8- L’Hégémonie d’Anqimenès

Géographie

L’Hégémonie est un territoire vraiment très vaste, qui va de la Forêt sans fin au Nord aux Plaines de l’Etéocle au sud-ouest et des Mont Gémeaux à l’ouest aux marches de Gennema à l’est sur plus de 2000 milles. Le climat y est de tempéré à froid et l’Hégémonie connait régulièrement des hivers plutôt rudes et enneigés au niveau d’Anqimenès. Plus au nord, les neiges peuvent durer trois mois. Les étés peuvent parfois être assez secs, mais le climat reste en général tempéré froid avec quelques épisodes tous les huit ou dix ans d’hivers redoutables.

L’Hégémonie est divisée en six principales régions : le Concilianeum, très grande prairie particulièrement bien aménagée et considérée comme le cœur industriel et agricole de l’empire, qui connait cependant des hivers rigoureux, la baie d’Anqimenès, très peuplée et urbanisée autour de la grande capitale éponyme, cœur politique et spirituel de l’Eglise du Concile Divin, les Lacs Blancs situés au cœur de la Forêt sans Fin et qui sont une colonie Hégémonienne exploitant les lacs et les bois épais qui les environnent malgré des hivers longs et très rudes, les Forêts du Darmos, une partie de la Forêt de l’Elmerase sous contrôle de l’Hégémonie et d’où proviennent les métaux dont Anqimenès a un besoin constant,  le Ginnon, une péninsule connue pour son activité volcanique tumultueuse,  aux terres agricoles riches, mais souvent rendues inexploitables par les éruptions fréquentes,  et enfin les Rodhialis et Kalumna, deux îles, la première riche et verdoyante et la seconde désolée qui sont deux relais commerciaux très importants pour le trafic maritime de l’Hégémonie.

L’ensemble de cette région possède un réseau hydrographique important avec, dans les Forêts du Darmos, certains des plus longs fleuves des Mers de la Séparation. Ils sont cependant en général assez tumultueux et y naviguer est malaisé, privilégiant largement pour cette raison l’usage de navires lévitant qui en suivent le cours. Il y a aussi un grand nombre de régions sauvages, dont certaines désolées comme la Plaine Noire, ou une partie du Ginnon. Si l’Hégémonie est étendue en surface, sa population se concentre surtout au plus près d’Anqimenès et il y a des coins véritablement inexplorés. C’est aussi une région qui a connu beaucoup d’instabilités et de conflits passés qui ont laissé des traces. Il y a encore des villes entières qui ne sont plus que ruines abandonnées ou laissées aux princes-bandits qui pullulent dans les zones les plus sauvages de la région. Enfin, les grands troupeaux de longilas parcourent les vastes terres ouvertes entre la baie d’Anqimenès et les Plaines de l’Etéocle et les lisières des bois présentent de grands dangers eut égard aux fauves qui les hantent.

Politique

L’Hégémonie fonctionne comme un empire centralisé, avec une administration qui obéit aux ordres d’Anqimenès, et un réseau étendu d’officiers et d’administrateurs chargés de planifier toute l’économie et la politique de l’empire.

Cependant, c’est une machine si étendue qu’elle tends à se gripper toute seule au moindre couac. Les voies de communication et de ravitaillement ne pardonnent pas le moindre retard ou accroc, et forcément, plus on s’éloigne d’Anqimenès pour se diriger vers les frontières plus sauvages et peu peuplées de la région, plus il y a de problèmes venant ralentir, voire bloquer ce réseau. Et le plus gros de ces problèmes a toujours été le même : la guerre.

Si on y regarde de près, l’ensemble de l’Hégémonie fonctionne entièrement autour de la gestion d’un état de guerre permanente et d’une économique d’expansion et de conquête. C’est la seule culture et la seule région dans toutes les Mers de la Séparation qui ait besoin d’esclaves pour assurer le bon fonctionnement de son industrie, et sans un apport régulier, cette industrie ne peut plus assurer ses rendements. C’est en gros une sorte de fuite en avant et au premier écueil, cette machinerie tend à s’effondrer.

Cela donne d’une part de fréquents problèmes de ravitaillement et des disettes, voire des famines, d’autre part de gros souci d’intendance et de justice puisque tout est centralisé, créant le terreau parfait pour de la corruption locale, des soulèvements, des rebellions et bien entendu des pacifications violentes. Il y a des petits villages qui ont été entièrement dévastés et leurs habitants asservis sans pitié par les Ordinatorii et les grandes révoltes sont très rares surtout dans les grandes villes. Mais malgré cette crainte qui se rajoute à la peur superstitieuse des représentants de l’Eglise, ces événements ne sont pas rares aux frontières, qui, mal surveillés et gardées, sont aussi la proie de nombre de raids des voisons de l’Hégémonie, mais aussi de pillards et bandits. Bref, l’Hégémonie est un grand empire qui semble très ordonné, voire étouffant… mais plus on s’éloigne du centre du pouvoir, plus il semble chaotique et désorganisé.

Anquimenès

  • Capitale de l’Hégémonie, plus grande cité connue de tout Loss.
  • Pop : 1,9 millions d’habitants
  • Dirigeant : Les deux Consuls Impériaux, élus en majorité par les autorités de l’Eglise. Actuellement il s’agit de deux frères, Marcus et Halenus Atorides.
  • Forces militaires : 300 navires armés, dont 150 lévitant et leurs équipages et une douzaine de Béhémoths. 15 légions Hégémoniennes et 18 légions de l’Eglise totalisant 170 000 militaires.
  • Principe de la ville : le Cœur et le Centre spirituel de l’Eglise du Concile Divin.

Anqimenès est un monstre gigantesque à l’architecture riche et complexe, urbanisée avec un ordre et un soin maniaque. Blottie derrière les plus formidables murailles jamais construites, la ville est un ogre qui nécessite toutes les ressources de l’Empire pour subsister. Alors que c’est Armanth qui a parmi ses surnoms « La cité aux cent mille esclaves », c’est bel et bien Anqimenès qui en exploite le plus : presque un cinquième de sa population est asservie.

Anqimenès est visible de très loin, bâtie sur un plateau peu élevé à quelques milles des côtes. La cité est reliée à un vaste port par une large chaussée fortifiée et par des canaux provenant des fleuves Ardis et Silvae qui se jettent dans la baie. Le port est lui-même fortement militarisé sur la moitié de sa surface, et se prolonge dans les canaux en permanence entretenues. La baie est fleurie de centaines de mâts des navires mouillant sur place, dans un va-et-vient incessant pour fournir Anqimenès en matières premières et assurer le commerce de la plus grande cité connue de tout Loss.

Anqimenès elle-même est entourée d’une rangée de trois murailles massives et concentriques, au réseau de communication fortifié, avec des tours s’élevant à trente mètres et bardées de la plus formidable artillerie imaginable. Ces murs sont percés par les aqueducs fortifiés apportant l’eau à la cité, qui en a des stocks dans de grands réservoirs. Et au centre des grandes voies de communication partant en étoile dans les quartiers de la ville, se troupe le Temple du Concile, pareil à une cathédrale dont les plafonds et la coupole dépassent les cent mètres de haut et dont les flèches culminent pour certaines à deux cent mètres.

Anqimenès est une ville magnifique, mais à l’ambiance pesante. La lourdeur des règles et des Dogmes de l’Eglise affecte tout le monde, les quartiers qui divisent la population en classes sociales et barrées de portes gardées limitant la circulation donne parfois des allures de prison géante et le mépris affiché pour les très nombreux esclaves et indigents de la part des classes dirigeantes et de la population aisée, la discrimination sexiste constante-pratiquement toutes les femmes portent des voiles cachant leurs cheveux, parfois leur visage, et des vêtements couvrants- ainsi que la présence militaire constante rendent une ambiance assez oppressante. Pourtant, si on a les moyens et qu’on n’est pas gêné par ses lois, il y fait plutôt bon vivre et Anqimenès déborde de luxe, de richesse et de produits exotiques importés de toutes les Mers de la Séparation.

Le Concilianeum

Plaine agricole humide au pied des Dents de Khimshis, entre la baie d’Anquimenès et les Marches de Gennema, la région, à l’origine vaste étendue parcourue par des nomades et leurs troupeaux, a été radicalement aménagée en terre agricole au réseau de communication et de transport très dense. A ses frontières, les bastions de légions de l’Hégémonie pullulent pour empêcher tout incursion. Comme nous en parlons plus haut, si la plaine est très riche et fertile, en hiver, il ne fait pas toujours bon y vivre et le climat peut s’avérer rude. Les dégels causent souvent de gros soucis avec des routes devenant des bourbiers infâmes et seuls les navires lévitant peuvent alors circuler. Ce qui peut avoir des effets désastreux sur l’approvisionnement d’Anqimenès, qui dépend en grande partie de l’agriculture de cette région.

Les Lacs Blancs

Région froide et humide, constellée de lacs et de marais, les Lacs Blancs sont à la source de l’un des deux fleuves d’Anqimenès. Région très boisée, l’exploitation forestière y domine, mais les rives du fleuve Silvae sont aussi très agricoles, malgré un climat difficile. On pourrait croire la région, proche de la capitale assez calme, mais étant au cœur de la Forêt sans Fin, il s’agit de l’une des deux régions de l’Hégémonie à subir le plus d’incursions de pillards Dragensmanns, surtout sur ses frontières ouest. Ainsi donc, il y stationne nombre de garnisons, régulièrement déployés pour anticiper des raids qui se produisent pratiquement chaque année.

Les Forêts du Darmos

Les Forêts du Darmos sont la partie nord-est de l’Elmerase. L’Hégémonie a sur cette région un contrôle relativement limité. C’est-à-dire que dès qu’on s’éloigne des voies de communications et des cités pour s’enfoncer dans la forêt, celle-ci est sauvage et quasi inhabitée. En fait, ce sont surtout les routes longeant la Chaine des Mont Géméaux jusqu’à Octodurum, et la plaine de la lisière de la forêt jusqu’au Ferii Rupes qui sont civilisés et à peu près habités. Les côtes sont cultivés et relativement prospères mais la grande richesse de la région, ce sont les exploitations minières autour d’Octodurum et de Pax Darmae. Il s’agit cependant pratiquement du cœur de l’Empire, et tout le poids de l’Hégémonie se fait sentir où que l’on aille dans la région… tant qu’on n’entre pas dans les forêts sauvages.

Le Ginnon

De climat tempéré doux, océanique et accueillant, le Ginnon pourrait être un havre, s’il n’était pas une région volcanique terriblement active depuis ces derniers siècles. La péninsule est très habitée et couverte de terres agricoles fertiles ou s’égrènent petits villages et bourgs fortifiés dans des paysages vallonnés au pied de hauts volcans. Mais malheureusement, et de manière désormais régulière, ces derniers crachent des masses de cendres parfois épaisses d’un demi-mètre, pratiquement tous les quatre à cinq ans désormais. Les séismes et les coulées pyroclastiques sont presque annuels et la vie des habitants devient de plus en plus compliquée, les forçant à émigrer au nord et dans les Rhodialis. Pour le moment, pourtant, les habitants s’accrochent malgré les conditions de vie. Mais famines et épidémies suite aux éruptions deviennent de plus en plus fréquentes.

Les Rhodialis

Grande île luxuriante en face de Nashera et de son port le Parcis, les Rhodialis sont escarpées et vallonnée, mais rendues fertiles par les apports des cendres du Ginnon et une activité volcanique locale très modérée.  Le Haut-Port, une cité fortifiée de 10 000 habitants, grandit perpétuellement par l’appirt de réfugiés du Ginnon et est un carrefour de commerce naval particulièrement important entre les Plaines de l’Etéocle et l’Hégémonie. L’ile est vaste, mais très habitée et cultivée et chaque année, voit ses régions sauvages aménagés en terasses agricoles, tandis que la plupart des petites plaines côtières sont déjà occupées. Cela ne se fait pas sans heurt, car les habitants d’origine des Rhodialis sont farouchement indépendants et n’aiment pas du tout cette invasion de réfugiés. Les heurts ne sont pas rares et les Ordinatorii doivent souvent user de la force pour calmer les conflits.

Kalumna

Kalumna est la plus grande île d’un archipel habité depuis des lustres par des autochtones peu amicaux. Ruraux et isolationnistes, ils ne se mêlent guère des affaires du monde, et ne cachent pas leur hostilité à l’occupation Hégémonienne. Il n’y a guère de ressources dans Kalumna, à part quelques denses forets d’altitudes, et quelques bons coins de pèche. Mais Anqimenès y a trouvé des gisements de loss-métal et de platine et les exploite activement, ayant même crée un port pour cela, devenu un carrefour commercial assez fréquenté. A part ses autochtones et les habitants de Port-Kalumn, l’archipel est très peu peuplé, mais c’est dans les mines de Kalumna que sont envoyé mourir tous les criminels de l’Hégémonie.

Lieux particuliers :

La Plaine Noire : au sud-ouest d’Oenopons s’étend toute une vaste plaine infertile et au sol de cendre noire et de pierre calcinée et dévastée où émergent çà et là les ruines de cités anciennes dont il ne reste que les fondations. L’endroit est laissé à la faune sauvage de Loss mais même elle semble éviter ce lieu maudit où, dit-on, des moroïs gémissent par centaines toutes les nuits. La Plaine Noire est la région dévastée par le Chant des Abimes (voir histoire de Loss) et où se trouvait Antiva. Aucun lossyan, sauf les plus fous, n’irait tenter de s’aventurer dans cette région et mêmes les routes la contournent.

Le schasme : entre les Hautes-Marches et la Plaine Noire, servant de frontière entre l’Hégémonie et les Plaines de l’Etéocle, c’est un vaste marais particulièrement dangeureux, à cause de miasmes qui peuvent emporter un homme qui les respire en quelques heures. Personne ne les a jamais explorés bien entendu, mais quelques autochtones vivent à sa frontière nord et s’y aventurent parfois.

Les exculsanei : deux petites iles interdites d’accès, où se trouveraient des chantiers navals de l’armée Hégémonienne et des camps d’entrainement pour ses troipes d’élite, les Quaesitorii.

Paerga : l’ile, non loin des côtes du Ginnon, est cité ici seulement parce que des rumeurs persistantes parlent de Ruines Anciennes émergeant du sol partout sur ce lopin de terre si désolé que seuls les animaux marins, quelques pécheurs primitifs et les oiseaux y vivent. Mais on dit que l’endroit a servi et sert encore de relais à des expéditions navales et des raids de piraterie dans le Ferii Rupes.

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