Le bien et le mal sur Loss

« Seuls l’innocent et le sage peuvent, du mal, espérer un bien ; le premier par ignorance, le second par expérience. »

Proverbe Hemlaris

Vous, qui êtes en train de lire ces lignes, et moi qui les rédige, nous sommes des quidams contemporains du 21ème siècle, héritiers de la morale humaniste et républicaine européenne et occidentale et des notions de bien et de mal de la tradition judéo-chrétienne. Je pourrais rajouter que les maghrébins et les peuples de la méditerranée orientale ne sont guère différents de vous et moi à ce sujet. On sait ce qui est considéré comme bien, ce qui est vu comme mal. Et pour aller plus loin, on a sûrement beaucoup plus de points communs de ce côté-là avec les cultures asiatiques modernes, qu’on trouvera de différences. Quelque part, ce n’est pas plus mal : sur bien des points, on est tous d’accord, même si on s’étrille sur des détails toujours débattus, au point de trouver encore de quoi justifier de s’entre-massacrer.

Mais allons parler du bien et du mal à un marchand maritime de l’Europe du 16ème siècle et on va réaliser que, de toute évidence, on ne parle pas de la même chose. Ce serait encore pire avec un pater familias de l’Empire Romain ou un chef de village de la Chine des Royaumes Combattants. On réaliserait vite que sur tous les sujets moraux, notre vision n’aurait que peu de rapport avec celle de ces cultures et de ces époques.

Alors imaginez-vous les lossyans, dont les codes moraux sont fondés sur un modèle totalement différent de ceux de notre héritage d’occidentaux. Oui, c’est compliqué. Et justement, même si nous parlons en détail de ce qui fonde toute la notion de moralité lossyanne dans le livre du jeu, nous allons revenir ici précisément sur ce qui pour les cultures lossyannes, définit le bien et le mal, le moral et l’amoral.

1- Le Bien et le Mal n’existent pas

Vous noterez les majuscules au titre. Non, le Bien et le Mal n’existent pas pour les lossyans. Il n’existe pratiquement aucune valeur absolue à ces deux concepts et les lossyans ne comprennent pas trop l’idée qu’on puisse parler de ceux-ci comme d’entités ou de réalités. Il n’y a, pour la culture issue du code des Vertus, qu’un seul crime maléfique par essence : s’en prendre aux enfants, par un crime les blessant, les abusant, les exploitant, ou les tuant. Tout le reste est relatif aux Vertus, et donc au contexte. Même le meurtre, évidemment considéré comme un acte grave, n’est, et de loin, pas forcément considéré comme un crime et ne sera pas vu comme un acte maléfique.

Bref, on entendra rarement un lossyan juger moralement un acte en bien ou en mal et pourtant, il y a clairement quelques tabous qui remettent en jeu la moralité d’un individu, sur Loss. Mais elles ne font pas de lui un être maléfique et, s’il y a bien une vie après la mort qui récompense les êtres vertueux, il n’y a aucun enfer qui punisse qui que ce soit pour l’éternité. L’homme sans vertus n’est, pour les lossyans, simplement plus un homme. Il ne sera pas puni par une force mystique, mais par les lossyans eux-mêmes, puisque n’avoir aucune vertu signifie qu’on est non plus un lossyan, mais une bête, qui peut être tuée, chassée, privée de ses biens et même asservie. Quant à son esprit, à sa mort, celui-ci chutera sans pouvoir rejoindre les Etoiles et ses ancêtres, et disparaitra à jamais. Non, on ne parle pas d’âme : ce mot en tant que tel n’existe pas dans le monde de Loss.

Un lossyan n’est donc pas « mauvais » ou « bon ». Il sera lâche, infâme, fou, ou courageux, honorable ou sage. Et le pire d’entre eux sera une bête, le meilleur d’entre eux un lossyan béni ou éclairé, ce qui pour les lossyans veut à peu près dire la même chose : un parangon de vertus où la sagesse a son importance, mais qui implique que l’homme est remarquablement honorable et courageux à la fois. On parlera bien sûr d’hommes bons ou mauvais, mais toujours relatif à leurs vertus, et l’expression est plutôt rarement employée.

Les quelques actes que les lossyans jugent en général impardonnables :

  • Faire du mal à des enfants.
  • Commettre (ou ordonner) un massacre aveugle.
  • Tuer, mutiler ou torturer pour le plaisir (même des esclaves, bien que dans ce dernier cas, on sera forcé de juger de manière plus relative eu égard aux lois).
  • Provoquer un incendie qui cause des morts (en cas de guerre, par contre, c’est un outil comme un autre).
  • Vandaliser, détruire ou désacraliser un lieu saint (quelle que soit la religion, c’est un acte odieux pour un lossyan ; mais bien sûr l’Eglise ne se gêne pas pour le faire, comme elle ne se gêne pas pour poursuivre le criminel qui oserait s’en prendre à ses lieux saints ainsi que toute sa famille et ses proches).
  • Assassiner un lossyan béni (c’est-à-dire une personne révérée pour ses hautes Vertus, principalement sa sagesse, mais pas que).

