13- Les Plaines d’Etéocle et Nashera

Géographie

Les Plaines d’Etéocle doivent leur nom au fleuve qui alimente le lac Nashera puis se jette dans un golfe au sud et qui est long de près de 1200 milles. C’est une très vaste région dont le climat va de méditerranéen au sud à tempéré doux au nord, constitué principalement de plaines et de collines verdoyantes, de côtes accueillantes et de profonds golfes abrités. Les plaines sont très vastes, semblables à des savanes, où paissent et migrent en vastes troupeaux sikas, longilas, ghia-tonnerres et Aramios tandis que des hardes de moras sauvages occupent les bois et les lisières.

La frontière nord des Plaines de l’Etéocle est délimitée par les Hautes Marches, très vallonnées et accidentées, et qui s’arrêtent à la lisière de la Forêt de l’Elmerase. Au sud, les Plaines d’Etéocle s’arrêtent au sud des Therneris, la dernière frontière avant le Rift. La mer occupe une grande importance pour la région, puisque tout l’est et le sud de l’Etéocle s’ouvre sur les Mers de la Séparation en une vaste côte qui s’étends sur plus de 2000 milles. Enfin, à l’ouest, la frontière est limitée par les massifs des Monts de la Barrière, chaine de montagne aux sommets frôlant les 5000 mètres.

Politique

Alors même que les grandes plaines à l’intérieur des terres et au contrefort de la Barrière sont sauvages et laissées à la savane et aux grandes migrations des mammaliens, ce qui représente, si on y rajoute les Forêts d’Arcis, les deux-tiers de la région, les Plaines d’Etéocle sont sans conteste une des régions les plus civilisés des Mers de la Séparation, et ce malgré que toute la région fut un champ de bataille dévasté des siècles durant.

Mais les guerres et des vagues d’épidémies de rage ont laissé des traces. Beaucoup de cités-états contiennent des quartiers en ruine, on croise souvent les reliefs à l’abandon de villages et de bourgs quand on parcourt la campagne ou encore des traces d’anciens ponts et chemins et routes oubliés. Il en émerge une sorte de sentiment de passé glorieux mais révolu dont la culture étéoclienne ne se remets que difficilement en devant rebâtir sur ses propres ruines.

Les étéocliens se sont donc repliés nettement sur leurs cités-états et sur leurs côtes, au fond de leurs profonds golfes abrités, en cultivant la nostalgie d’un passé mythique. Mais cela reste une région très riche, très active et qui reconquière sa prospérité. Les cités-états sont très indépendantes, souvent en rivalité ouvertes, et on distingue clairement deux factions, les villes du Sud autour de Mélisaren, alliées à Armanth, et les villes du nord autour de la grande Nashera, alliées à Anqimenès.

Nashera

  • Plus puissante cité-état des Plaines de l’Etéocle, considérée comme la capitale de sa moitié nord.
  • Pop : 450 000 habitants, quatrième plus grande cité lossyanne.
  • Dirigeant : Le Premier Régent Onaxaphore, prince-tyran de fait de la ville.
  • Forces militaires : 7 légions d’Ordinatorii, 10 légions royales dont deux contingents de cavalerie légère et lourde, et une flotte de 95 navires de guerre dont 50 lévitant au Parcis, y compris trois béhémoths, pour un total de 130 000 soldats et marins.
  • Principe de la ville : surnommée la Cité Blanche, gardienne de la tradition étéoclienne.

Nashera est bâtie sur les berges du lac Nashera, à l’embouchure des fleuves Atlas et Etéocle. La ville a les pieds dans l’eau, elle dispose d’un puissant et luxueux port de pêche et militaire et un grand nombre de canaux la traversent en un quadrillage parfait et savant délimitant les quartiers de la vaste cité-état. Sa première défense sont d’ailleurs des canaux extérieurs aussi vaste que des étangs, aménagés en douve, tout autour de la ville et qui servent aussi de réserve de pèche et alimentent les canaux courant dans la plaine vers les nombreux villages agricoles et les vastes étendus de champs verdoyants. Bref, comme on l’aura deviné, l’eau, dans sa forme la plus maitrisée et contrôlée, est le premier trait marquant de Nashera.

Le second trait de Nashera est le luxe général de son architecture, exploitant à la moindre occasion pour toutes les places, palais officiels et demeures de l’aristocratie le marbre et la pierre blanche, d’où son surnom.  L’emploi de colonnades et de fronton se retrouve partout, et même les quartiers les plus pauvres s’évertuent avec leurs moyens à imiter cette architecture. Pourtant, si de loin la cité est majestueuse, entre ses vastes palais entourés de jardins luxueux et les flèches délicates de ses tours ornementés, une fois qu’on la visite on réalise que d’une part l’écart entre richesse exubérante et pauvreté extrême est terriblement marqué dans la ville, et que d’autre part, Nashera est construite sur des ruines qui émergent de partout, comme un rappel d’une ville qui essaye de retrouver une gloire perdue.

Nashera est, comme on l’aura donc deviné, une cité dominée par l’aristocratie de la cité-état et de ses voisines inféodées à elle, où l’Eglise a une puissante et vaste influence. Dépendante de son port, Le Parcis, situé à cent milles de la ville, Nashera a un besoin vital de commerce et d’échanges au vu de sa situation et tend à obtenir ces besoins vitaux par une diplomatie agressive, que le Premier Régent Onaxaphore encourage depuis 25 ans. La Guilde des Marchands préférant des comptoirs côtiers ou près de centres industriels, a seulement une représentation diplomatique à Nashera et la cité ne se cache pas privilégier massivement ses propres organisations commerciales étendues dans toute la moitié nord de l’Etéocle.

Mélisaren

Mélisaren est la concurrente, en influence commerciale et politique, à défaut de l’être en taille, de Nashera. Plus grande cité du sud de l’Etéocle avec près de 250 000 habitants, la ville est bâtie autour d’un piton rocheux à la pointe de l’estuaire du fleuve Etéocle, qui s’ouvre sur un profond golfe aux eaux paisibles. Riche, vaste et accueillante, la cité-état, qui est divisée en Ville-basse et Ville-haute avec des séries de remparts très modernes et puissants, est particulièrement cosmopolite car elle assure le trafic commercial de l’Etéocle pour toute la moitié sud des Mers de la Séparation. Les étrangers y sont très nombreux, les comptoirs commerciaux luxuriants, les marchandises exotiques y abondent comme les idées et les innovations. Cependant, alors que la ville est alliée avec nombre de ses voisines et a un poids politique important, elle ne peut rivaliser militairement avec Nashera et c’est une faiblesse qu’elle n’a jamais pu compenser, autrement qu’en renforçant ses défenses, ne disposant que de 4 légions et deux d’Ordinatorii.

Les Hautes-marches

Les Hautes-marches sont la frontière entre les Plaines d’Etéocle et l’Elmerase d’un côté, l’Hégémonie de l’autre. Ce sont des terres accidentées, faites de vallons aux pentes raids et de gorges désolées entre des enfilades de collines aux bosquets épars. La seule richesse locale vient de quelques exploitations de gisement de métaux et de pauvres villages serrés au fond des gorges contre les fleuves qui traversent les Hautes-marches.

La Barrière

Déjà mentionné plus haut, les Monts de la Barrière, faiblement habités et seulement par des communautés montagnardes d’éleveurs et de mineurs, forment une infranchissable frontière montagnarde entre l’Etéocle et les Terres Inconnues. Le seul passage connu pour la traverser au sud est la Passe Dorée, qui permet de rallier le Jaï-shimi, malheureusement en territoire Jemmaï donc notoirement hostile, même si des échanges commerciaux sporadiques ont lieu. Mais les Etéocliens ne cessent d’explorer la Barrière malgré ces cimes escarpés et hautes de 5000 mètres, vers le nord et le sud, pour trouver des cols et passages vers l’ouest.

Les marches de Vignes

Connus pour ses vins appréciés dans toutes les Mers de la Séparation, les Marches de Vignes sont une région côtière et agricole prospère et très peuplée, avec de très belles cités et nombre de bourgs fortifiés, au milieu de terrasses plantés de vignes sur des collines pentues. Mais la région fait la convoitise et le bonheur des pirates, et l’Imareth y organise régulièrement des campagnes de pillage et d’extorsion. C’est le plus souvent les flottes mercenaires de Mélisaren et des alliés de l’Athémaïs qui tentent d’intervenir, plus que Nashera pour qui cette insécurité arrange ses visées politiques.

Les Marches Méridionales

Comme pour les Marches de Vignes, les Marches Méridionales sont assez peuplées, surtout sur les côtes, et disposent d’un réseau routier assez dense mais peu sûr. Séparés de l’est de l’Etéocle par la partie sud des Forêts d’Arcis, la région balance entre les influences de Nashera et Mélisaren. Mais ses cités-états sont particulièrement indépendantes et sont très souvent en guerre les unes contre les autres. La situation politique instable nuit notoirement au développement commercial et au final, les habitants sont souvent isolés, appauvris et les bandes de pillards pullulent autant que sont fréquents les raids de piraterie.

Les Therneris

Région sauvage et sèche, comme un avant-gout de l’implacable désert du Rift, le Therneris est habité par de pauvres villages isolés et fortifiés, souvent dans les ruines d’anciens bourgs et de villes abandonnées. Les traces de la guerre et des ravages de la rage s’y voient partout et il semble presque pour le voyageur que toute la région a été abandonné par le reste des Plaines de l’Eétocle. La seule forme d’autorité restante est celle de casernes et fortins où des légions d’Ordinatorii veillent avec lassitude aux frontières, dans l’attente sans doutes vaines d’une nouvelle invasion des Jemmaï et des Apostats.

Lieux particuliers :

La Passe Dorée : traversant plusieurs cols de basse et haute altitude à travers la Barrière, la Passe Dorée doit son nom aux mines d’or et d’argent qui y furent découvertes. Epuisées depuis, on croise encore quelques groupes nomades d’orpailleurs et des prospecteurs miniers en quête de richesse. Mais surtout, la Passe Dorée permet de trouver un accès vers l’Ouest et les Terres Inconnues, malheureusement, en passant dans les territoires Jemmaïs, ce qui est hautement risqué.

Les forêts d’Arcis : le sud-est de l’Etéocle, d’Eredocle à Naedrisen, est barré par une forêt primitive parfois très profonde et infranchissable. S’ils sont exploités, ces bois sont réputés aussi inextricables que dangereux et une quantité de légendes prises très aux sérieux par les lossyans font des Forêts d’Arcis un lieu aussi sacré que réputé hanté.

Le Cloakerien : vaste marais insalubre et envahi aussi bien de vermines que d’animaux dangereux. Une route la traverse en longeant les côtes depuis Haut-Mur, une cité-état à demi à l’abandon bâtie à l’époque où une partie des marais avaient été asséchés et aménagés. Des quantités de légendes courent sur des sorciers et chamans qui hanteraient le Cloakerien et des ruines qui cacheraient une Cité Ancienne engloutie et personne n’a été assez fou pour les vérifier.

L’Aridaei : au sud de Gamidéren, cité-état vivant de l’exploitation du bois et qui fournit Nashera, se trouvent les forêts de montagne de l’Aridaei. Elles sont habitées à ses lisières, mais une bonne partie de ses profondeurs est inconnue. On raconte qu’il y a quelques dizaines d’années, des légions entières d’ordinatorii y ont disparues sans laisser de trace et que des monstres mi-animaux, mi-machines, hantent ses bois, protégeant des Ruines Anciennes jamais explorées.

Les Solitaires : deux petites îles sans intérêt réel, mais transformées en base avancée pour les opérations maritimes des corsaires au service des cités-états du sud de l’Etéocle. La rumeur prétend que leur forteresse dissimule trésors et arsenaux impressionnants, et de plus sombres secrets.

Le détroit des Céramides : cité ici car c’est sur les côtes environnant ce détroit dangereux et régulièrement soumis aux effets des éruptions volcaniques du Rift que se sont déroulées les plus grandes batailles de la Guerre sans Fin ni Frontières. Les traces sous forme de forts abandonnées et de villages en ruines autant que de navires naufragés, sont encore bien visible, plusieurs siècles plus tard.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :