces colères du ciel, et aucun navire ne prend jamais la mer sans que son équipage ne prévoit quelques sacrifices symboliques. On ne sera pas ainsi surprise de trouver sur la plupart des navires un autel dédié aux Moiriès citées plus haut, dont a la charge un marin, souvent le vétéran de l’équipage.

La foudre

Si la foudre accompagne les orages et les tempêtes, les lossyans n’y voient pas l’action d’un pouvoir divin, mais un épiphénomène, en général. Quand un orage se déchaine, il abrite les forces de milliers de nymphes commandées par les Moiriès. L’éclair et le tonnerre sont leurs cris et l’éclat de leurs armes, la personnification de leur rage meurtrière et aveugle. Ainsi, pour les lossyans, la foudre tombe bel et bien au hasard de cette furie : elle ne cible personne en général.

Par contre, les lossyans ayant fait le rapprochement entre le métal, les machines à loss et la foudre ont conclu que si un lossyan brandit des armes face à la furie des nymphes, qu’elles soient simplement des épées, des fusils, mais aussi des canons ou des moteurs à loss, ces dernières frapperont en priorité le mortel qui ose les défier. Il vaut mieux, pendant une tempête, éviter de les provoquer et ainsi, on ne fait jamais la guerre alors que l’orage menace, de peur d’être foudroyé par les armées des Moiriès. Pareillement, on évite de laisser en fonction des moteurs à loss, de peur que cela représente un défi qui attire la colère des nymphes.

Le volcanisme & les tremblements de terre

Dans les deux cas, le volcanisme et les tremblements de terre ne sont pas pour les lossyans une manifestation de la colère du Concile Divin, mais le résultat des poussées de rage et de destruction des démons de l’Abime, les êtres les plus maudits et malfaisants, incarnant l’opposé de toutes les Vertus, qui n’ont pu rejoindre les Etoiles et sont piégés sous terre. Ce sont donc des phénomènes terribles, de haine destructrice aveugle, la preuve du pouvoir éphémère mais ravageur de l’abime face à toute-puissance du Concile Divin. Il n’y a que peu de choses à faire contre une telle puissance, mais il n’est pas rare que ces phénomènes soient suivi d’un regain de chasse aux démons Chanteurs de Loss, aux chamans et à toute ce qui peut paraitre hérétique et, donc, complice de ces ravages, dans la région touchée.

Le plus étrange est que l’Eglise n’approuve pas cette croyance générale, pourtant particulièrement répandue. Pour l’Eglise, les tremblements de terre et le volcanisme sont l’expression du pouvoir du Concile Divin, de sa volonté de mettre le lossyan à l’épreuve et la démonstration de son pouvoir à créer et détruire à la fois. Un tremblement de terre ou un volcan qui se déchainent ne constituent pas une punition divine, selon l’Eglise, il n’y a donc pas de cause à rechercher. Seulement craindre et respecter la démonstration du Concile Divin qui, par ces phénomènes, met les Vertus des lossyans à l’épreuve.

Les tsunamis & les inondations

Si les dogmes de l’Eglise ne reconnaissent pas tremblements de terres et volcans comme des châtiments du Concile, les ravages causés par la furie des eaux sont totalement identifiés comme des représailles célestes. Ces événements ont forcément pour cause l’accumulation de crimes envers la volonté et les dogmes du Concile Divin et sont très souvent directement corrélés à de l’apostasie, de l’hérésie ou de la désobéissance envers l’Eglise, particulièrement de la part des puissants.

Pour ces catastrophes, il n’y a ici, en général, aucun intermédiaire. Si certaines Moiriès seront invoqués comme responsables de ces ravages, c’est le plus souvent la main des Etres du Concile lui-même qui est désignée comme ayant levé les eaux pour engloutir les lossyans. Les Moiriès ne sont alors coupables que des inondations les plus modestes. Les tsunamis et les plus grandes catastrophes sont la colère incarnée du Concile Divin ; la chose est alors prise très au sérieux et il n’est pas rare que des communautés entières fassent pénitence des années durant pour se racheter, souvent en bâtissant un nouveau temple encore plus flamboyant, en assurant sacrifices et des offrandes somptueux, ou encore en organisant des processions et pèlerinages de masse.

Il n’est pas rare durant ces périodes qu’aient lieu des conciles locaux et des enquêtes et procès pour apostasie et hérésie. Là où en temps plus paisibles, un hérétique supposé ou un incroyant aurait été laissé tranquille, il risque de finir sous le coup d’une enquête rigoureuse, ou fantasque et dangereuse, et peut bien finir par être inculpé et monter sur l’échafaud, avec des dizaines d’autres.

Les chutes de météore

Loss est souvent percutée par des météorites et strié de pluies d’étoiles filantes. Pour les lossyans, ces phénomènes sont les âmes qui ont tentés de s’élever et chutent depuis les astres. Plus une âme a manqué de vertus, plus le poids de ses péchés immoraux et de ses crimes est pesant, la faisant chuter d’autant plus fort.

Ainsi, pour les lossyans une météorite s’écrasant sur Loss est le signe qu’une âme chargé de crimes et de péchés est retombé au sol. Et si elle provoque des désastres et des morts, c’est qu’elle était si chargée de haine qu’elle a souhaité susciter ses derniers maux avant l’anéantissement. Il n’y a alors pas grand-chose à faire, si ce n’est sanctifier et bénir le site de l’écrasement du météore, afin d’éviter qu’il ne devienne le foyer d’apparition de morrows. Ainsi, rituels et prières aideront à purifier les lieux et en chasser l’influence de l’abime.

3-1 Les présages

Les phénomènes naturels petits et grands créent aussi des présages et des signes que les lossyans guettent avec attention afin d’en user pour prédire leur destin. La divination a une grande importance dans les cultures lossyannes et ce, même quand ils prétendent ne pas y prêter foi. Si les lossyans sont fiers et pragmatiques, ils sont tout autant superstitieux : il vaut mieux ne pas négliger un signe ou une prédiction, on ne sait jamais.

Les plus répandues des méthodes prédictives sont l’astrologie (sur laquelle nous reviendrons dans un petit supplément), la géomancie, la divination par les osselets ou pierres jetés sur le sol ou du sable, la brizomancie, la divination par les songes, la cléidomancie, la divination par les dés, la capnomancie, la divination par la fumée (souvent de l’encens ou d’un sacrifice en train de brûler) et les haruspices, la divination par les entrailles d’un animal sacrifié. Il y en a encore bien d’autres, dont la divination par les déplacements des vols d’oiseaux.

3-2 Les bons signes

Les lossyans considèrent comme de bon présage de croiser un chat sur leur route en pleine journée. Ceux-ci sont très rares et nocturnes, il est rare d’en voir et qu’un chat croise le chemin d’un lossyan est un porte-bonheur reconnu. A noter que si le lossyan parvient à attirer le chat chez lui pour le nourrir, sa maison sera bénie pour une année.

Une aube bleutée est une très bonne nouvelle pour les marins, c’est signe que le temps leur sera favorable et que les vents seront cléments et les porteront à bon port. Les marins ont d’autres croyances de chance importante : jeter un andri à la mer (même de bronze, mais surtout pas un quadran) avant de monter à bord est un sacrifice aux nymphes considéré comme un geste de chance.

Le Fursa que chaque lossyan garde au fond de sa bourse ou dans sa poche est un porte-bonheur important. Le perdre, se le faire voler ou le jeter porte malheur, mais le sacrifier en le glissant dans une urne d’un temple de l’Eglise est un geste qui favorise la protection de l’enfant à naître.

A Armanth, apercevoir, perché, un krona qui vous observe est un très bon présage. Mais malheur à qui le faire s’envoler en lui jetant une pierre ou autre objet.

Un des signes les plus bénéfiques pour un lossyan, c’est de trouver un Terrien Perdu. Sans compter le prix que représente ces pauvres hères vendus à un esclavagiste, c’est un présage de chance et de prospérité pour toute la communauté locale. Cela est d’ailleurs une chose qui peut sauver ces malheureux des pires sorts : blesser ou tuer un Terrien Perdu alors qu’il vient d’arriver sur Loss serait une injure faite au Concile Divin, qui apportera de grands malheurs.

Apercevoir le panache de vapeur d’un narva, en mer ou depuis la côte, est une très bonne nouvelle pour les pécheurs mais aussi pour les chasseurs ; c’est signe d’une journée de bonnes prises.

La corne de Sika est un autre porte-bonheur simple, et elle est souvent offerte, sous forme d’un manche de couteau, aux jeunes hommes, surtout dans les régions rurales. Beaucoup d’armes Dragensmanns sont ornées ou emmanchées de corne de sika gravée.

Les Femmes d’Epée sont respectées, mais rarement appréciées des lossyans. Cependant, on dit que leur courage peut se transmettre : il suffit pour cela d’obtenir de l’une d’elle qu’elle fasse cadeau d’une de ses mèches de cheveux. C’est un cadeau et un fétiche précieux, qui ne peut ensuite être ni donné, ni monnayé. Il y a une croyance un peu similaire pour les gillys, qui serait un porte-bonheur. Mais dans les deux cas, la croyance insiste qu’il ne faut pas s’emparer de ces cheveux par la force, car cela porte malheur.

3-3 Les mauvais présages

Si une aube bleue est une bonne nouvelle, une aube jaune grisâtre est pour les marins une mauvaise nouvelle lors d’un départ en mer. Bien des capitaines préfèrent alors attendre le lendemain ou, quand ils ont vu juste, le passage du grain qu’annonce ce présage.

Le jour où un chien de la famille meurt, personne n’entreprend aucune entreprise ou voyage, de peur de défier les ancêtres qui exigent qu’on fasse le deuil du chien défunt.

Tuer un cheval sans y être obligé par une nécessité impérieuse porte particulièrement malheur. De facto, les lossyans ne mangent en général pas de viande de cheval, sauf si la famine fait rage. Une astuce cruelle est de faire tuer les chevaux de boucherie dans les régions où on les consomme par des esclaves, pour que le malheur les vise en priorité. C’est une tradition hégémonienne, la région où on mange le plus facilement du cheval.

Pour beaucoup de lossyans, affranchir un esclave qui n’est pas particulièrement méritant d’un tel privilège est un acte remarquablement stupide qui offense le Concile Divin et attire le malheur.

Au départ d’un navire ou d’une caravane marchande, dans le sud de Loss, il est très malvenu que les conjointes et les filles des voyageurs soient présentes pour leur dire au revoir. Cela porte malheur, et c’est suffisamment grave pour devenir une source de conflit entre marins ou caravaniers quand une femme ose se présenter malgré le risque d’attirer le mauvais œil.

En général dans tout l’Etéocle, on considère qu’avoir une femme dans un corps d’armée (mais pas dans la marine) est un mauvais présage, sauf si cette femme fait partie des officiers. Aussi, mais dans une moindre mesure, si une femme civile participe à une bataille, ce qui revient au même pour les Etéocliens.

Pour les Conciliens croyants, il est de mauvaise augure de ne pas participer aux messes de l’Église, le Vendredi. Cela attire le malheur sur le foyer et pour éviter cela, on n’hésitera pas à insister fortement pour éviter de telles absences, quitte à aller chercher les absentéiste, qu’ils soient croyants ou pas.

Dans le Sud de Loss, on ne se lave pas au moins un jour avant de prendre la mer ou de voyager, car cela attirerait les mauvais esprits de la maladie.

Les Dragensmanns mais aussi les Etéocliens ont une coutume similaire : on ne se lave pas avant d’aller en guerre, pour la même raison. Et tant que le risque de bataille existe, on évite de prendre des bains.

En Hemlaris, le chiffre 3 est mal vu, car il a le même son que « malheur ». On évite de se lancer dans des entreprises au troisième jour du mois, on évite tout risque au troisième jour d’un voyage ; on préfère être à quatre autour d’une table, quitte à inviter un inconnu, etc…

4- Les Héros de Légende

On en évoque plusieurs dans le livre de base des Chants de Loss, citons par exemple le légendaire Eïm le Voyageur, ou la mondialement connue Lame d’Argent. Il y en a bien sûr d’autres, un peu partout et en faire le tour serait peine perdue.

On peut cependant en citer quelques-uns, décrits rapidement, dont le nom et les contes dépassent les frontières.

L’Ombre en Bleu

Le plus connu des voleurs d’Armanth, le personnage est en quelque sorte tout aussi ambigu que la ville où il commet ses crimes. On ne sait que très peu de choses sur le personnage, mais on parle de lui dans les journaux (qu’il ait fait quelque chose ou pas) au moins une fois par mois. C’est un peu une sorte de croquemitaine armanthien ; connu pour ses cambriolages de haut vol visant exclusivement la haute bourgeoisie de la ville, il l’est aussi pour avoir laissé derrière lui pas mal de morts, principalement des témoins gênants ; mais aussi pour des enlèvement et disparition de jeunes filles (et parfois de fils) de bonne famille, qui ont sans aucun doute finis asservis. De toute évidence, le bonhomme, qui sévit depuis dix ans sans jamais avoir été réellement inquiété par les Elegiatorii et les chasseurs de prime, ne travaille pas seul, mais avec une petite équipe qui assure la réussite de ses coups. Le surnom d’Ombre en Bleu lui vient que pour les rares personnes à l’avoir aperçu, il est vêtu, selon les récits, d’un manteau ou d’un large caftan bleu nuit. La prime sur la tête de l’Ombre en Bleu est conséquente, mais n’a rien donné encore. Il y a de fortes chances que ce malfrat et sa bande soient protégés par la Cour des Ombres. Certaines rumeurs, de fiabilité douteuse, prétendent qu’il sévirait aussi parfois dans les bourgs autour d’Armanth quand la ville n’est plus sûr pour lui, voire qu’il aurait commis quelques crimes sanglants à Samarkin.

La Mère des Draekyas

Voilà une légende qu’on aime bien se raconter en brodant dessus le soir, au coin du feu. La Mère des Draekyas est un conte de fée à la lossyanne, au sujet d’un personnage dont on ne sait presque rien, qui sévirait du côté des Plaines de l’Etéocle, mais aussi dans la Vallée de l’Argas. D’aucuns parlent d’une jeune fille amie avec ces fauves mortels, d’autres d’une sorcière puissante capable d’envouter même ces monstres et enfin, bien sûr, d’un démon Chanteur de Loss. Pour les plus initiés, de ceux qui disent que la Mère des Draekya existe bel et bien, il s’agirait surtout d’une jeune chamane qui serait venu du Grand Nord, et possèderait le double don unique d’être chaman et Chanteuse. Elle aurait erré dans toutes les Mers de la Séparation, certains disent à la recherche de ses parents, d’autres de son amant disparu, voire, pour certains récits, pour retrouver et se venger d’un amant cruel qui l’aurait asservie des années durant. Dans tous les cas, on raconte qu’elle apparait parfois à la lisière des forêts, pour venir donner, avec les trois draekyas qui la suivent partout, une leçon aux communautés qui auraient fait trop de mal à la nature ou aux êtres innocents. Bien entendu, quand un village est menacé ou attaqué par un vieux draekya solitaire, on attribue parfois l’événement à la présence vengeresse de la Mère des Dreakyas.

Le Mécaniste des Lacs

Allez savoir si ce personnage haut en couleur et fantasque existe, mais le Mécaniste des Lacs est une autre légende de l’Athémaïs, qui se raconte surtout autour des trois lacs de Harrim’dim. La légende raconte qu’un génie, nommé Filateres, ayant conçu plusieurs automates et machines merveilleuses, y compris des engins de guerre pour les puissants locaux, perdit toute sa famille lors d’une vendetta locale qui causa nombre de morts innocents. Ivre de chagrin, il disparut des années durant, pour réapparaitre occasionnellement, chevauchant un énorme automate piloté, son chef-d’œuvre, et ravager la petite ville de Lahen et le palais du prince local, un des responsables de la vendetta, avant de disparaitre en laissant la ville en feu. Depuis cette histoire, qui date d’une vingtaine d’année, le Mécaniste aurait réapparu une demi-douzaine de fois sur sa machine mortelle, pour s’attaquer à des princes ou des maitres-marchands belliqueux, ou encore ravager des campements de mercenaires en marche. Il aurait même, dit-on, décimé une légion d’Ordinatorii. Si les récits au sujet du Mécaniste et de ses exploits et merveilles sont si grossiers que personne n’y croit, il y a cependant des rumeurs qui disent qu’il travaille toujours, savamment caché, et prodigue son savoir et ses techniques à qui a les moyens de le convaincre qu’il fera usage pour une bonne cause de ses inventions. La notion de bonne cause change beaucoup selon les récits, mais le Mécaniste garde une aura de vengeur cruel, sombre et meurtrier.

Le Chasseur Noir

Autre légende à l’aura criminelle, le Chasseur Noir ne laisse aucune ambigüité sur le personnage. Universellement connu comme étant d’origine frangienne, le Chasseur Noir est un bandit de grand chemin et un pirate, qui sévit soit sur les grands axes et relais des routes de caravanes, soit dans les petits ports d’étape des routes maritimes. A la tête d’une petite armée privée qui change de cent à mille coupe-jarret selon qui raconte l’histoire, il écume toutes les côtes sud des Mers de la Séparation, et effraie même les princes-pirates de l’Imareth et les chefs de clans nomades des Franges. Quant à son nom, il le doit à une habitude que lui prêtent les légendes à son sujet, de toujours laisser en vie quelques personnes après un nouveau pillage. Il les fait se déchausser, les désarme, et leur laisse une journée d’avance pour fuir, avant de se lancer avec une meute de chien, quelques griffons et ses hommes les plus fidèles en chasse, n’hésitant pas à attaquer l’auberge ou le village où les malheureux se seraient réfugiés. Quant au sort qu’il réserve à ceux qu’il capture, les récits rivalisent d’horreur, de cruauté et d’inventivité à ce sujet, sans qu’on sache trop ce qui est réel dans la légende.

5- Les créatures mythiques

Après les humains de légende, les créatures de légende. Certaines sont admirées, d’autres craintes ou haïes. Les lossyans ont beaucoup de créature mythiques dans leurs contes, en voici juste un échantillon.

Les dreakyas

Ces fauves solitaires sont le symbole de la force sauvage et du danger mortel. Tous les lossyans savent qu’ils sont intelligents, retors, rusés, patients, assez malins pour tenir en échec la plupart des chasseurs et massacrer sans coup férir les plus imprudents d’entre eux. Voir un draekya et y survivre fait du témoin une sorte de porte-bonheur : s’il a été épargné par ce monstre, les autres dangers de Loss ne seront pas grand-chose. Arborer des dents de draekya est l’assurance d’être admiré et craint : elles sont rares et oser les porter sans avoir peur de mettre en colère d’autres draekya est un signe de courage –ou de folie. A noter que vu la taille de la créature, certaines dents font de parfait fourreaux de couteau ou manches pour des épées et armes courtes. Pour un homme ou une famille qui peut afficher une peau de draekya, ou une tête empaillée, il y a un véritable prestige. Les hommes les plus riches de Loss sont prêts à payer des fortunes pour s’emparer de ces trophées ; et il faut prévoir des fortunes car seules les meilleurs chasseurs traquent une telle proie. Pour cela, il faut toute une expédition, des chiens de chasse et des griffons de guerre, des hommes aguerris et des armes de qualité ; et il faut beaucoup de chance. Car un seul draekya, surtout s’il se sent en danger, peut éradiquer une caravane entière et disparaitre aussitôt sans avoir seulement été aperçu.

Les grands dragons

Selon les Dragensmanns, les dragens, leurs montures volantes privilégiées, ne sont que les descendants nains et atrophiés des véritables dragons, qui régnaient autrefois, du temps où les dieux marchaient avec les hommes. Et le moins qu’on puisse dire quand ils décrivent ces bêtes mythiques, c’est qu’elles furent, selon leurs récits, gigantesques. Pour employer une comparaison, ces dragons pouvaient attraper un longila dans leurs pattes et le soulever dans les airs sans effort. D’essence divine, ou magique, liés aux anciens chamans, ces créatures formidables, couvertes d’écailles ou de plumes selon les contes, pouvaient cracher le feu, la foudre ou la glace. Bien entendu, hors des Neiges-dragon, personne ne croit à ces histoires : après tout, on aurait dû voir ces créatures si elles existaient. Mais certains érudits pensent qu’elles ont pu arpenter Loss, il y a très longtemps ; les derniers seraient alors morts vers l’Ere des Magiciens, quand les Chanteurs de Loss dominaient les Cités-états et se faisaient la guerre. Un fait qui serait confirmé principalement par une preuve, dont d’aucuns doutent cependant : le trône du Haut-roi de Dragensvard est décoré d’une mâchoire dentée géante, de cinq mètres de haut et plus de deux mètres de large, qui est prétendue authentique.

Les morrows

Les morrows sont une superstition quasi universelle. Il s’agirait des âmes errantes des morts dont la dépouille n’a pas été traitée rituellement et qui n’ont alors pas pu rejoindre les Etoiles. Ils hantent les endroits désolés du monde où on a les oublié, appelant à ce qu’on se souvienne d’eux. Coincés entre deux mondes, ni vivants ni morts, ils amassent rancœur, terreur, souffrance et haine, et à force, ils finissent par désirer se venger des vivants. Tout érudit, prêtre ou savant vous affirmera qu’ils n’existent pas et que ce sont des fables de vielles femmes pour effrayer les enfants. Mais, dans les faits, bon nombre de témoins racontent leur terrible rencontre avec ces fantômes. Même si rien ne permets d’accréditer leurs récits, il y a trop de ces histoires et de morts et de rencontre étranges pour qu’on ignore purement et simplement l’existence des morrows. Il est d’ailleurs connu qu’on peut parvenir à les écarter, ou les faire fuir, par le fer et la lumière. Aussi, dans les bivouacs, il n’est pas rare que soit planté près du feu un petit piquet de fer, surmonté d’un feu d’artifice prêt à être allumé en cas de besoin, on ne sait jamais.

Les démons

Les démons sont bien réels pour les lossyans du culte Concilien (pour les autres, la notion n’a pas de sens). Cela concerne avant tout les Chanteurs de Loss et les Chamans. Les Chanteurs de Loss sont considérés comme responsable du Long-Hiver et la manifestation d’un pouvoir diabolique, par les Dogmes du Concile. Ce sont des rejetons démoniaques des anciens cultes que l’Eglise se doit de contrôler et mettre sous sa coupe. Les chamans, quant à eux, sont tous profondément, absolument, liés à une foi indéfectible et qui a un pouvoir réel sur Loss, un pouvoir que l’Eglise ne comprends pas. Un chaman peut faire des miracles étranges qui échappent à l’Eglise. Pour elle, puisque aucun don ne peut venir d’autre chose que du Concile Divin, les chamans ne peuvent pas être autre chose que des démons. Une chose particulière dans l’esprit des lossyans, c’est que les démons, en général, ne font pas exprès d’être de ce qu’ils sont ; ils ne sont pas animés par la volonté de faire le mal et de détruire, ils sont seulement les outils de l’Abime, leur existence, hors de contrôle, crée de la souffrance et de la destruction, même s’ils sont animés des meilleures intentions. Un démon n’est pas mauvais par intention. Il l’est simplement par essence, qu’il le veuille ou non.

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