Déshonorer ou agresser une femme libre, ce qui comprends la violer ou l’asservir (souvent les deux vont de pair) est très mal vu ; mais cela ne constitue pas un crime impardonnable, puisqu’il s’agit même d’un châtiment officiel dans certains cas. Par contre, socialement, ça peut finir mal pour le lossyan qui a commis cet acte : la famille a le droit de se venger, ce qui lui donne toute latitude pour retrouver et tuer le coupable. Par contre, jamais on ne demande un châtiment œil pour œil : la vengeance se limite alors à la mort du coupable ou, s’il parvient à négocier et s’expliquer, une compensation matérielle ou financière.

Pareillement, le meurtre n’est pas du tout un crime universel : tout dépend des circonstances et si un assassin avait de bonnes raisons de tuer son prochain, les lossyans l’admettrons sans trop de mal. Là encore, la famille de la victime a toute latitude pour retrouver et tuer le coupable, ou aller demander des comptes et exiger une compensation. C’est même une tradition : le proverbe « celui qui tue un homme devient responsable de sa famille » résume ce qui pèse sur les épaules du meurtrier. C’est pour cela que les duels mortels sont peu répandus.

On ne va pas lister ce que les lossyans considèrent comme des actes bénis, car il n’y a pas de claire mesure de ce qui est un acte reconnu comme de grande Vertu. Chaque Vertu définit ses propres qualités, dont nous avons fait la liste au Chapitre : les Vertus. Un acte béni, pour un lossyan, est un acte de grande Vertu dont les conséquences sont au bénéfice du plus grand nombre. C’est alors la générosité, la noblesse ou l’altruisme de l’acte qui sera remarquable. Et certains de ces actes, comme enseigner durant toute une carrière de maitre et professeur, avec sagesse, patience et dévotion à sa tâche, peut prendre toute une vie.

Il n’y a en fin de compte pas non plus d’acte « bon » sauf en regard du contexte et de ses conséquences. Un Courage ou un Honneur immense peut être même remarqué par l’ennemi qui l’honorera avec faste, mais ce sont des actes de Vertu, pas de « bien ». Pour un lossyan, un homme bon est simplement celui qui par ses actes ne cause pas de souffrances ou de torts aux autres. Mais il peut très bien être vantard, caractériel, bourru, voir désagréable en société, cela n’a guère d’importance, tant qu’il est un homme dont les Vertus sont évidentes et que l’influence sur son entourage apporte des bienfaits, de la sécurité et bien sûr, des modèles de ses propres vertus.

2- Le moral et l’amoral

Vaste débat, qu’est-ce que les lossyans considèrent comme moral ou pas ? La chose tend à changer selon les cultures et forcément, les Dragensmanns et les Athémaïs ne vont et de loin pas être d’accord sur tout. Ce qui suit s’applique donc principalement aux cultures conciliennes. Mais la plupart de ces codes moraux font souvent l’unanimité autour du principe des Vertus, qui est presque universellement suivi par tous les peuples des Mers de la Séparation. Et forcément, ces principes de ce qui moral et amoral est très éloigné de nous, vous êtes prévenus.

2-1 La notion de faiblesse

Abuser de quoi que ce soit n’est pas un souci pour les lossyans. Entendre par là que la luxure, la gourmandise, l’addiction ou l’alcoolisme, ne sont pas en eux-mêmes des actes amoraux. Ce qui l’est, c’est de s’abandonner à ces travers et d’en montrer de la faiblesse.

La faiblesse, c’est, pour un lossyan, de n’être préoccupé que par un ou plusieurs de ces travers et de ne vivre que pour en jouir et en abuser, au détriment de sa place dans la société et de ses responsabilités. Un forgeron peut boire comme un trou, s’il reste un bon père de famille et un artisan travailleur et compétent, personne n’a le droit de juger qu’il tombe trop souvent dans la bouteille. Mais que celle-ci devienne sa raison de vivre et altère son travail et son rôle familial et là, cela devient non seulement un problème, mais la preuve que l’homme est faible et lâche puisqu’il cède au plaisir jusqu’à oublier son devoir. Ce qui permets de rebondir sur cette notion sociétale : garder sa place.

2-2 Garder sa place

Le devoir, la responsabilité et la place dans la société sont particulièrement importants. Quoi qu’on fasse en matière de plaisirs et de décadence, c’est sans importance tant qu’on tient sa place, qu’on assume ses responsabilités et qu’on s’acquitte de ses devoirs. Ce qui veut dire aussi que l’homme qui ne cède à aucun vice est un modèle de vertus puisqu’aucun plaisir ne risque de venir contrecarrer son sens des responsabilités.

Mais cela veut aussi dire qu’en privé, personne ne s’occupe tellement de ce que fait un quidam tant qu’il remplit son devoir. Y compris ses activités sexuelles, comment et avec qui. Un officier de légion peut être pédé comme un foc et tout le monde le sait de réputation, mais s’il est honorable, courageux, et démontre un grand sens des responsabilités en assumant totalement son devoir et sa fonction, personne ne peut jeter l’opprobre sur ses gouts sexuels. Ça ne va pas empêcher les gens de jaser et les homophobes- et ils sont très nombreux- de vouloir trouver comment détruire sa carrière et sa réputation. Mais sur cet argument, ses plus farouches adversaires ne pourront rien faire, sauf parvenir à démontrer que l’officier néglige, à cause de cela, la place qu’il doit tenir à son rang et dans la société. Ce n’est pas si facile, car les Vertus étant ce qu’elles sont, on ne va guère leur facilité la tâche.

2-3 Devoir conjugal et homosexualité

C’est ce qui permets de comprendre que l’homosexualité, si elle est souvent mal vue, est admise, mais sous des contraintes. Une personne homosexuelle peut vivre sa relation, ses désirs et sa sexualité, mais est forcée d’assumer son devoir familial. Ce qui implique de faire naitre des héritiers. Sans certains cas, l’adoption est acceptée, mais dans la plupart des situations, hommes comme femmes doivent passer au devoir conjugal pour faire des enfants et on se fiche bien qu’ils n’aiment pas cela. Mais, en contrepartie, ce devoir effectué, on tend à ne pas trop les embêter, tant qu’ils gardent leur place et s’assurent de rester assez discrets. On reviendra d’ailleurs ci-dessous à la notion de fidélité conjugale lossyanne, bien différente de la nôtre.

Civilisation sexiste oblige, il est à noter qu’il faut bien plus de prudence à une femme qu’à un homme quand à laisser apparaitre des penchants ou des relations homosexuelles. Si c’est parfois un peu compliqué pour un homme, pour une femme, cela peut devenir carrément dangereux : l’Eglise réprouve l’homosexualité et, si elle est forcée de fermer les yeux sur les hommes (ses propres légions comptent beaucoup de gays), concernant les femmes, la sentence traditionnelle est l’asservissement. C’est une punition devenue très rare en Athémaïs et dans le sud des Mers de la Séparation, mais cela arrive encore régulièrement en Etéocle, et en Hégémonie, c’est systématique.

Encart : on peut considérer qu’environ la moitié de la population concilienne est peu ou prou homophobe. Les crimes homophobes existent donc, même si ce n’est pas courant. Par contre, la discrimination n’est pas rare, mais très fortement compensée par le poids des Vertus. Il faut de bons arguments pour discriminer une personne homosexuelle. Le fait qu’elle le soit ne suffit pas. Mais ça n’empêche pas qu’un homosexuel connu va voir sa carrière et son élévation sociale compliquée par ce simple fait.

2-4 L’humilité n’est pas lossyanne

Un lossyan n’est jamais humble ou modeste. Ne pas affirmer sa valeur et s’en vanter c’est un peu une forme de lâcheté, ou pour le moins un manque de sagesse. Puisqu’il faut assumer ce qu’on est et sa place, il faut aussi en assumer la fierté. C’est assez paradoxal, puisque la sagesse voudrait d’être lucide et modeste avec ses talents, mais pour les lossyans, mieux vaut être à la fois réaliste et fier de ce que l’on est et de ses capacités.

Les lossyans aiment se vanter. Ce qui implique enjoliver leurs histoires, quitte à en rajouter. Et que ce soit quand ils sont les héros de leurs récits ou seulement les témoins d’un acte digne d’être raconté, en faire des caisses pour que l’histoire soit bonne n’est en rien un travers. Le mensonge n’est pas amoral pour un lossyan, tant que ce mensonge ne cause pas des torts à autrui. Quant à l’humilité, c’est ce que l’on exige des esclaves, et une qualité de ascètes. Mais si on n’est ni l’un, ni l’autre, c’est un défaut étrange et qui sera moqué et montré du doigt sans hésitation. Et dans ce domaine, on n’attend pas d’une femme non plus de modestie, même si celle-ci devra souvent faire bien plus de démonstration de ses qualités et de sa valeur pour qu’on la laisse s’en vanter.

2-5 L’esclavage

Pour un lossyan, l’esclavage n’est pas du tout amoral, bien au contraire : asservir un ennemi ou un criminel, c’est lui trouver une utilité et, surtout, épargner sa vie. Asservir une personne indigente, c’est lui donner une place dans la société, de quoi se vêtir, manger à sa faim et un lieu où dormir ; en gros, c’est sauver sa vie et lui offrir une seconde chance. Asservir un sauvage, c’est lui donner une possibilité d’atteindre à la civilisation et démontrer peut-être qu’il a ou peut avoir des Vertus.

Mais les lossyans font la distinction entre esclaves et forçats : les premiers sont destinés aux travaux domestiques, quand les seconds sont envoyés pour s’échiner dans des chantiers, mines et carrières, et on s’attend à ce qu’ils ne vivent pas longtemps. On n’asservit pas un individu pour l’exploiter ou le maltraiter jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ça, c’est une punition bien plus grave et elle concerne les travaux forcés, donc les forçats. Du reste, ces derniers sont nécessaires à l’industrie lossyanne, ne serait-ce que parce qu’il n’y a aucun moyen d’extraire du loss-métal sans mettre en danger mortel les ouvriers qui y travaillent.

Donc, pour un lossyan, l’asservissement est parfois un acte de mansuétude ou de générosité, même si le plus souvent, c’est une punition ou simplement un mauvais sort. Les lossyans savent très bien que les gens asservis ne veulent sans doutes pas l’être et que ce n’est pas un destin enviable. Mais pour eux, c’est bien meilleur que de laisser une personne à son sort se faire bouffer par la faune lossyanne, ou de devoir tuer l’ennemi. Et dans la mesure où une bonne partie des lossyans traitent plutôt bien leurs esclaves, même si le Haut-Art reste clairement une forme de supplice pour les femmes qui le subissent, ils ne voient guère le souci de l’esclavage, comparé aux alternatives, sans compter qu’ils le considèrent utile. Enfin, il faut bien se rappeler qu’un esclave n’est PAS un humain, selon les principes lossyans. Il n’a plus de Vertus (même s’il peut démontrer qu’il en a et peut être respecté et récompensé de cela) et est un animal et une propriété.

2-6 Le sexe et la fidélité conjugale

Entre les symbiotes qui rendent stériles et les drogues contraceptives, il y a de quoi, pour peu d’en avoir les moyens, éviter les grossesses non-désirées dans le monde de Loss. Quant aux maladies vénériennes, elles restent un danger, mais les antibiotiques permettent efficacement d’en soigner la majorité. Et enfin, avec les esclaves des plaisirs (et il n’y a pas que des femmes, même si elles sont en grande majorité), tout ce qui concerne les loisirs sexuels est assez libre.

Ce qui rend l’obligation de fidélité conjugale, ainsi que les risques de ne pas l’être, nettement moindres. Et les lossyans tendent à en profiter. Hommes et femmes ne voient aucun souci à aller profiter des bras d’esclaves disponibles pour commencer, et cela n’a aucune forme de rapport avec de la tromperie. Le sexe, à ce sujet, n’est pas un souci. C’est un peu plus compliqué si un homme ou une femme va dans les bras d’une personne libre et, publiquement, c’est mal vu. Mais le fait est que tant que cela reste discret, tout le monde le sait, et tout le monde le fait. On ne jugera pas de qui va voir ailleurs pour le sexe. Mais on jugera bien entendu des conséquences de ses escapades sentimentales ou sexuelles à son devoir et sa place dans la société. Sans surprise, l’infidélité conjugale est nettement mieux admise pour les hommes, que pour les femmes, ces dernières devant être discrètes, parce que cela peut mal se finir –et la loi permets d’asservir une femme dans ces cas-là, mais seulement si cette dernière a démontré qu’elle n’assumait plus ses devoirs et responsabilités.

2-7 L’envie et la jalousie

La jalousie est un travers de la nature humaine et, pour les lossyans, c’est une faiblesse : être jaloux de son épouse, de son esclave, perdre sa sagesse en s’y laissant aller, devenir violent, méfiant, ne plus avoir confiance, est véritablement une démonstration d’un puissant manque de Vertus. L’individu jaloux s’expose aux moqueries, à l’opprobre et dans les cas les plus extrêmes, à se faire carrément chasser par les siens et ses voisins.

Pour l’envie, c’est un peu la même chose : pour un lossyan, si tu n’es pas capable de te saisir de ce que tu désires ou de te contenter de ce que tu as, tu es faible. Et l’individu devenu amer, envieux, et qui s’abandonne à sa frustration démontre qu’il n’a pas de Vertus, puisqu’il ne sait tenir sa place et assumer ce qu’il est ou ses actes. Car quand un lossyan veut quelque chose, il va faire en sorte de s’en emparer. Bien sûr, il doit composer avec la loi, avec celui qui possède ce qu’il désire, etc… c’est un bon moyen de se mettre dans les ennuis. Mais c’est autrement plus honorable pour un lossyan d’assumer ces ennuis, que de devenir aigri à ruminer ses envies.

2-8 La générosité

Etre modeste n’est pas une vertu, être économe non plus. Si l’individu qui gère bien son patrimoine mérite respect et honneur, celui qui est capable d’être généreux et faire usage de sa richesse pour ses proches et son entourage est admiré. Bref, un avare, pour un lossyan, c’est un peu un pauvre type, qu’il soit riche ou pauvre.

La générosité est aussi une des règles de l’hospitalité : celui qui accueille un voyageur ne doit pas compter les moyens de le loger, le nourrir et l’aider, et on attend du voyageur la même chose envers son hôte. La générosité est considérée comme un trait et une qualité de l’honneur, et elle peut se changer en faste et en largesses. Mais les lossyans font la différence entre générosité et dilapidation. Celui qui exhibe sa richesse et la gâche en faste et en luxe inutile est considéré comme un sot.

3- La morale de l’Eglise

L’Eglise du Concile Divin a une vision assez précise et détaillée de ce qui est bien ou mal dans ses Dogmes, le livre religieux compilant ses codes religieux. Les Dogmes de l’Eglise ne racontent pas une histoire, comme la Bible, mais rassemblent des lois, des interdits et des devoirs, expliqués en détails et enrichis par des paraboles et des exemples, avec son lot notoire de contradictions qui parfois rendent son interprétation compliquée.

Mais comme les Dogmes ne sont pas distribués au public et n’ont jamais été non plus imprimés –c’est un crime hérétique il est seulement permis de les copier à la main- il y a peu de gens pour aller mettre le nez dans ce livre et pouvoir ainsi donc en faire un commentaire critique. Ce qui n’empêche pas que les interdits et les règles morales de l’Eglise sont discutés, de même que ce qu’elle considère bien ou mal et pourquoi. Vous trouverez dans le livre du jeu un résumé des Dogmes, au chapitre : l’Eglise du Concile Divin.

3-1 Les Chanteurs de Loss et les chamans

Dans les deux cas, ces créatures sont des démons. Il n’y a pas d’enfer pour les pécheurs dans le monde de Loss, mais il y a les Abimes (dont un des accès serait au fond du Rift), qui vomissent les esprits des monstres, des morrows et des démons venant menacer les lossyans. Les pires de tous, ce sont les Chanteurs de Loss, suivis de près par les Chamans. Pour l’Eglise, c’est pareil : on les tue ou on les asservit. Il s’avère que pour tout lossyan, un Chanteur de Loss est bel et bien un démon, même si l’on considère que c’est seulement sa nature, pas son choix. Il est très difficile d’aisément être perçu comme autre chose, quels que soient les actes du Chanteur, bien que d’une certaine manière le démon Chanteur de Loss est vu comme bien moins maléfique –mais bien plus destructeur- que le démon chaman. Si le Chanteur est un esclave de toute évidence contrôlé par son maitre, on se contentera de s’en méfier fortement. Mais s’il est libre, tout le monde le pourchassera pour le tuer ou l’asservir. Paradoxalement, posséder un esclave Chanteur de Loss est un luxe rare et de grand prestige, pour les lossyans.

Pour les chamans, c’est nettement plus compliqué car d’une part, ça ne se voit pas aussi aisément qu’une personne est chaman, d’autre part, les chamans ont beau avoir été pourchassés et exterminés, pour pas mal de cultures non-conciliennes, ils restent au cœur de leur système de croyances. Et dans les régions conciliennes, certains des villages et communautés les plus isolés font encore appel aux chamans pour la guérison et la protection. Mais autant rappeler que tout chaman repéré dans une région civilisée où l’Eglise est présente, sera poursuivi avec acharnement jusqu’à sa destruction. C’est un démon, un monstre sournois et pervers, un tentateur cruel et sadique, un dévoreur d’enfant et un corrupteur d’esprits.

Les roux

Quand dans une famille, nait une personne rousse, il y a pour l’ensemble de cette famille une sorte de malédiction qui lui tombe dessus. Car, selon les Dogmes de l’Eglise, si une personne est avérée Chanteuse de Loss, on asservit alors toutes les femmes de sa famille par prudence ; et les personnes rousses sont nettement plus enclines à être Chanteurs de Loss que les autres. Les femmes asservies subiront le Haut-Art dans sa version la plus cruelle pour s’assurer qu’elles soient soumises et dociles à jamais. Et non, on asservit pas les hommes ; on ne les tue non plus pas par prudence. Le Chant de Loss apparait bien plus souvent chez les femmes que les hommes, on laisse donc ces derniers vivre ; mais si l’un d’eux s’avère Chanteur de Loss, il sera exécuté. On n’asservit jamais un Chanteur de Loss mâle : on l’élimine.

Quand nait un roux dans une famille, il n’y a guère d’alternatives : le plus souvent, celle-ci prévient immédiatement l’Eglise. Si l’enfant est une fille, elle est alors donnée au temple local, les Ordinatorii l’élevant avec les enfants de son orphelinat et, à sa 13ème année environ, elle est confiée à un Jardin des Esclaves de l’Eglise et asservie. Quand c’est un enfant mâle, le plus souvent la famille préfère le faire disparaitre elle-même rapidement. Quant à la dernière alternative, la plus rare et dangereuse, elle consiste à cacher la rousseur de l’enfant en espérant que cela ne se verra pas à sa peau et à la couleur de ses yeux car, même de manière moindre, les lossyans considèrent les yeux verts comme de mauvais présage.

3-2 L’obéissance à l’Eglise

Une chose qui est clairement mal pour l’Eglise, c’est que ses fidèles ne lui obéissent pas en tout point : « Aucune autorité émanant des Hommes ne peut se placer au-dessus des Prophètes de l’Eglise ». C’est un de ses Dogmes les plus importants et tout Ordinatori considère à priori que, quel que soit son rang, l’homme à qui il s’adresse lui doit déférence, respect et se devra d’obéir à sa parole. Bien sûr, dans les faits, ça ne fonctionne pas ainsi et il est évident que l’Eglise doit composer avec la politique des dirigeants des cités-états, des chefs militaires et des maitres de guilde.

Mais pour le petit peuple, la chose est entendue : tout représentant de l’Eglise qui ordonne doit être écouté et obéi. Là encore, entre la théorie et la pratique, il y a quand même une vaste place pour l’interprétation et le compromis. Les plus tyranniques des Ordinatorii ne durent pas forcément très longtemps face aux lossyan et à leur attachement aux Vertus, qui passent par-dessus les Dogmes de l’Eglise. Mais dans les régions les plus fidèles et traditionnalistes, les Ordinatorii sont aux commandes de la politique locale. Malheur alors à qui désobéit aux Dogmes, car c’est l’Eglise qui assure aussi la justice, et celle-ci peut être totalement impitoyable.

Quelques délits et crimes en rapport :

  • Ne pas assister aux messes : Les messes ont lieu régulièrement, et tout lossyan se doit d’y assister au moins deux fois par mois. Manquer une messe n’est pas bien grave, mais en manquer plusieurs sera remarqué et l’individu montré du doigt. Les prêtres locaux pourront lui imposer une pénitence, souvent un travail d’intérêt général ou un don.
  • S’en prendre à un membre de l’Eglise ou ses biens: Pour tous lossyan, c’est un sacrilège qui sera rarement pardonné. En cas de vol sans grande valeur, c’est la justice locale qui tranche, mais en cas d’atteinte à un temple, ou une propriété privée, c’est l’Eglise qui juge et le plus souvent, la peine sera une exécution publique. C’est pire si un Ordinatorii est agressé ou tué, la sentence est la mort après torture, et l’exécution de la peine est elle-même publique et cruelle.
  • S’opposer directement à l’autorité de l’Eglise: étrangement, cela arrive souvent. Mais dans le cas d’une révolte, d’une résistance armée, de menaces avérées etc… le fautif est condamné à mort et sa famille asservie ou exécutée avec lui. Les cas mineurs, comme le refus de payer ses taxes, ou la dénonciation d’une injustice commise par l’Eglise, donnent lieu à des procès très sérieux et l’Eglise n’hésite pas à punir sévèrement ses Ordinatorii fautifs, même si elle condamnera souvent aussi le coupable, au moins à devoir s’acquitter de ses devoirs et verser une compensation (qui peut très bien le conduire à la ruine).
  • Remettre en cause les Dogmes: c’est bien sûr une hérésie, même si avec l’influence de la Guilde des Marchands, cela est devenu courant, sans compter les cultes hérétiques et les schismes nombreux, comme celui de l’Hemlaris. Les procès sont alors très sérieux, il y va de la capacité de l’Eglise à défendre son image et sa légitimité. Elle perd rarement ces procès, mais condamne rarement à une peine lourde pour ces hérésies, sauf récidive avérée et nombreuse.
  • Etre complice d’un chaman ou d’un Chanteur de Loss : bon, a-t-on besoin de préciser qu’alors, c’est la mort à coup sûr, dans les régions sous forte influence de l’Eglise ?

3-3 L’Eglise et les sciences

On imagine souvent qu’avec l’Eglise du Concile Divin et ses dogmes sévères et implacables, son désir de contrôler les lossyans et son traditionalisme patriarcal et sexiste, son point de vue aux sciences et aux découvertes est très fermé. Mais en fait, l’Eglise ne suit pas vraiment ses propres Dogmes. Pourtant, ceux-ci sont clairs : tout ce qui concerne la biologie et la nature de la vie, l’astronomie, ou encore la chimie fondamentale sont des champs de recherche quasi certains d’être déclarés hérétiques. Mais l’Eglise elle-même a des anatomistes et chirurgiens de renom, participe aux progrès de la médecine et de la pharmacopée et ne rechigne pas du tout à étudier les prémices de la chimie et de son application industrielle. Il n’y a en astronomie que, sauf pour la cartographie et l’étude cosmologique des Etoiles et des Ancêtres, elle se montre clairement fermée à toute recherche. A noter que l’Eglise encourage et finance les expéditions d’exploration et de cartographie du monde, afin de faire reculer les régions inconnues.

Par contre, il y a deux domaines où s’aventurer est hérétique et considéré comme très mal pour les lossyans, même si beaucoup d’entre eux le font par soif de curiosité ou appât du gain : fouiller le passé pour retrouver l’histoire d’avant le Long-Hiver et explorer les ruines des Anciens. Dans les deux cas, alors qu’un astronome ou un biologiste seront souvent laissé à leur travail avec quelque rappel à l’ordre, pénitence et tape sur les doigts, sauf récidive notoire, l’Eglise est sans pitié : le coupable de fouiller le passé ou les secrets des Anciens sera impitoyablement pourchassé et condamné à mort. A la rigueur, même pas besoin de procès à ce sujet et il s’avère qu’il y en a rarement.

Cependant, il faut bien se rappeler à ce sujet que la plupart des lossyans, même s’ils craignent ces interdits et leurs conséquences, ne se gênent pas pour y désobéir, d’autant qu’une partie des plus formidables technologies lossyannes ont été inventés grâce à l’exploration des Anciens ou des recherches scientifiques que l’Eglise aurait condamnée. Comme cette dernière utilise ces technologies, et qu’elle-même explore les secrets des Anciens, les lossyans ne voient guère de raison de se gêner à le faire eux-mêmes.

3-4 L’Eglise et les femmes

Une interprétation un peu spéciale du Quatrième Dogme du Concile fait parfois débat au sein de l’Eglise sur la place des femmes. Le fait est que cette place n’est pas glorieuse et que le Dogme en question est sujet à interprétation : « L’homme est né pour grandir, apprendre, prospérer, bâtir et dominer ». Mais pas la femme, qui lui est soumise et doit donc lui obéir et le servir. Dans la mesure où le mot homme, dans les langues anciennes, signifiait le mâle comme l’espèce, il y a quelques courants de pensée, surtout dans le Sud des Mers de la Séparation, qui prétendent que ce dogme a été pris au pied de la lettre et devrait être revu. Mais traditionnellement, c’est son application la plus littérale qui est prise en compte et enseignée par l’Eglise : les femmes sont sous la responsabilité et le joug des hommes, qui ont tout pouvoir sur elles, y compris de les vendre et les asservir, de leur retirer tout bien et tout droit. Tel quel, on ne trouvera presque jamais appliqué ce principe où que ce soit, sauf à la rigueur en Hégémonie. Les femmes, selon les cultures, peuvent être assez libres, même dans une société sexiste et patriarcale en général. Le sujet est abordé dans le livre du jeu, au chapitre Le Monde de Loss.

Par contre, l’Eglise définit, à ce sujet, des interdits très clairs. Ils ne sont pas tous respectés selon les cultures et parfois même carrément ignorés ; mais au sein de son organisation, ils pèsent très lourdement :

  • Les services de la prostitution sont interdits. Si l’Eglise encourage l’usage d’esclaves dans des bordels (les houris), faire appel aux services sexuels d’une prostituée libre est un crime. L’Eglise chasse -un peu en vain- aussi bien les catins que leurs clients.
  • Aucune femme ne doit porter d’arme, se battre, prendre des fonctions militaires, posséder une entreprise en son nom propre ou encore étudier les Sciences & les Arts.
  • Une femme qui ne peut prouver qu’elle a une famille, des tuteurs ou un protecteur peut être arrêtée et asservie sur le champ.
  • Il est interdit d’affranchir une esclave (pas un, mais bien une). Au passage, il est interdit de laisser un Terrien Perdu libre.
  • Les femmes Ordinatorii existent dans les ordres militaires, mais aucune ne peut officier dans un temple. Il leur est interdit de se marier et d’avoir des enfants, sauf quelques rares cas tolérés d’adoption.

3-5 Le bien pour l’Eglise

On va aborder un peu les quelques principes qui font un bon fidèle Concilien selon l’Eglise. Ce sera sous forme d’une liste commentée, ce qui permets d’avoir un aperçu des valeurs que l’Eglise attends de ses ouailles. Nous ne reviendrons pas sur l’Honneur, le Courage et la Sagesse, puisque ce sont des évidences qui font partie des valeurs morales de l’Eglise –et passent même par-dessus :

  • La probité: en gros, le respect scrupuleux des traditions, des codes, des interdits et des devoirs de l’Eglise. L’obéissance à celle-ci y est importante, connaitre les prières et les messes tout autant.
  • La générosité: le fait d’être accueillant, hospitalier, de ne pas compter ses dépenses pour aider les siens, de ne pas s’attacher à sa fortune et ses bien, et de montrer la volonté de partager ses bienfaits. Bien sûr, être généreux envers l’Eglise est recommandé.
  • L’érudition: le fait de se cultiver, d’encourager les arts et les sciences, de fournir à autrui l’éducation que l’on reçoit. Pour l’Eglise, il n’y a aucune vertu à être ignorant ou simple d’esprit et tous les temples fournissent écoles et moyens d’étude, au moins pour apprendre à lire.
  • La charité: le fait d’aider et aimer son prochain, donc de lui prodiguer soin et réconfort. L’Eglise construit nombre d’hospices, refuges et orphelinats et y accueille les pauvres, les malades et les indigents. Elle encourage ses ouailles à l’y aider et le faire eux-mêmes. A noter que l’asservissement peut être considéré par les lossyans comme un acte de charité pour les plus démunis et perdus des êtres, ou pour des ennemis. L’Église elle-même ne se gêne pas pour asservir (et faire commerce) de ses certains de ses indigents dont elle ne saurait que faire.

4- Les exceptions culturelles :

On aborde celles-ci dans le livre de jeu pour chaque culture de Loss, mais on va faire un tour rapide des cultures non-conciliennes pour qui les notions morales de bien et de mal s’avèrent différentes.

Les Dragensmanns

Les Dragensmanns pratiquent l’esclavage, mais l’affranchissement et l’adoption dans le clan après quelques années est quasi systématique. Les Dragensmanns considèrent les Terriens perdus sur Loss comme un présage de bon augure et, s’ils les asservissent, ils les traitent avec respect, les considérant comme de caractère sacré, et les appellent les Oubliés. La société Dragensmann est relativement égalitaire : pas loin d’un tiers des combattants sont des femmes, même si elles le restent rarement une fois qu’elles ont des enfants ; et les hommes respectent les femmes, voire apprennent à craindre leur colère et leur solidarité. Les Chanteurs de Loss sont libres, mais sous la tutelle et la surveillance des chamans qui sont le pilier religieux de la culture Dragensmann.

Les Erebs

Les Erebs ont eux-aussi une culture chamanique. Les Chanteurs de Loss y sont libres et sous la tutelle des chamans et la surveillance de tous. Ils sont considérés sacrés. Les Erebs ne pratiquent pas l’esclavage mais ne font rien contre qui le pratique, et n’accueillent que sporadiquement des esclaves en fuite. Leur culture est assez paritaire, même si l’autorité officielle est représentée par les hommes.

Les Forestiers

Les chamans sont très rares chez les Forestiers, mais ils ne les redoutent pas. La société des Forestiers est l’une des plus égalitaires de Loss dans les rapports hommes et femmes. L’esclavagisme y existe, mais il est assez rare, la plupart des esclaves le sont suite à un crime grave, ou, car déjà trop asservis et conditionnés, ils ne pourraient s’adapter à la rude liberté de ce peuple. Les Forestiers craignent les Chanteurs de Loss : ceux-ci sont confiés aux chamans et isolés de la société, mais ni pourchassés, ni asservis. Les Terriens Perdus sont vu avec une certaine méfiance et le plus souvent revendus à l’extérieur.

Les Jemmaï

La civilisation Jemmaï est farouchement laïque et hostile à toute forme de religion organisée, à commencer par l’Église. Cependant il existe des cultes et rites informels autour des chamans et du respect et de la vénération des ancêtres et des grands philosophes passés. Les Jemmaï ne pratique que très peu l’esclavage, qui est temporaire et se finit toujours par un affranchissement au bout de quelques années. C’est aussi un peuple très paritaire. Enfin, Il y a plus de Terriens Perdus et leurs descendants parmi les Jemmaï que partout ailleurs sur Loss et un grand nombre de Chanteurs de Loss, formés dans des écoles.

Les San’eshe

La religion est un culte chamanique très proche de la nature, qui considère que tout ce qui est vivant a un esprit conscient. Les chamanes sont traditionnellement des femmes, mais ce n’est pas systématique. C’est le seul peuple de Loss à considérer les Chanteurs de Loss comme réellement sacrés. Ils ne pratiquent jamais l’esclavage, et les Terriens perdus qu’ils trouvent sont adoptés par la tribu… s’ils survivent à la jungle. Les San’eshe ne font pratiquement aucune différence entre hommes et femmes.

Les Svatnaz

La société Svatnaz, malgré les apparences et les rôles bien clairs dévolus aux hommes et aux femmes est relativement égalitaire, et n’empêche pas une femme de mener une carrière traditionnellement dévolue aux hommes, ni ne restreint leur liberté d’opinion et d’acte. Les chamans ne sont pas rares dans les communautés Svatnaz et les personnes rousses sont en générale toujours libres. Mais pas les Chanteurs de Loss, asservis et confiés aux chamans. L’esclavage y est rare, mais les Svatnaz en font parfois commerce avec leurs voisins.

 

 

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