L’éducation & les universités

Et voici un nouveau supplément gratuit, plébiscité par les fans de Loss au cours d’un sondage sur le groupe Facebook les Chants de Loss : après l’Exploration et la Cartographie et l’Art de la Guerre, il s’agit du 3ème pour lequel nos fans ont votés.

Nous allons donc reparler de l’éducation dans le monde de Loss, un sujet abordé dans le Livre du Monde, au chapitre la Vie Quotidienne des Lossyans. Commençons par démolir radicalement une idée reçue courante dans un univers de fantasy comparable à la Renaissance historique : l’analphabétisme n’est pas la norme. Si dans les régions les plus reculées, c’est une nécessité annexe face à celle de survivre, même les communautés rurales seront dotées d’une structure scolaire, souvent un temple, parfois une maison laïque, où les enfants vont apprendre à lire et écrire.

Finalement, il s’avère que près de la moitié des lossyans est alphabétisée, bien que majoritairement illettrée. Il faut ici faire une nuance, cependant : ce n’est pas parce que 40% des gens ont appris à lire et écrire qu’ils ne sont pas illettrés ; l’illettrisme concerne le cas des gens ayant été instruits et alphabétisé, mais qui ne maitrisent pas, ou plus, la lecture, l’écriture et le calcul. Et dans le monde de Loss, c’est souvent le cas : compter est toujours utile, mais lire et écrire, surtout si on n’a pas accès à des livres, ou une écritoire, se perd très vite. Le plus important est de connaitre le métier –parental le plus souvent, mais pas toujours- pour nourrir sa famille, pas de perdre son temps à dévorer les 42 volumes des légendes romantiques de l’Athemaïs.

Ainsi donc, pour une petite moitié de lossyans alphabétisée peu ou prou, il y a seulement 5% des lossyans qui sont véritablement éduqués ; c’est-à-dire qu’ils ont accès à une instruction de qualité, des études supérieures avec un accès à des professeurs et bibliothèques. Pour tous les autres, l’école, qui commence à sept ans, et les occupe en général seulement à mi-temps, pour pouvoir aider aux travaux familiaux, s’arrête vers 12 ans, au maximum à la 14e année, quand le lossyan est considéré adulte et qu’il est temps d’apprendre sérieusement le métier.

Ces écoles communes, qu’on oppose aux grandes écoles nommées universités, gérées soit par l’Église ou d’origine laïque, comme les écoles de guilde et de confrérie, ont cependant un rôle important : quand un écolier de talent exceptionnel est remarqué, tout sera fait pour proposer à sa famille qu’il entre au service de l’Eglise ou rejoigne une université. Les lossyans ont un respect certain pour la Vertu de Sagesse au sens large ; aussi, il est toujours regrettable pour eux qu’un individu prometteur soit perdu par manque d’éducation. C’est une sorte d’ascenseur social qui admet de faire des exceptions nécessaires, y compris pour les filles, à la règle que chacun doit rester à sa place.

Mais entrons maintenant dans le vif du sujet : les universités et l’éducation supérieure dans le monde de Loss !

Encart : qui est la moitié analphabète dans le monde de Loss ?

Sans surprise, il s’agit majoritairement des filles et des femmes, même si ce n’est pas toujours une constante. Si les familles les plus pauvres n’ont simplement pas les moyens de se priver de la force de travail de leurs enfants pour les envoyer à l’école, il s’agit aussi d’un choix culturel concernant les femmes : on juge inutile qu’elles aient accès à une éducation, une perte de temps selon le point de vue lossyan, pour qui une fille doit apprendre son rôle de femme et de mère. L’Église n’encourage d’ailleurs pas du tout l’alphabétisation des femmes ; ses écoles leur sont ouvertes pour l’instruction la plus basique, mais presque impossibles d’accès pour une éducation supérieure. Et ce n’est guère mieux en général pour les universités laïques où, bien souvent, les femmes étudiantes, rares, sont vues comme des anomalies. Et s’il faut choisir, par manque de place dans une école, entre filles et garçons, ce seront les filles qui seront sacrifiées.

1- Les écoles de l’Église

L’Église du Concile Divin a une très grande influence sur l’éducation générale et, partout où elle est présente, on trouve des écoles dédiées soit à l’instruction générale, soit à des études épiscopales. Ces dernières, les écoles épiscopales, sous la direction d’un abbé ou d’un Espicien, sont d’ailleurs le modèle des universités laïques qui fleurissent dans les cités-États depuis un siècle. Beaucoup de professeurs enseignant dans des universités laïques sont d’ailleurs issus du clergé de l’Église. Cependant, l’enseignement de l’Église est très spécifique, surtout du point de vue de la culture militaire et stratégique, une partie intégrante de ses principes.

Le Cursus militaire

Rappeler que l’Église est un ordre militaire qui compte énormément sur ses légions et leur efficacité est un peu répéter une évidence. La plus grande partie des Ordinatorii passe par les casernes des académies militaires de l’Église, où ils sont instruits en communauté depuis l’enfance pour devenir à partir de 14 ans des légionnaires accomplis et réputés l’élite des forces armées de tout Loss. En règle générale, ces soldats sont soit les fils des Ordinatorii vétérans, ou des enfants « abandonnés » par les familles les plus pauvres et encore des orphelins pris en charge par les structures de l’Église. Et elle ne manque jamais de recrues, loin s’en faut, produisant elle-même son lot d’orphelin par ses propres campagnes militaires.

Mais intégrer une académie militaire épiscopale est aussi un prestige et la portée d’entrée la plus recherchée pour entrer dans le clergé de l’Église. Par principe, il n’est pas possible pour un laïc d’entrer dans l’Ordinatori sans passer par une formation militaire. Celle-ci dure cinq ans pour la formation de légionnaire et entre trois et six ans de plus pour la formation supérieure, qui inclue une instruction étendue aux Lettres (les lettres sont la grammaire, la rhétorique et la logique) aux Arts (les arts sont les mathématiques, la géométrie, la musique et les sciences de l’ingénierie) et à la stratégie et au commandement. Cette instruction est connue pour sa dureté, voire sa violence. Il n’est pas rare que des élèves soient gravement blessés ou trouvent la mort en cours de formation ; la discipline est bien entendu elle-même particulièrement stricte, voire brutale. Les plus riches familles de l’aristocratie sont pourtant prêtes à payer cher l’Église pour lui confier ses fils et, bien entendu, l’Église en profite, échangeant une place dans ses académies contre dons et avantages généreux. Bien entendu, ces grandes familles attendent en échange de leurs dons et offrandes que leurs fils reçoivent la meilleure des formations et parviennent à de hauts rangs de responsabilité.

L’Eglise privilégie ces recrues et exploite à son profit cet avantage : l’aristocratie peut ainsi placer ses fils surnuméraires pour éviter les problèmes d’héritage et de partage de fortune et, en échange, l’Eglise grossit ses rangs d’officiers influents politiquement, dont certains poursuivront leurs études dans la prêtrise. Mais la hiérarchie religieuse de l’Église reste très hermétique : si on rencontre souvent des commandants de légions, les Espiciens issus de ces rangs sont rares et il y a peu de ces fils de l’aristocratie à être devenu Primarques dans l’histoire.

Le Cursus théologique

Le cursus théologique, qui est l’apanage d’écoles cléricales directement sous le contrôle d’abbés et l’autorité d’un Espicien et uniquement au sein des temples de l’Église, est très fermé. Pour y entrer, il faut honorer deux conditions. Soit avoir achevé sa formation d’Ordinatori, c’est-à-dire au moins cinq ans d’académie militaire au sein de l’Église ; le plus souvent, il faut compter en fait huit ans de service comme légionnaire, formation comprise pour avoir une chance d’être accepté. Soit avoir été remarqué par l’Église par d’excellents résultats scolaires dans l’enfance et avoir été invité à rejoindre directement les rangs de la prêtrise. Il n’y a pratiquement pas d’exception à ces deux méthodes de recrutement ; la majorité des élèves autorisés à suivre le cursus théologique concerne les enfants des Ordinatorii vétérans.

La formation théologique est particulièrement exigeante et se repose énormément sur l’apprentissage par cœur et la répétition. Et comme pour la formation militaire de l’Église, la discipline est autoritaire et sans pitié ; les plus fragiles ne tiennent pas longtemps dans ces écoles et sont alors poussés à la porte pour quitter les ordres. Les suicides sont rares, mais les accidents sont communs. Le cursus (sans compter une instruction basique) dure quatre ans pour les abbés et le personnel administratif du clergé, huit ans pour les prêtres et dix ans pour les inquisiteurs.

La formation des études théologique est assez large ; le tronc commun concerne l’étude des Dogmes et l’histoire des religions, la liturgie (la connaissance des rites), la catéchétique (la pédagogie religieuse de l’Église) et les Lettres (la grammaire, la rhétorique et la logique). Les prêtres étudient la philosophie, la théologie pratique et fondamentale, la justice épiscopale et le travail de missionnaire. A cela, les Inquisiteurs ont une formation étendue dans le domaine de la justice civile et épiscopale, la criminologie, l’interrogatoire, la rhétorique du droit et les sciences de l’ingénierie. On constate rapidement que les prêtres, même les plus jeunes, ne sont en mesure de prendre leur fonction que passé au moins une vingtaine d’années. Il n’est pas rare que cela soit plus tard, les études étant très exigeantes et les nominations se faisant selon la volonté du collège des doyens du clergé local.

2- Les universités

Les écoles laïques d’enseignement supérieur sont toutes appelées universités. On peut les intégrer à partir de l’âge de 14 ans, rarement moins. La plupart du temps, elles sont le fruit de la collaboration de guildes et de confréries, avec parfois l’aide matérielle de la Cité-État ou du temple de l’Espicien local de l’Église ; cependant, la notion d’école publique n’existe presque pas. Il faut rappeler que la majorité de l’enseignement professionnel se fait soit au sein de la famille, soit de maitre à apprenti. Les universités sont rares et n’ont guère de capacité suffisante à accepter plus de quelques milliers d’élèves pour les plus grandes, comme l’Aarhim’id, à Armanth. On comptera en général plutôt quelques centaines d’étudiants pour la plupart des universités.

Ces structures sont privées et décident aussi bien du contenu de leur enseignement, que de leur mode de recrutement. Ce dernier est assez simple : si l’étudiant est enfant d’une famille membre de guilde ou confrérie qui possède l’université, le coût annuel de ses études sera modique. Après tout, sa famille finance par ses cotisations les services de la guilde à laquelle elle appartient. Pour les étudiants dont la famille n’appartient pas à une guilde, par contre, les frais annuels sont élevés, parfois prohibitifs, et d’autant plus onéreux que la famille est riche !

Le cursus des génies

On aborde ce sujet en détail dans le Chapitre Les Génies de Loss du Livre du Monde, ainsi donc, rien de nouveau dans ce qui suit.

Les étudiants, qui ont été poussés dans cette voie par leur famille ou ont montré des dispositions aux Arts sont âgés de 10 à 13 ans quand commence la formation, d’une dizaine d’années en université, vivant et travaillant au service de leur maitre qui les forment aux arts et techniques, selon ses propres spécialités et connaissances.

Pour ceux des élèves montrant des dispositions à devenir génies, la formation est très dense et large et englobe la peinture, la sculpture, l’architecture, l’ingénierie civile, l’électricité, la mécanique, l’hydraulique, la science des matériaux, la chimie, mais aussi l’anatomie, l’optique voire de la zoologie, de la botanique et un peu de physique fondamentale. Chacun de ces talents est mis à contribution et appris sur le terrain, autant qu’à travers des cours magistraux et une mémorisation de monceaux de livres. Le disciple participe aux travaux, expériences et projets du maitre avec les autres élèves et apprend donc aussi bien sur le tas qu’à travers livres et documents.

Il y a peu d’universités à fournir ce cursus. Mais il est particulièrement honoré et considéré comme prestigieux, même s’il reste moins recommandé que le cursus des Lettres. Les génies sont très recherchés, d’autant qu’une grande partie de l’industrie lossyane dépend de leurs savoirs. Il existe cependant des artisans ingénieurs et mécaniciens spécialisés qui leur font concurrence, surtout dans le domaine naval et militaire, mais qui sont cantonnés à une technique, le plus souvent apprise sans aucune formation académique.

Par exemple, les opticiens et micromécaniciens sont très rares. Ce seront le plus souvent des génies, capables donc aussi bien de faire de l’horlogerie que tracer des plans de fortifications, ou peindre un plafond ornementé. Les confréries où se regroupent les génies -souvent dépendantes de grandes guildes marchandes- protègent sévèrement ces professions et leurs membres. Il arrive même qu’il soit interdit à tout type de génie d’exercer sa profession sans être membre de la confrérie locale. Le mécénat de la part de grandes fortunes laïques, religieuses ou aristocratiques y est fréquent.

Le cursus de physique

Précision nécessaire : la physique dans le monde de Loss est celle des physiciens, les connaisseurs de la nature, c’est-à-dire des professions médicales. Il n’y a aucun mot répandu pour désigner la physique et les physiciens en sens moderne du terme : ce ne sont pas des sciences pour les lossyans, mais des « Arts », qui concernent le domaine des génies.

Le cursus de physique commence par un tronc commun qui dure environ six à huit ans et englobe l’anatomie, la chirurgie, les soins corporels (oui, on parle bien des barbiers, mais aussi de la dermatologie et la chirurgie dentaire), l’hygiène (les principes généraux de la contamination et les méthodes de prévention des infections) et la pharmacologie. S’y ajoutent parfois des études de Lettres.

Une fois achevé ce cursus, déjà fort ardu et qui a tendance à laisser de côté pas mal d’étudiants qui abandonneront en route pour faire autre chose ou deviendront des charlatans vendeurs de remèdes miracles, les physiciens se spécialisent, ce qui va exiger en général trois à cinq ans de plus. Les spécialités ne sont pas si nombreuses ; hormis les cursus cités plus haut, on peut rajouter l’obstétrique qui est un domaine récent, la médecine symbiotique (très courue, qui concerne l’élevage, l’utilisation et les techniques liés directement aux symbiotes), la médecine du Haut-Art (qui concerne surtout l’hygiène et la nutrition des esclaves de luxe), et enfin la médecine infectieuse, encore très rare.

De manière assez analogue aux études médicales modernes, les étudiants en physique travaillent souvent sur le terrain, avec des maitres, au contact de malade sur lesquels ils doivent s’exercer et mettre en application les connaissances apprises à la dure. C’est d’ailleurs pour les gens peu aisés un bon moyen de se faire soigner à peu de frais que d’aller voir les hospices qui accueillent ces étudiants. Bien entendu, cela veut dire qu’on risque bien d’être soigné de manière médiocre… ou parfois pire ! L’étude anatomique et les exercices de chirurgie se font souvent sur des patients blessés, des condamnés à mort qui serviront malheureusement de cobayes et, plus rarement, sur des morts. Fort heureusement pour les patients en vie qui se retrouvent dans les pattes des étudiants, l’anesthésie, même assez sommaire, existe sur Loss et elle est souvent employée.

La plupart des physiciens ne se spécialisent pas et entreront au service d’une famille riche ou d’une guilde. Seule une petite minorité pousse ses études au maximum possible ; le fait est qu’elles coûtent très cher. Ces derniers sont très recherchés et il ne leur sera pas difficile de devenir assez riches. Souvent, pour payer ces études très couteuses, les étudiants empruntent auprès de leur guilde ou de la cité, en échange d’un certain nombre d’années de travail au sein des hospices qui lui appartiennent.

Le cursus de lettres

Le plus commun et le plus fréquenté des cursus, le cursus de Lettres est bien plus étendu que son nom le laisse croire. Hormis les classiques études de grammaire, rhétorique et logique, s’y ajoutent l’arithmétique, l’étude des langues, les lois, la magistrature, la littérature et la philosophie. Oui, cela fait un gros morceau. Mais ce sont les études les plus courues pour la bourgeoisie marchande du monde de Loss et une bonne partie de l’aristocratie qui n’a pas les moyens de se payer ses propres précepteurs ou le désir d’envoyer ses enfants à l’Église.

Pour résumer, ce sont les études des lettrés, des scribes, des comptables, des marchands et des magistrats, qu’ils deviennent avocats, notaires ou officiers de justice. Dans un monde qui produit toujours plus de littérature et commence à découvrir et apprécier de plus en plus aussi bien le métier de journalisme que la lecture de romans, les études de lettres ont le vent en poupe. Elles sont aussi notoirement galvaudées. Puisqu’elles sont les plus rentables, vu l’origine de la majorité des étudiants, souvent très aisés financièrement, ces études sont souvent prises avec légèreté par les fils de bourgeois ou les aristocrates qui considèrent, en quelque sorte, que la réussite de ces études leur est due, ce qui les dispense d’autres efforts que financiers.

Et pourtant le cursus de Lettres n’a rien de facile. Ce sont des études exigeantes, où la plupart des professeurs ont une obsession notoire d’excellence qui met les étudiants en forte compétitivité. L’ambiance est donc autoritaire, les examens ardus, le rythme de travail très impressionnant. Le cursus commun est donc vaste, complet, et dure sept ans. Les spécialités sont d’ailleurs assez courtes en termes d’études. La plus longue, l’étude de droit, exige seulement trois ans de plus. Et comme pour les physiciens, les étudiants en Lettres sont rares à se spécialiser, principalement parce que le cursus commun suffit amplement à pratiquement toutes les professions concernées. Se lancer dans une spécialité est donc un luxe, ou un objectif d’ordre plutôt politique à long terme.

Nombre de lettrés de haut niveau, surtout quand ils sont vieillissants, deviennent professeurs pour les universités, à mi-temps. Ils continuent leur activité professionnelle, qu’ils partagent avec un poste d’enseignant. Il ne manque pas trop de candidats pour ces postes, ainsi, il y a une certaine exigence de qualité pour les enseignants et il n’est pas rare qu’un professeur qui se montrerait peu compétent soit renvoyé sans ménagement.

3- La vie des étudiants

Nous avons abordé les conditions d’entrée dans les écoles supérieures et surtout le fait que cela coûte cher, est en règle générale très exigeant et prend du temps. Et bien sûr, tout cela a des influences sur les étudiants et leur mode de vie, que nous allons aborder ici.

 Se loger et vivre

Si la question ne se pose pas forcément au sein des académies de l’Église, qui loge ses étudiants dans ses casernes et ses temples, les étudiants des universités doivent le plus souvent se débrouiller seuls. Pour les élèves qui sont venus de loin, les guildes fournissent quelques logements communs, souvent peu glorieux et insalubres, fort chers et en règle générale insuffisants. Les autres doivent trouver eux-mêmes comment se loger, soit chez l’habitant, soit en se mettant en colocation. Vu les coûts des logements et les moyens des étudiants les plus pauvres, il n’est pas rare qu’une dizaine d’élèves dorment ensemble dans 25m2.

Une fois payé cela, il ne reste pas grand-chose à ces étudiants pauvres pour manger. Les frais scolaires et les fournitures pèsent lourd dans leurs finances, c’est sur la nourriture qu’ils vont économiser. Parfois, c’est même dramatique. Ainsi, il n’est pas rare que des bandes d’étudiants se forment en gangs de voleurs des rues ou d’extorqueurs, sans oublier la mendicité, très répandue, y compris pour les étudiants qui pourraient s’en passer, ce qui leur fournit de quoi arrondir leurs moyens de boire et passer du bon temps.

Les examens

Pour parvenir à obtenir les examens annuels qualifiant les études de l’élève, ce dernier doit soutenir avec succès un débat avec son maitre principal, puis passer un concours en devant répondre oralement aux questions d’un jury de professeurs, pour prouver qu’il a retenu le contenu du programme annuel.

Mais ce ne sont que les examens annuels ! Pour parvenir à devenir maitre, si les génies doivent présenter et défendre un chef-d’œuvre devant un collège d’experts, les étudiants physiciens et en lettres doivent rédiger, puis défendre, devant un jury des doyens de l’université, une série de commentaires de textes sur leur spécialité. Et enfin, dans tous les cas, pour prouver leur compétence, ces étudiants doivent donner une conférence sous forme de cours magistral devant l’ensemble des étudiants, afin de prouver que, comme tout maitre, ils sont capables à leur tour d’enseigner.

Est-ce que vous serez étonnés d’apprendre alors que, souvent, un bon moyen de passer par-dessus ces séries difficiles d’épreuves est de payer grassement les doyens et les maitres ? Bien sûr, cela se fait sous le manteau et c’est très mal vu légalement. Mais c’est d’autant plus répandu que la famille des étudiants est assez riche pour se le permettre.

La vie quotidienne

Et pour endurer tout cela, bien entendu, les étudiants profitent de leurs moindres congés et jours de fête pour se défouler du mieux possible. Dans la mesure où nombre d’entre eux n’ont pas vraiment les moyens de se payer des loisirs sophistiqués, ce sont les jeux de rue, surtout les jeux d’argent, l’alcool et les prostituées qui ont leurs faveurs.

C’est ainsi que, sans surprise, les alentours des grandes écoles fourmillent de tavernes bon marché, très remuantes, dont l’activité frénétique déborde très souvent dans la rue. Les jeux qui dégénèrent en bagarres et émeutes sont très nombreux, comme les incidents graves entre étudiants et propriétaire d’esclaves de bordels, ou souteneurs de prostituées.

Ces mêmes étudiants sont aussi très remuants, voire violents : mauvaises blagues, agressions, vols, bizutages brutaux, ne sont pas rares et font partie de la culture estudiantine, que ce soit par nécessité, ou par pur défi. Mais il y a aussi des choses bien plus concrètes qui naissent de leur vie quotidienne, car leur rôle politique, social et culturel se fait sentir partout où on trouve une grande université. Progressisme social et idées politiques novatrices naissent dans ce chaos favorable à l’éclosion de nouveaux concepts et de nouvelles revendications, qui sont d’ailleurs souvent ce que craint le plus le pouvoir. Ces étudiants savent parler, écrire, et n’ont souvent pas trop de mal à trouver comment imprimer et faire diffuser leurs idées à travers journaux et pamphlets. Et les autorités, qu’elles soient des cités-États, des guildes ou de l’Eglise, n’hésitent pas à intervenir avec la plus grande sévérité quand certaines idées trop révolutionnaires commencent à germer dans le milieu de ces étudiants.

4- Et cela coûte combien ?

Nous avons dit que cela coûtait cher, parlons donc un peu chiffres. Les prix qui suivent sont indiqués en Andris d’argent (aa) :

  • Admission dans une académie militaire de l’Eglise : entre 1500 et 10 000 aa (oui, oui, ça peut coûter 150 andris d’or… c’est une voie prestigieuse réservée aux plus riches)
  • Coût annuel en université, cursus des Génies : environ 100 aa pour un membre de guilde, 220 autrement.
  • Coût annuel en université, cursus de Physique : environ 90 aa pour un membre de guilde, 180 autrement.
  • Coût annuel en université, cursus de Lettres : environ 70 aa pour un membre de guilde, 140 autrement.
  • Frais logement et nourriture annuels : 30 aa pour le niveau de vie le plus bas et jusqu’à 400 pour les étudiants aux familles les plus aisées.

Au vu des coûts des études, il est facile de comprendre qu’une toute petite frange de la population, la plus aisée, peut se permettre de payer des études supérieures et encore, pas à tous ses enfants. Il existe des possibilités d’emprunts, à des taux plus ou moins préférentiels, auprès de sa guilde ou de sa confrérie, pour financer ces frais. Ces emprunts seront facilités selon la renommée de la famille ou l’excellence reconnue du futur étudiant. Mais, dans tous les cas, il faut pouvoir les rembourser par la suite, et il n’est guère aisé de pouvoir honorer une dette qui se sera élevée, par exemple, à la somme totale de plus de 70 andris d’or, pour un physicien ! C’est ainsi que certains étudiants finissent, pour de longues années, sous la tutelle complète de la guilde qui les as financés et qui peut leur imposer librement ses exigences en échange du remboursement de leur dette par leur service.

 

 

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