Présentation de l’Athémaïs et d’Armanth

On a commencé la rédaction finale du supplément Armanth, alors, autant vous en faire profiter, avec un premier chapitre qui brosse un portrait général de l’Athémaïs, et de sa capitale, Armanth, en guise d’introduction !

Présentation générale

Nous n’allons pas répéter ici les informations contenues dans le livre 1 : le Monde de Loss. Y sont présenté l’Athémaïs et Armanth, avec un portrait relativement bien brossé de cette grande région culturelle. Vous aurez donc retenu que l’Athémaïs est une région fertile au climat méditerranéen, qui s’étend toute en longueur, barrée au nord et à l’est par la Mer des Séparations, à l’ouest par les montagnes du Jebel’himm et au sud par le Dae’shaï, le grand désert des Nomades des Franges. Si le présent ouvrage va se concentrer sur Armanth, vous y trouverez aussi dans ses pages un portrait détaillé de l’Athémaïs, ses principales régions, ses grandes villes, sa culture, sa politique, ses intrigues et ses mystères.

1- L’Athémaïs en quelques mots

L’Athémaïs, c’est assez vaste : c’est une bande côtière, d’environ 1550 km d’est en ouest, pour une largeur du nord au sud qui varie de 200 à 600 km. L’hiver y est doux et la neige est un phénomène très rare en plaine, sauf occasionnellement dans la basse Vallée de l’Argas. L’été peut être très chaud, mais n’est qu’assez rarement accablant, sauf quand on descend vers le sud-ouest et les limites du désert. La seule période de l’année avec un climat un peu difficile est la période entre la fin de l’été et le début de l’hiver, avec la saison des pluies, une mousson venue de la Mer sans Fin qui arrose tout l’est de l’Athémaïs pendant une cinquantaine de jours et peut même inonder les franges désertiques.

Pour décrire l’environnement, le climat et les paysages de l’Athémaïs, pensez à la Provence, en France, à la Toscane italienne et aux côtes du Maroc. Les montagnes du Jebel’himm et les collines à l’ouest sont assez semblables aux Monts Atlas. Tout l’est, depuis la Vallée de l’Argas jusqu’au Détroit des Furies est vert et plus on va vers l’est, plus le climat est humide, presque sub-tropical.

Enfin, l’Athémaïs compte deux chaines de montagnes qui représentent, à elles deux, un quart de son territoire. Les Montagnes de l’Argas coupent la région en deux et signalent la frontière, aussi bien géographique que culturelle, entre l’est et l’ouest de l’Athémaïs. Quant aux collines et aux montagnes du Jebel’himm, il s’agit non seulement de la frontière ouest, mais aussi de celle du monde connu. Derrière, commence le Rift et la Terra Incognita. Les sommets de l’Athémaïs ne sont pas particulièrement élevés : on ne doit y compter qu’une demi-douzaine à atteindre ou dépasser les 2500 m d’altitude. Ils sont cependant particulièrement abrupts, surtout les Monts de l’Argas. Enfin, le volcanisme est très faible dans la région. Si on peut en sentir les effets vers la frontière avec le Rift, il n’y a aucun volcan actif à l’est et seulement quelques sources chaudes ou sulfurées, très recherchées par l’industrie. Par contre, les séismes ne sont pas rares ; ils sont dans l’immense majorité des cas faibles, voire anodins, mais quelques secousses ont déjà provoqué des ravages, surtout le long du fleuve Al’harrin, la région la plus instable géologiquement de tout l’Athémaïs.

Encart : quelques notes météo.

L’Athémaïs nomme deux vents particuliers, le vent du sud, venu du désert, qui s’appelle le Socco. Il souffle surtout en fin d’hiver et apporte chaleur étouffante et sèche et sable et poussière. Quant à l’autre vent, c’est celui de l’est, venu de l’Océan Infini, nommé le Fraio, qui souffle lui aussi en hiver, surtout dans la Vallée de l’Argas et annonce la fin de la saison des pluies. Il apporte quelques chutes de neige dans la vallée et jusqu’à Armanth. Tous les quatre ou cinq ans, le Fraio n’apporte pas de neige mais s’accompagne d’énormes nuages pluvieux qui s’étalent jusqu’à Samarkin et les Marches d’Applerine, avec des tempêtes subtropicales particulièrement intenses et ravageuses.

Cultures & architecture

Les athémaïs sont un notoire melting-pot d’ethnies diverses, avec des origines très variées. On distingue principalement des peuples méditerranéens, étrusques et hellènes, des moyen-orientaux, magrébins et perses, et des métissages avec les peuples éthiopiens et aksumites des Franges. Ceci dit, on trouve désormais de tout ; dans le dernier siècle, l’immigration économique a favorisé d’intenses brassages culturels et il n’y a bien que les métissages avec des Hemlaris qui soient exceptionnels. Le reste, même peu commun, n’étonnera personne. Et comme les athémaïs ont un esprit très ouvert vis-à-vis de cela, les métissages et la couleur de peau sont le cadet de leurs soucis.

L’architecture et les styles de vie de l’Athémaïs sont eux aussi un mélange exotique et assumé. Ici, prédominent deux grands courants et, pour les décrire, imaginez que l’Italie de la République de Venise, au XVème siècle et la Constantinople de l’Empire Romain d’Orient, avant sa chute, se soient percutés frontalement pour se mélanger de manière désordonnée. Le résultat, c’est la culture et l’architecture de l’Athémaïs.

Ceci dit, le mélange n’est ni parfait, ni équilibré. Comme nous l’évoquons plus haut, il y a deux parties à l’Athémaïs, séparées par les Montagnes de l’Argas, qui forme, véritablement une barrière culturelle, même si elle s’avère fort poreuse.

Pour faire simple, l’ouest de l’Athémaïs, à partir de Samarkin, est la région historique, d’influence très byzantine. Vous pouvez penser à l’empire Ottoman, à Constantinople et aux palais et jardin de la Syrie du XIVème siècle. Bref, un monde fortement influencé par le Moyen-Orient de la Renaissance. Quant à l’est, à partir d’Armanth, qui est en fait une région très jeune en terme de développement, et qui fut pendant longtemps considérée par le reste de l’Athémaïs comme un territoire barbare et arriéré, c’est clairement le décor de l’apogée de Venise et de la Renaissance italienne. Pensez à l’opulence architecturale de Florence, au XVème siècle et vous y êtes.

Ceci dit, le mélange des genres est notoire, du simple village aux plus beaux palais : on retrouve beaucoup d’architecture évoquant des domaines romains, les insulae, avec des toits de tuiles rouges, des colonnades, mais aussi l’influence orientale des arcs polylobées ou en fer à cheval pour les portails et les façades. Les cours intérieurs avec jardins et plans d’eau, promenades couvertes à colonnes et arches sont la norme dans les domaines, qu’ils soient urbains ou ruraux. Les bâtiments officiels se parent de coupoles, qui cohabitent avec les tours et les clochers des beffrois, avec des intérieurs voutés et largement éclairés de fenêtres délicatement ouvragées. On emploie, pour les murs, le plus souvent la brique de terre, couverte d’un enduit peint et parfois orné de motifs de couleurs vives. La mosaïque, figurative ou non, pour la décoration des sols, des murs et des arches est un luxe que s’offrent toutes les personnes avec un peu de moyen. La pierre est réservée aux bâtiments officiels les plus hauts et aux murs d’enceinte, plus rarement aux fondations et au rez-de-chaussée dans les milieux ruraux. Les huttes de torchis et au toit de chaume se retrouvent ici et là, mais le plus souvent pour les annexes : étables, ateliers, réserves. Seuls les habitants les plus pauvres se contenteront de ce genre de constructions fragiles et incertaines. Pour les athémaïs, une belle maison, à même de recevoir des invités, même si on manque de moyens, est un élément indispensable du sens de l’hospitalité.

Ceci dit, quand on va vers l’est, le bois s’invite de manière de plus en plus importante dans la construction. Plus facile à travailler que la pierre, moins dépendant du soleil que la fabrication de briques, il permets de construire des étages légers et d’entretien facile, en colombage, avec du torchis, qu’on retrouve beaucoup dans les milieux urbains, pour les maisons des habitants moins aisés. La technique ayant bénéficié fortement de l’essors des techniques modernes de construction et d’assemblage, on retrouve ces maisons à étages en colombages dans toutes les cités de la Vallée de l’Argas.

Population & styles de vie

Nous n’allons pas ici nous étendre beaucoup sur le sujet, car il va être détaillé pour Armanth, puis pour l’Athémaïs, dans leurs chapitres respectifs. Nous allons juste ici faire quelques rappels, pour vous rafraichir la mémoire.

Concernant la population, la différence majeure entre athémaïs de l’est et de l’ouest réside plus dans les styles vestimentaires. On retrouve les mêmes inspirations pour les vêtements que pour l’architecture. On note aussi les différences d’accent de leur parler athémaïs, avec des consonances plus moyen-orientales à l’ouest, plus italiennes à l’est. Quant à leur apparence physique, elle reste très similaire : à l’ouest les habitants se rapprochent des orientaux du Levant, avec un métissage avec les frangiens qui leur donne une couleur de peau plus foncée ; à l’est, les habitants ressemblent un plus à des méditerranéens avec une peau un peu moins hâlée. Mais il est très courant de se tromper, ceci dit.

Dans l’ensemble, les athémaïs ont une culture qui, toutes proportions gardées avec la moyenne des peuples conciliens, est notoirement progressiste. Ils sont curieux, ouverts d’esprits, franchement peu xénophobes et nanti d’une véritable passion pour tout ce qui concerne le commerce, les échanges culturels et l’exploration. Autre trait, qui souvent les fait passer pour des couards aux yeux des autres lossyans, les athémaïs ne prêtent aucune vertu à la guerre et à la force militaire. Ils ont une façon bien à eux de régler leurs conflits, mélange de menaces, de raids de mercenaires, de négociations diplomatiques et de toutes les sortes de coup bas nécessaires pour ne pas avoir à lancer un conflit frontal entre princes et cités-États. La raison, de leur point de vue, en est simple : la guerre c’est mauvais pour le commerce et cela détruit la culture et les sciences, autant qu’elle fauche des vies.

Concernant le rapport entre les genres, et surtout les traditions sexistes, là encore, l’Athémaïs fait figure de culture progressiste. Si elle n’en reste pas moins farouchement patriarcale, les exceptions concernant des femmes à la tête de grandes familles ne sont pas rares, sauf chez les Beys, très traditionnalistes. Si les mariages restent des arrangements économiques et politiques dans la bourgeoisie et l’aristocratie, le divorce, surtout dans l’est de l’Athémaïs, n’est pas impossible, sans compter les séparations de fait. La place de la femme reste, dans l’ensemble inférieure à l’homme dans les relations de pouvoir et la représentation politique ou professionnelle, mais elle permet pourtant assez aisément des exceptions qui ne choquent que les lossyans les plus fermés ou réactionnaires. On est très loin de l’égalité, mais on se rapproche lentement d’une reconnaissance réelle et respectée, avec une protection légale, le droit de porter plainte en cas d’abus ou de violence domestique, le droit de propriété et de fonder une entreprise et, même, le droit d’héritage, même s’il reste rare.

Enfin, si les lois nous paraitront dures au regard de nos coutumes d’occidentaux du 21ème siècle, ces dernières accordent un minimum de droits à tout un chacun, avec une forte disposition à éviter une domination tyrannique des grands propriétaires sur leurs paysans et ouvriers. Il n’y a aucune forme de servage, pas plus que de travail forcé institutionnalisé, dans l’Athémaïs. Cela n’empêche cependant pas l’esclavage, traditionnellement très respecté, qui reste un esclavage domestique et de prestige et non pas industriel et économique. Il est finalement peu répandu ; les travaux forcés comme sentence pour les pires criminels et prisonniers de guerre, dont dépend tout un pan minier, surtout dans l’extraction du loss-métal, restent une exception.

Encart : et les Gillys ?

Si les Confréries de Courtisans sont nées à l’origine en Hemlaris, c’est dans l’Athémaïs qu’elles se sont principalement mises à prospérer, sous la protection active de la Guilde des Marchands. Armanth abrite d’ailleurs sans doutes la plus riche d’entre elles, mais on en retrouve partout dans les grandes cités. Les athémaïs n’ont pas de problème particulier avec l’homosexualité ; il y a une minorité d’homophobes indécrottables, il y a beaucoup de gens qui simplement voient cela d’un œil réprobateur à cause de l’image sociale et des problèmes que causent les relations homosexuelles mais il y a aussi une majorité de gens qui s’en moquent un peu, tant que le sujet reste discret et ne vient pas éclabousser trop fort le domaine public. Oui, cela veut quand même dire que les gillys sont forcés de se faire discrets et ne peuvent s’afficher en public. On admettra sans le leur reprocher qu’ils soient homosexuels et qu’ils désirent l’assumer, mais on ne leur pardonnera pas de l’afficher au grand jour. Les établissements des Courtisans et leur personnel, souvent gays, transgenres ou alliés des gillys, constituent alors un havre où se réfugier et même, pour les homosexuels et autres intersexués subissant un opprobre familial, un moyen de se trouver non seulement un emploi et un refuge, mais une nouvelle famille.

Mode et vêtements

Les références vestimentaires de l’Athemaïs sont proches de celles de la méditerranée moyen-orientale, mais Armanth a ses propres coutumes, qu’on retrouve dans toute la Vallée de l’Argas. Y domine cependant l’usage du caftan, longue tunique ou robe, aux multiples déclinaisons qui existe dans des variantes pour hommes et femme, du sarouel, pantalon ample et bouffant et du criaffa, pantalon assez prêt du corps, souvent de soie ou de lin fin et léger, des tuniques et chemises amples à jabot ou à manches bouffantes, et enfin du jeta, la jupe traditionnelle des hommes, souvent faite de lanières et de pans de cuir, qui s’arrête en général au genou, mais peut descendre aux chevilles. Les couleurs noires et les bleus nuit, surtout rehaussé de jaune ou d’or y sont recherchés, les couleurs les plus vives sont l’apanage des gens aisés et, sauf pour des accessoires, on évite les rouges trop vifs ou profonds. Le rouge cardinal est la couleur des membres des Agoras, les princes, les Pairs et les Beys. On évite parfois le bleu ciel, couleur du deuil. Le blanc est réservé, le plus souvent, aux manteaux et aux capuches pour se protéger du soleil ; les vêtements d’un blanc pur sont perçus comme un caprice de riche dispendieux.

La plupart des athemaïs portent un joyeux mélange des inspirations athemaïs et armanthiennes et il n’y a que dans les cercles traditionalistes les plus fermés ou isolés qu’on verra des gens vêtus uniquement selon les codes athemaïs stricts. La plupart des gens ont, en fait, plutôt tendance à s’habiller de manière plutôt variée et diversifiée, au gré des modes et des nombreuses influences de la région. Bref la diversité et l’excentricité, dans l’Athémaïs et surtout à Armanth, ne vont guère parvenir à choquer. Néanmoins, il y a quelques normes qu’on retrouve partout.

Pour les tenues féminines, si porter une robe à corset et jupons est courant, une femme aura toujours un criaffa en dessous. Les escarpins, bottes et bottines à talons existent (mais en aucun cas les talons-aiguille : ça n’existe pas dans Loss !), mais les athemaïs préfèrent largement les chaussures légères : sandales, babouches et chaussons. Le jabot de dentelle ou de mousseline orne souvent le cou des femmes, par-dessus un chemisier de lin, parfois translucide. Les décolletés et épaules nues sont assez peu répandus ; ce n’est pas une coutume de l’Athemaïs et, même à Armanth, c’est parfois considéré comme impoli. Le caftan pour les femmes est souvent près du corps et toujours long, jusqu’au sol, mais ouvert sur le devant, souvent déboutonné à partir du bassin ou des cuisses pour marcher aisément. Il est souvent retenu par un serre-taille ou bustier court lacé, agrémenté d’une ample ceinture décorative. Il est même parfois découpé en pans, avec une doublure aérienne de dentelle et, plus on est riche, plus il est brodé de motifs complexes. Les caftans les plus modernes n’ont que des demi-manches tombants, laissant les bras nus. Ils sont alors portés avec des chemisiers bouffants à manche de dentelle et des gilets richement ornementés.

Pour les hommes, le caftan est souvent porté ouvert, par-dessus un chemisier ample, avec un sarouel ou un jeta par-dessus des chausses solides. Là encore, traditionnellement, les bottes sont peu recherchées, sauf pour des raisons utilitaires ; on leur préfère des chaussures plus légères. Les hommes portent aussi des gilets brodés, principalement à but ornemental et ceignent leur taille d’une ceinture de couleurs vives, le plus souvent au-dessous d’un ceinturon de cuir et de leurs effets personnels. La ceinture cache efficacement un poignard. Mais comme dit plus haut, il n’est pas rare que la tenue masculine se limite à des pantalons, un jeta et un gilet à même le torse nu, ce qui est considéré sans aucun jugement par les athemaïs, quand c’est dans la vie de tous les jours. Hormis dans Armanth elle-même ou cet habit n’est guère considéré en tant qu’uniforme, pratiquement tous les hommes ont au moins un caftan, souvent remarquablement précieux, destiné à honorer leur présence lors d’un contexte cérémonial.

2- Armanth, en résumé

La plus grande cité-État de l’Athémaïs est aussi la seconde plus grande cité de toutes les Mers de la Séparation, après Anqimenès, la capitale de l’Hégémonie.

Capitale officieuse et de fait de l’Athémaïs, abritant la toute-puissante Guilde des Marchands, elle est considérée, à raison, comme le plus grand pôle économique de tout le monde Concilien, volant la vedette à sa seule autre rivale dans ce domaine. C’est aussi une des grandes villes au développement le plus rapide, qui attire chaque année des milliers de nouveaux citadins, essayant de trouver un logis et s’entassant de leur mieux dans des bâtisses parfois construites à la va-vite, empiétant lentement sur la lagune et ses ilots artificiels et sur ses marais comblés tant bien que mal.

Oui, si jamais vous en doutiez, l’urbanisme de la cité-État est soumis à une expansion aussi bien effrénée qu’anarchique. C’est d’ailleurs la principale cause de son absence de murailles, une exception parmi toutes les grandes cités lossyannes, en générales solidement défendues. Ceci dit, le manque de fortifications n’est pas exact, contrairement à une réputation qui prétends que la ville est ouverte à toutes les invasions ; Armanth dispose d’un réseau défensif de bastions portuaires particulièrement imposant, qui s’étend bien au-delà de la ville elle-même, autour du Golfe d’Armanth. Quant à aux accès par la terre, le nord et l’est de la ville sont barrés par les falaises escarpées de l’Alta Rupes et le sud par les marais et les larges méandres du delta de l’Argas, des barrières naturelles sûrement aussi efficaces que de hautes enceintes ; du moins, tant que ceux-ci ne sont pas comblés ou urbanisés.

Enfin, pour parachever ce sujet, les accès à la Vallée de l’Argas, et donc à Armanth, sont finalement, assez limités pour une armée en marche, même avec des navires lévitant. La route à l’ouest, vers Samarkin est un étroit corridor au-dessus de falaises surplombant la mer, les calanques au nord constituent un autre obstacle naturel formidable et, enfin, l’accès par l’est oblige à traverser les Marais d’Haldor, zone boisée réputée infranchissable. Bref, Armanth n’a pas tellement besoin de fortifications, les obstacles naturels s’en chargent. Ce qui est tant mieux car, officiellement, Armanth n’a pas, non plus, la moindre légion en garnison ; ses seules forces armées sont de marine. Autrement, elle ne peut compter que sur ses compagnies mercenaires.

Superficie

56 kilomètres carrés environ. La surface tient compte des cultures maraichères dans l’enceinte de la ville mais pas de la lagune. Seuls les ilots sont comptabilisés.

Dimensions & altitude

Environ 7 km d’est en ouest pour 8 km du nord au sud. La droite la plus longue entre deux extrémités d’Armanth est de 8,9 km, de l’extrémité de la lagune à l’embouchure du delta de l’Argas.

La hauteur moyenne de l’occupation urbaine d’Armanth se situe à moins de deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Toute la basse-ville et la plupart des iles faisant face à la lagune sont situées à un mètre ou moins au-dessus du niveau de la mer, avec quelques zones, comme les quartiers maraichers, qui se trouvent en fait sous le niveau du fleuve Argas, au même niveau que la mer.

Le point le plus haut d’Armanth est le pic du Palais du Conseil des Pairs, sis à plus de soixante mètres de haut sur un piton rocheux. Le dénivelé est très important, de ce pic à tout le quartier en contrebas, avec des rues pentues et des volées de marches et des terrasses qui s’achèvent en pente douce au niveau de l’île des Préteurs, le quartier bourgeois. Les quartiers de l’Alba Rupes sont eux aussi en pente, bâtis au pied de la falaise éponyme. La plus grande hauteur de ce quartier culmine à environ cinquante mètres.

Climat

Armanth connait un climat à mi-chemin entre tropical et méditerranéen. Il y fait assez chaud pour y vivre en bras de chemise les deux tiers de l’année et les étés peuvent être torrides. Mais au cœur de l’hiver, l’air froid des Montagnes de l’Argas, attisé par le Fraio, descend sur la lagune et occasionne une à deux semaines de chutes de neige. Le temps reste relativement doux ; il est rare, même alors, qu’il puisse y geler, mais la neige pourra tenir pendant quelques temps, parfois jusqu’à trente centimètres. Les hivers sans cette courte période de neiges sont rares ; quand cela arrive, c’est que le Fraio a apporté un temps de tempête, qui va susciter des intempéries qui, parfois, inondent des parties entières de la ville, posée en général très bas au-dessus des eaux.

