Les mammaliens

Le taxon qui domine l’écosystème de Loss sont les mammaliens. Des créatures de toutes les tailles, mais enclines au gigantisme, qui possèdent des mamelles et allaitent leurs petits, mais pondent des œufs. Ce sont ders vertébrés ovipares (à l’exception de quelques familles de vivipares, notables par leur petite taille, comme les loris). Ils sont caractérisés par l’allaitement de leurs petits, un système nerveux développé et évolué, un encéphale divisé en plusieurs bulbes séparés, un double cœur à quatre cavités excentrées, une homéothermie (le contrôle stable de leur température interne), des sacs aériens (organes respiratoires reliés aux poumons) et la présence de plaques ou crêtes osseuses externes le long de leur colonne vertébrale et autour de leur crâne.

Encart : un taxon (qui vient du mot taxonomie) est une entité conceptuelle qui est censée regrouper tous les organismes vivants possédant en commun certains caractères taxinomiques ou diagnostiques bien définis.

Le taxon des mammaliens regroupe cinq grands ordres, une classification récente, mais connue des naturalistes lossyans.

  • Les sikaidés, les mammaliens apparentés aux quadrupèdes comme le sika et le mora, aux formes proches de nos mammifères herbivores quadrupèdes, sans oublier tous les rongeurs et les plus petits mammaliens à régime général végétarien.
  • Les draseidés, les mammaliens à six pattes dont fait partie le dragen, et souvent capables de vol.
  • Les arafidés, les mammaliens géants semblables à nos dinosaures, du ghia-tonnerre aux plus grandes espèces de longilas en passant par le marche-forêt.
  • Les vénidés, prédateurs quadrupèdes ayant des traits communs assez proches des mammifères, du lori au draeyka en passant par le tosh.
  • Les raptidés, les prédateurs bipèdes apparentés aux différentes familles des griffons.

Les mammaliens ont énormément de formes et variations de leur métabolisme. Il en existe par exemple certains à six membres, plusieurs espèces disposent d’une fourrure ou de duvet, d’autres sont parfaitement adaptés à l’environnement aquatique et il en existe autant bipèdes que quadrupèdes. Un point marquant est leur taille moyenne : celle d’un ours (à comparer avec la taille moyenne des mammifères : celle d’un chien). Oui, les mammaliens sont gros et grands, à l’aune de la flore de Loss qui ne fait pas semblant non plus. Les plus petits pèsent entre 3 et 6 kilos, les plus gros dépassent les 40 tonnes et peuvent mesurer 8 mètres au garrot. La course au gigantisme a clairement été l’un des choix évolutifs de ce taxon, apparemment à peine freiné par les cataclysmes massifs dont le dernier en date est le Long-Hiver, qui n’a éliminé que quelques espèces géantes localement. Cependant, quelques archéologues –la profession n’existe pas en tant que telle sur Loss- trouvent de temps en temps les restes fossiles d’animaux encore plus gigantesques.

Apparence

Les mammaliens sont en général dépourvus de poils, sauf pour quelques espèces vivant aux limites arctiques ou d’autres forestières couvertes d’une toison de faible épaisseur, parfois constituée d’un duvet plumeux. La peau des mammaliens est colorée et bigarrée, formant des motifs à usage de camouflage, mais qui en période de rut et de reproduction changent pour arborer des nuances flamboyantes. Les taches et motifs bioluminescents sont communs.  Tous les mammaliens ont des plaques, cornes et crêtes osseuses, allant du crâne à la queue. Ces plaques sont très différentes d’une espèce à l’autre : parfois elles sont peu nombreuses et limités à des cornes complexes, d’autres fois forment de véritables carapaces et armes naturelles, mais leur présence est l’un des signes constants des mammaliens.

Il y a peu de mammaliens à six pattes. Dans ces cas, ils portent généralement deux paires de pattes et une paire d’aile. Les mammaliens volants ne sont pas vraiment d’une grande agilité, ce sont plutôt des planeurs qui ont besoin de points d’envol et les dragens, par exemple, vivent aux cimes des arbres ou sur des falaises. Enfin beaucoup de mammalien ont un crâne draconien assez typique, parfois avec un bec corné et une crête développée. Mais d’autres ont des gueules plus proches de certains mammifères terriens.

Les mammaliens ne cessent jamais de grandir au long de leur vie. Ainsi, les plus vieux représentants de l’espèce sont aussi les plus gros. L’espérance de vie des mammaliens est assez étendue, mais en moyenne, ils vivent environ 20 à 30 ans. Certaines espèces dépassent allègrement le siècle.

