Parias & pègre à Armanth

Tandis que l’on avance sur la rédaction du supplément Armanth, on corrige, on modifie et on rajoute aussi des choses. Si on en est à la rédaction finale pour une partie des contenus, on a pas fini : on est surtout en train de travailler à s’assurer du fond, avant de s’occuper de la forme. Oui, faudra relire tout ce bouzin, puis ensuite faudra le corriger. Pour rappel, tous ces textes ne sont pas définitifs, ce ne sont que des versions BETA des contenus du supplément à venir. Alors, oui, il y a des fautes, des coquilles, plein, mais quelque part, on s’en fiche un peu, c’est le fond qui importe. La forme c’est l’étape suivante, quand nous aurons tout rédigé et que viendra le temps d’une relecture complète avant la phase de correction. Si les fautes dérangent trop votre lecture, attendez la sortie du produit fini en version papier !

Parias & pègre à Armanth

Il n’y a pas que la Cour des Ombres à être à la tête de la criminalité dans Armanth et sa région et nous allons aborder un peu tout ce qui concerne la pègre dans la cité des Maitres-marchands, mais aussi dans la basse Vallée de l’Argas, sans oublier de parler des parias de la région, aussi bien bannis réunis en bandes que tribus côtières et montagnardes hostile à la civilisation athémaïs et aux vertus conciliennes.

1- La criminalité armanthienne

La Cour des Ombres a la mainmise sur tous les grands domaines de la criminalité d’Armanth, mais cela ne veut pas dire que, d’une part, elle contrôle toute la pègre et d’autre part, qu’elle est responsable de tous les crimes et trafics de la ville. Et pour cause, car, si on totalise toutes les personnes vivant d’activités peu ou prou criminelles dans Armanth, on atteint aisément plus de 15% de la population.

Ceci dit, là non plus, malgré ce chiffre impressionnant de pas loin de 180 000 hors-la-loi potentiels, la plupart se contente de petits larcins et de trafics divers et la grande majorité vivote dans une indigence plus ou moins constante. Seule une toute petite partie de cette population, peut-être moins du dixième, va réellement commettre des crimes violents, que ce soit enlèvement, coups et blessures, meurtres ou casses divers ou prendre des risques dans des trafics risqués, comme les drogues, que les lossyans nomment des « épices », ou encore trafic illégal d’esclaves, de produits frelatés ou encore d’enfants.

La Cour des Ombres est décrite plus loin dans cet ouvrage, donc non n’allons pas ici nous attarder : il faut juste savoir que la Cour des Ombres, si elle contrôle les activités criminelles et qu’il vaut mieux ne pas marcher sur ses plates-bandes, n’a pas la mainmise sur l’ensemble des malfrats de la ville ; on peut plus ou moins estimer ses effectifs complets à environ 25 000 personnes en comptant ses collaborateurs occasionnels. De plus, la Cour des Ombres a ses propres règles et son sens de l’Honneur ; il y a des choses qu’elle ne touche pas et elle punit sévèrement qui de son organisation s’y oserait. On peut citer, entre autres, le trafic d’enfants, les crimes sur un membre de l’Église, la violence sur des femmes et l’assassinat sur commande.

Trafics & contrebande

Au fait, hormis les épices (les drogues), on trafique quoi à Armanth ? Là, c’est assez simple : tout ce qui est taxé est forcément le sujet d’une contrebande et plus la taxe est élevée, plus cette contrebande est importante et organisée. Un bon exemple en est le sel. Indispensable à tout le monde, pas loin d’un cinquième de la production d’Armanth est sa région fait l’objet d’une contrebande pour éviter les taxes que la ville impose sur le commerce de ce produit. Au passage, cette contrebande permet aussi de trafiquer un sel de qualité moindre sans être embêté par les services des contrôleurs publics ; bref, tout le monde en profite. Et cet exemple s’applique à tous les produits taxés, donc aussi au marché des esclaves illégaux, c’est-à-dire ceux qui sont vendus et échangés sans documents administratifs en règle ou falsifiés, sans oublier le vin, la soie, le tabac, les épices et tout le marché d’exportation des produits de luxe manufacturés, comme la draperie et la manufacture de métaux.

L’autre forme de trafic concerne la contrefaction, c’est-à-dire la vente de produits dont la qualité réelle n’est pas celle prétendue ou déclarée. L’argent est un bon exemple de trafic de contrefaction : les lingots et barres d’argent sont fondus avec un degré élevé d’étain, de cuivre ou même de zinc et de plomb. Puis falsifiés pour passer pour des vraies barres certifiées et revendus aux artisans et orfèvres au prix de l’argent pur, à moins qu’ils ne soient complices et fasse des objets de qualité moindre, mais revendus au prix de la haute qualité. On peut aussi bien trafiquer de la farine, coupée de son, de sciure ou encore de craie. Ces contrefaçons, qui ont parfois des effets dramatiques sur l’économie, le social et la santé sont particulièrement poursuivies et il vaut mieux ne pas se faire prendre à jouer à ce jeu.

Encart : les épices :

En gros, les drogues diverses et variées sont soumises à certaines restrictions, plus ou moins respectées mais leur libre-circulation est fortement désapprouvée par l’Église. Si le tabac mélangé de feuilles de chanvre est considéré comme un produit de consommation comme un autre, la résine de chanvre, qu’on nomme à Armanth le nizar (oui, c’est du cannabis concentré) est mal vue. En fait, l’Église en interdit la consommation et Armanth en interdit la vente. Dans les faits, on peut en trouver partout et la seule différence avec le tabac, c’est que le nizar n’a pas pignon sur rue dans les boutiques. Mais il y a plus puissant et plus risqué, aussi bien dans les effets que dans les risques judiciaires : le chiasa (du LSD) est illégal, même s’il est facile à trouver. Mais c’est une drogue qui, en cas d’abus ou de mauvais effet, peut créer des drames terribles. On peut aussi parler du shando (de l’opium à fumer) qui est strictement interdit à Armanth, mais se trafique dans les maisons de fumerie illégales et fait pas mal de dégâts par ses capacités addictives. Il y a enfin une drogue de la Vallée de l’Argas, qui viendrait de l’Archipel San’eshe, le sisyfra (une très puissant anphétamine) qui exige des talents de traitement chimique assez conséquents et a des effets redoutables et violents sur ses consommateurs. Sa variante concentrée, nommée l’essence de mort, est une drogue qu’emploient tueurs et mercenaires pour amplifier leur fureur et leurs capacités physiques. La Cour des Ombres trafique le chiasa et le nizar sans se gêner ; elle ferme les yeux sur le shando et prends sa part sur les trafics mais par contre, elle interdit formellement le trafic du sisyfra par ses membres et chasse à vue qui oserait trafiquer de l’essence de mort.

Les risques de criminalité

Quelles sont les chances, alors qu’une personne se fasse, par exemple, détrousser, à Armanth ? Elles sont plutôt élevées pour tout ce qui concerne les vols à la tire ou à l’arrachée : il vaut mieux être prudent si on porte sa bourse à la ceinture sur un marché. Et il vaut mieux être escorté si on ne veut pas se faire arracher son mantel d’étoffe brodée par un petit voyou agile et preste. C’est vraiment courant, alors si vous avez envie de faire courir vos joueurs, n’hésitez pas : les pickpockets sont doués, mais il est souvent plus facile d’arracher une bourse que de la voler sans que sa cible s’en aperçoive. Les voleurs sont organisés, celui qui vole est couvert par des complices qui vont courir, bousculer, créer une diversion et s’éparpiller dans les ruelles qu’ils connaissent bien. De quoi occuper efficacement un groupe de PJ en train de faire leur marché.

Pour les crimes plus violents ou dangereux, il s’avère que, sauf à la rigueur concernant les vols à main armées dans des coins de rue le soir, ils sont beaucoup plus rares. Armanth n’a finalement pas mal de gardes et de vigiles qui tuent et discutent seulement après : le malfrat qui se fait rattraper a peu de chances de voir un tribunal. Les crimes et trafics les plus criminels et dangereux sont finalement assez peu visibles du quidam moyen. Ce dernier ne risquera en général pas sa vie autrement que dans des bagarres de rue et des règlements de compte. Cela le veut pas dire que la mortalité criminelle n’est pas élevée : on ne va pas donner des chiffres qui seraient peu représentatif, mais la mort violente reste assez courante à Armanth ; simplement, la criminalité organisée n’est pas la cause principale des morts violentes. Avant tout, il s’agit des meurtres plus ou moins accidentels, meurtres familiaux et mort en émeute ou en bagarre. Le crime organisé n’y arrive qu’en quatrième position.

2- La criminalité dans la basse vallée

Les petites villes autour d’Armanth n’ont pas de réelle Cour des Ombres qui puisse se comparer aux grandes cités-État, dans le sens où la criminalité et les trafics y sont nettement moins organisées et où lesdites Cours, même en se prétendant l’être, ne comptent guère en général plus de quelques dizaines de membres. Elles sont d’ailleurs souvent plus ou moins assujetties au Prince de la Cour des Ombres d’Armanth et qui ne veut pas reconnaitre l’autorité de ce dernier court rapidement aux ennuis mortels. On y retrouve cependant à peu près les mêmes activités et un taux de criminalité assez similaire, peut-être moins fréquent et moins structuré.

Dans les zones rurales, la petite criminalité est plutôt occasionnelle. Ce qu’on va retrouver le plus, c’est la production et le trafic d’épices et les petites magouilles. Sur les routes, par contre, c’est le domaine des bandits de grand chemin et des pillards. Parfois organisés en véritables petits clans disposant de leur propre camp fortifié, dans des ruines ou d’anciennes fermes, ils se disputent des territoires où ils choisissent avec soin qui piller et qui rançonner. Ces groupes sont réellement dangereux même si, avant tout, ils cherchent à faire peur pour éviter d’avoir à tuer et, donc, prendre des risques. Les milices et gardes rurales des princes de la région ont beaucoup de mal à assurer la sécurité des routes et des chemins : dès qu’on s’éloigne d’une journée d’une zone urbaine, le risque d’une mauvaise rencontre de ce genre n’a rien de négligeable, même si on peut toujours négocier avec des bandits de grand chemin afin de s’en tirer à – relatif – bon compte.

Quant aux bandes de pillards et de chasseur d’esclaves, elles sont peu nombreuses mais nettement plus dangereuses, puisqu’elles visent à s’emparer de tout ce qui peut être une richesse et s’attaquent aux communautés rurales et aux campements isolés, avant de disparaitre et aller revendre leur butin plus loin. Ces bandes armées n’ont aucun honneur, aucuns scrupules et n’hésitent pas à tuer et semer la terreur pour arriver à leurs fins. Il est difficile de les arrêter et cela demande en général des hommes en armes audacieux et expérimentés, ce qui coûte cher.

3- Les parias

Il n’y a pas que les chamans et les Chanteurs de Loss, ou encore les terriens perdus, à être des parias. En fait, tous sont des cas assez uniques : ils sont parias aux principes des lois conciliennes et n’y ont aucune place mais ils sont si rares que le cas qui les concerne n’est que rarement pris en compte. Ils sont plus des légendes, des sujets de récits, de curiosité et de peur, que des cas sociaux avérés.

Ce n’est par contre pas le cas des reclus, comme les esclaves en fuite et, principalement, les exilés et les bannis. Punis par la justice ou par l’opprobre publique, ces parias sont connus et identifiés : condamnés à vivre en dehors de la société, soit par leur propre famille, leurs voisins ou par la loi, souvent pour un crime assez grave pour justifier leur peine, ils savent qu’ils n’ont que peu d’espoir de recevoir d’aide de la communauté, quand ils ne sont pas chassés à vue dès qu’ils approche du premier village venu. Quant aux esclaves en fuite, si jamais ils venaient à être reconnus pour ce qu’ils sont, eux aussi seraient chassés, soit pour l’exemple, soit pour la prime ou la simple valeur financière qu’ils représentent.

Aussi, ils s’organisent de leur mieux. Avec la complicité généreuse ou intéressée de voisins, de la famille, de membres compatissants de l’Église ou encore de rebouteux et ermites divers, ils vivent en marge, dans des petits hameaux très bien cachés, plus ou moins auto-suffisants. Forcément, ils sont une proie idéale pour les pillards et les chasseurs d’esclave, aussi, ils sont très méfiants et hostiles dès qu’on s’approche de leur refuge ou qu’on se mêle de leurs affaires.

Bien entendu, parmi ces gens, il y a des terriens perdus, des Chanteurs de Loss, parfois même des chamans, qui fréquentent et aident ces parias. Aussi, même si les parias sont avant tout de pauvres hères bien peu soutenus, vivant une vie misérable et risquée, ils n’en sont pas moins parfois réellement dangereux et, tant qu’ils ne menacent pas la sécurité publique, les milices évident de s’y frotter.

4- Les tribus « barbares »

Parmi les parias se trouvent les communautés humaines tribales qui ignorent plus ou moins volontairement la civilisation concilienne et n’ont guère envie d’en savoir quoi que ce soit. Et, bien entendu, il y en a dans la Vallée de l’Argas, vivant reclus dans les montagnes, au plus profond des forêts ou encore dans les criques isolées des côtes les plus arides et inaccessibles.

Barbares, ils ne le sont en général pas tant que cela : ces tribus, qui font rarement plus de cent cinquante individus dans la vallée de l’Argas, commercent et échangent occasionnellement avec les autres lossyans. Ces individus connaissent leurs voisins plus civilisés, n’ignorent rien des bases du monde de loss, savent souvent parler l’athémaïs et se débrouillent fort bien dans les connaissances techniques et les sciences rudimentaires, souvent mieux qu’un ouvrier urbain, sans compter que leur capacité à survivre à la nature sauvage de loss est hors-norme.  Mais si on les traite de barbare, ce n’est pas juste à cause de leur apparence et de leur mode de vie tribal et un peu « primitif : ils font montre d’une grande méfiance quant à ceux avec qui ils veulent bien négocier et sont d’une prudence paranoïaque et agressive avec tout ce qui pour eux leur parait étranger, c’est-à-dire tout le monde, et qui entrerait sur leur territoire, c’est-à-dire n’importe qui. Et puis, quand ils passent une mauvaise saison, ils vont piller dans les fermes et villages ce qui est nécessaire à leur propre survie et, en général, font cela avec talent, efficacité et cruauté.

Ceci dit, des tribus barbares, il n’y en a que peu : les lossyans les chassent, aussi bien pour se débarrasser d’un problème de voisinage dangereux, que pour les asservir. Il arrive parfois, que ce soit pour s’emparer de leurs territoires, mais c’est plus rare ; il y a bien encore assez de terrain non colonisé pour que cette avidité ne soit pas la justification principale. Aussi ces tribus, soumises à une pression démographique qui s’intensifie et un voisinage dangereux, s’enfoncent toujours plus loin dans les régions les plus sauvages et isolées, mettant en péril leur propre pérennité. Mais cela, les lossyans s’en fichent pas mal ; il n’y a personne pour défendre la cause de ces tribus barbares… sauf à la rigueur pour expliquer qu’il faut aller les civiliser.

 

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