Population et démographie

Armanth abrite 1 220 00 habitants. Sa densité urbaine moyenne est d’environ 21 700 habitants au kilomètre carré, à comparer à la moyenne de sa région environnante, qui est de 46 habitants au kilomètre carré dans la Basse Vallée de l’Argas.

Si vous vous demandez à quoi cela correspond, la densité urbaine de Paris intra-muros est de 20 700 habitants au km2, celle du cœur de Londres est de 32 000 hab. au km2, et celle de Tokyo (plus grande ville du monde) est de 6 300 hab. au km2.

Pourquoi une telle densité pour Armanth, comparativement parlant ? C’est que la plupart des villes modernes (comme Tokyo, ci-dessus) sont très étendues en surface, avec nombre de zones non habités (parcs, commerces, voies d’accès, etc.). Armanth est densément peuplée car, à l’intérieur de la ville, il n’y a réellement qu’autour du Palais de l’Elegio et dans les riches quartiers de l’Alba Rupes qu’on trouve des étendues de parcs. Si vous aimez vous promener dans les jardins, les champs et les pâturages, il faut quitter Armanth et son urbanisme étouffant.

Pour enfoncer le clou sur le côté exigu et entassé de la vie à Armanth, parlons de la surface de logement dont profite l’habitant de base, c’est-à-dire la moyenne du peuple. La surface occupée par un habitant de la classe ouvrière ou populaire dans un logement à Armanth est d’environ 6m2. Ainsi, de 7 à 8 personnes peuvent s’entasser dans un logement de 50m2. La situation reste comparable, bien que s’améliorant nettement, jusqu’à la plus haute bourgeoisie : elle a plus d’espace et de confort certes, mais elle vit quand même dans des espaces restreints. Dans Armanth, la place est chère et il faut être riche pour profiter d’un véritable palais, vaste et dotés de grands espaces, d’une cour intérieure luxueuse, de ses propres jardins. Quant aux indigents, voire ci-dessous, ce sont les habitants ne possédant pas de logement, qu’ils aient un emploi, ou pas, réduits à dormir dans la rue, dans les caves, les égouts du Labyrinthe ou encore des camps improvisés sur les rares friches de la ville ou à sa périphérie.

Démographie par classes sociales

Les chiffres ci-dessous sont des approximations. Il n’y a pratiquement aucun registre de population à Armanth et aucun recensement officiel. L’idée a souvent été émise d’y remédier, sans arriver à la moindre solution acceptable pour y parvenir et le Conseil des Pairs n’a jamais été enthousiaste à devoir ouvrir ses coffres pour payer un truc selon eux douteux et inutile :

  • Maitres-marchands (et leur famille): 0,01 % (1200)
  • Aristocratie: 2 % (24 500)
  • Église: 0,7% (9 500)
  • Administration: 3% (36 000)
  • Milice & mercenaires: 3,5 % (42 500)
  • Marine de l’Elegio: 1% (12 200)
  • Bourgeoisie: 10% (122 000)
  • Peuple: 49,6 % (600 000)
  • Étrangers: 5% (61 000)
  • Indigents: 15 % (183 000)
  • Esclaves: 10% (125 000)

Encart : et la démographie par peuples ?

On ne va pas la détailler particulièrement, mais on peut résumer : quand vous croisez un armanthien, il y a environ deux chances sur trois pour qu’il soit plutôt de culture de l’est et une sur trois qu’il le soit de culture de l’ouest. Ce qui, à part pour les prénoms et les noms de famille, ne change pas tellement de choses, en fin de compte. On indique plus haut que 5% des résidents d’Armanth sont des étrangers à l’Athémaïs mais, si on compte la première génération de ces derniers nés à Armanth, on va aisément atteindre pas loin d’un armanthien sur douze qui soit issu d’une autre culture des Mers de la Séparation. Principalement, il s’agira de frangiens et de teranchen, suivi d’étéocliens et d’ar’anthias, mais aussi quelques gennemons. On peut croiser des hemlaris assez souvent, mais ces derniers sont peu nombreux à s’installer à Armanth durablement et évitent tout métissages. On croisera aussi des hégémoniens et pas seulement de l’Église. Après tout, en Hégémonie, il y a des gens qui préfèrent vraiment aller vivre ailleurs que chez eux. Et enfin, les dragensmanns sont encore rares, mais on en voit de plus en plus souvent pour venir commercer et certains ne pas repartir et s’installer dans la vaste cité.

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