Sens & magnétoreception

C’est une des étrangetés des sens des mammaliens, qui n’est pas développée chez toutes les espèces : ils possèdent une capacité de perception des champs électromagnétique (la magnétoréception). Cela leur permets d’une part de repérer clairement les fluctuants pôles magnétiques de Loss et s’en servir pour s’orienter, d’autre part, de ressentir la proximité de variation de champ magnétique, y compris celles émises par d’autres êtres vivants. Ce sens, couplé à la vue, l’ouïe et l’odorat, est redoutablement efficace pour repérer des proies dissimulées. Dans ce domaine, le draekya est le champion de Loss, plus efficace encore que ses cousins aquatiques, et seuls les dragens se rapprochent de cette efficacité. Fort heureusement, le si répandu griffon a une magnétoréception très limitée. Les autres sens des mammaliens sont très variés, mais la nature semble n’en avoir jamais doté aucun d’une capacité d’écholocation sauf pour les mammaliens aquatiques. La vision infrarouge est peu commune, mais elle existe et semble être liée à un symbiote.

Symbiotes et mammaliens

Les mammaliens sont colonisés, comme tout ce qui vit sur Loss, par les symbiotes. En moyenne environ 30% des mammaliens vivent avec un symbiote implanté dans leur organisme. La différence extérieure n’est en générale pas visible de loin, mais les plus grandes et vieilles femelles d’un troupeau de mammaliens seront à coup sûr porteuses de symbiote. Ils vivent avec eux en bonne entente et à leur bénéfice mutuel et certains symbiotes apportent de véritables bénéfices majeurs à leurs hôtes. Les symbiotes ont sur les mammaliens des effets décrits en détail au chapitre Les Symbiotes P …

Comportement

Vu que les mammaliens sont présents dans tous les écosystèmes, les informations qui suivent sont très génériques, et ne s’intéressent donc qu’aux points communs entre tous les mammaliens. Les comportements varient bien sûr très souvent selon les espèces et les milieux.

Hiérarchie & troupeaux

Chez les mammaliens, ce sont les femelles qui atteignent la plus grande taille et ce sont elles qui dominent les troupeaux et les hordes en qualité de chef ou d’alphas. Le comportement de meute est fréquent chez les mammaliens, aussi bien les herbivores que les carnivores et opportunistes. Il y a peu de mammaliens individualistes ou solitaires. Mais ce sont systématiquement les plus dangereux, comme les Draekyas. Les troupeaux sont organisés et hiérarchisés, les duels entre les femelles pour la domination et la dispute du rang au sein de la horde sont fréquents. Les mâles adultes sont le plus souvent à l’écart de la masse des femelles et des petits, et les femelles dominantes s’assurent de repousser tout mâle trop entreprenant.

Reproduction et soins parentaux

Les mammaliens ont tous des périodes de rut une fois par an, sauf quelques cas comme les toshs qui en ont trois ou quatre et les loris deux. Dans cette période les mâles paradent le plus possible pour attirer et impressionner les femelles et certaines espèces se battent pour démontrer leur virilité et faire fuir les prétendants. Dans ces moments, il ne vaut mieux pas aller déranger les mâles, agressifs et excités à l’extrême. Mais ce sont les femelles qui choisissent leur mâle. Les cas de couples unis pour la vie sont rarissimes, et le mâle ne participe que très peu aux soins parentaux, le plus souvent chassé par la femelle quand elle est prête à pondre. Les mammaliens pondent d’un à une dizaine d’œufs à la fois, qui sont couvés pour une période d’un à deux mois en moyenne. Certains mammaliens composent un nid complexe et isolé -parfois construit par le mâle- pour garder les œufs à bonne température. Les soins de la mère durent bien après l’éclosion ; les mammaliens veillent sur leurs petits au moins plusieurs mois, voir des années après leur naissance. Ces soins diffèrent cependant entre espèces migrantes et territoriales.

Prédation et défense

Les mammaliens sont pourvus de nombre d’armes et de défenses naturelles variées, exotiques et mortelles. Ils ont souvent des armures osseuses solides ornées de défenses, piques et autres armes naturelles, en plus de griffes et de crocs. Mais ils disposent aussi de venins et de toxines, à travers leur morsure, via des dards ou exsudés par leur peau. Enfin, certain ont des armes bioélectriques alimentés par des organes recélant de petites quantités de loss-métal. Dans ce domaine, les plus redoutables exemples d’armes naturelles variées et mortelles sont le draeyka, qui dispose de flagelles luminescents capables de lancer des terribles décharges de haut voltage, et le ghia-tonnerre qui souffle un nuage de postillons électrifié par ses organes accumulateurs situés dans sa crête. La taille et le gigantisme est aussi une défense, y compris pour les placides longilas, terriblement dangereux vu leur masse quand ils piétinent tout ce qui ne s’écarte pas de leur route. Plusieurs espèces prédatrices ont un épiderme mimétique, qui les rend aptes à se fondre aisément dans leur environnement.

Déplacements et alimentation

S’il y a des mammaliens volants et aquatiques, il y a peu de fouisseurs mammaliens. Même le tosh ne fait pas de véritable terrier mais envahit et aménage ceux d’insectes. Il y a par contre quelques bons grimpeurs au mode de vie arboricole. Les volants sont loin des performances aériennes des oiseaux et ont besoin d’espace pour décoller et atterrir ; ils ont du mal à la voltige ou la vitesse. Les aquatiques sont capables de performances et d’une adaptation similaire à celle des cétacés terriens. Les mammaliens sont aussi bien herbivores que carnivores, omnivores et charognards. Ils se chassent et se dévorent d’une espèce à l’autre et les cas de cannibalisme dans une espèce ne sont pas rares.

Les troupeaux d’herbivores en migration sont fréquents et peuvent atteindre des centaines de milliers d’individus parcourant toujours les mêmes chemins, souvent suivis, par des prédateurs divers. Parmi eux, et les plus craints sur Loss, plus encore que les dreakyas, qui sont finalement assez rares, sont les griffons, que les lossyans ont apprivoisés, mais qui, en meutes sauvages, peuvent traquer et suivre leur proie des semaines durant. Omnivores bipèdes, coureurs et charognards, avec une adaptation à la traque et des pattes avant préhensiles, les griffons sont les loups de Loss.

Les lossyans et les mammaliens

Nous avons déjà abordé le souci que peuvent avoir les lossyans avec la faune de leur planète. Disons qu’on peut imaginer l’étendue du problème avec comme simple exemple que, pour certains herbivores migrateurs, une muraille de trois mètres de haut n’est guère plus embarrassante qu’une clôture de jardin.

L’inefficacité relative de tenter d’exterminer les mammaliens est connue : parfois, leur comportement a changé de manière belliqueuse et clairement hostile, voire, disent certains récits, organisée, en réponse à une campagne d’éradication, au point de voir s’allier des espèces habituellement ennemies, y compris proie et prédateur. Beaucoup pensent qu’il s’agit là de la manifestation du pouvoir des chamans, sans que rien ne permette de le prouver.

Donc, les lossyans ont appris à vivre avec les grands mammaliens et les écarter de leurs terres agricoles et leurs centre urbain, ne les abattant qu’en cas de nécessité. Tuer un grand mammalien demande de toute manière des moyens conséquents : un ghia-tonnerre sent à peine la balle de fusil que vous venez de lui tirer dans le thorax. Deux des instruments efficaces pour tenir les mammaliens à l’écart sont, par exemple, les chiens, pour toutes les vermines mammaliennes lossyannes, et les griffons domestiqués, qui font fuir la plupart des mammaliens, même les plus gros et hargneux, y compris le draekya, qui ne se risque dans une communauté urbaine que poussé par l’arrivée de sa fin imminente, quand il ne peut plus chasser.

Les lossyans ont domestiqué pas mal d’espèces : pour leur viande, leur cuir leur laine duveteuse et leur fourrure, leur lait aussi. Et bien sûr, certains comme animaux de monte et de bât et parfois de compagnie. En voici quelques-unes :

  • Les moras : des sortes de phacochères blindés élevés pour leur viande principalement.
  • Les loris : l’espèce la plus proche du chat en terme de niche écologique. Ce sont des animaux de compagnie et des chasseurs de toshs.
  • Les esqiris : des sortes de gros rongeurs marsupiaux rondouillards à la fourrure courte, et au corps partiellement caparaçonné, qui se reproduisent facilement. On les élève pour leur viande et leur fourrure.
  • Les sikas : des antilopes répandues en nombre de sous-espèces qui forment de grands troupeaux. Elles sont domestiquées partout, souvent en semi-liberté.
  • Les ghia-tonnerre : croisement entre un triceratops et un rhinocéros, les ghia-tonnerres sont élevés en semi liberté presqu’uniquement par les nomades Ar’hantia. Ils sont parfois employés comme animaux de bât ailleurs.
  • Les griffons : les griffons sont des omnivores charognards et opportunistes qui vivent en meutes. La version apprivoisée et nettement plus omnivore et sélectionnée pour sa (relative) petite taille, comme monture. Ils sont assez courants mais bien moisn appreéciés que les chevaux car il n’est guère facile d’apprendre à s’en occuper.
  • Les dragens : mammaliens carnivores ailés semblables à des dragons. Les seuls à avoir appris à les employer comme montures sont les dragensmanns qui les élèvent avec passion, et les san’eshe qui font de même mais bien plus rarement. La monte et l’entretien des dragens est compliqué.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :