La médecine lossyanne

Un peu moins de la moitié des techniques médicales lossyannes, surtout dans les soins aux maladies et toxines, se base sur les symbiotes. Quand un médecin tombe sur un blessé grave ou un malade fortement atteint, son premier geste médical sera souvent de lui implanter un symbiote, si le patient ou ses proches ont les moyens de payer. Passé trois jours le temps que le symbiote fasse corps avec son hôte, toute une panacée de traitement peuvent alors permettre de guérir le patient en agissant sur le symbiote. C’est à lui que sont destinés les meilleurs médicaments dont disposent les lossyans.

La pharmacopée lossyanne est cependant, même sans avoir de symbiote, assez musclé si on la compare aux moyens des médecins de la Renaissance. La nature est généreuse de ce point de vue avec les lossyans, peut-être pour se faire pardonner sa cruauté. Il existe une bonne trentaine de plantes et extraits antibiotiques différents qui, si on les manie bien, permet de soigner et juguler la plupart des infections qui tueraient autrement tout malade. Les anti-inflammatoires et antipyrétiques sont eux aussi communs et sauvent nombre de vies.

Malgré tout, une pharmacopée ne fait pas tout : il faut y avoir accès. Et avoir les moyens financiers de payer ces remèdes. C’est le problème ; tout cela n’est pas donné et les plus pauvres en sont réduits aux rebouteux locaux, parfois efficaces mais le plus souvent aux remèdes traditionnels et aux prières, qui le sont nettement moins. Quand une épidémie menace, la plupart des hospices et des apothicaires distribuent les médicaments nécessaires sans compter, il y va de l’intérêt publique, entre autres le leur. Mais le reste du temps, il faut avoir des andris pour être bien soigné.

L’autre problème est que la chirurgie lossyanne est balbutiante, pour ne pas oser dire nulle. Il ne faut guère compter sur l’habilité des chirurgiens pour les blessures et lésions internes les plus complexes et même remettre en place certains os cassés est problématique et souvent source de complications. La chirurgie dentaire se résume le plus souvent à arracher des dents cariées bien que les premiers outils de fraise et de plombage se répandent timidement. Les techniques de chirurgie viscérales sont balbutiantes et on ne parle même pas de la reconstruction fonctionnelle. Bref, pour le moment, la connaissance approfondie de la biologie humaine du point de vue chirurgicale reste l’apanage d’expérimentateurs et de quelques génies de la médecine, et le reste du temps, on fait un peu comme on peut, malgré quelques réussites que permettent, justement, les traitements et la pharmacopée accessible aux médecins.

Quelques remèdes courants

Le plus connu, répandu et simple de ces traitements est le métée, appelé aussi Aïbya par les Athémaïs ou encore miel salé par les Dragensmanns. C’est un baume cicatrisant, qui ressemble en effet à un gel poisseux et collant comme de la mélasse, salé et très amer, issu d’un mélange de miel et de plantes médicinales macérées. Le métée fonctionne uniquement avec un porteur de symbiote. C’est un cicatrisant aux propriétés puissamment antiseptiques qui va accélérer la guérison des plaies, sauf si les dégâts sont internes. Appliqué quotidiennement, le métée permets de regagner une case supplémentaire de blessure par jour.

L’autre remède le plus répandu est un antibiotique et anti-inflammatoire qui ne s’active efficacement que sur des gens ayant un symbiote : l’eau de mirula. La mirula est une fleur, une plante carnivore vivant dans les marécages des régions côtières du sud des Mers de la Séparation. Le suc digestif de ces fleurs est filtré puis distillé pour devenir un remède qui doit être avalé par le patient. Son dosage doit être précis, à forte dose, l’eau de mirula provoque des nausées si violentes qu’elles peuvent tuer. L’eau de mirula administrée pendant une semaine à un patient souffrant de blessures graves permets de réduire le temps de guérison naturelle d’un tiers. Certaines formules que seuls les meilleurs médecins s’aventurent à donner peuvent diviser ce temps par deux.

Enfin, un remède employé par tout le monde, et qui fonctionne dans tous les cas est le nawmé, un anesthésiant qui à faible dose soulage la douleur et aide au sommeil, et à forte dose plonge le patient dans un coma qui peut durer plusieurs heures. Le nawmé, tiré des kystes parasites d’un arbre assez courant, est assez cher, on ne l’emploie pas à outrance. Mais il permet de soulager les plus terribles souffrances et surtout de tenter une chirurgie dans de bonnes conditions –si on sait s’en servir, et qu’on sait maintenir le comateux en vie. Le nawmé s’administre avec de l’eau, ou en le faisant brûler pour en respirer les vapeurs.

Les Maladies

Une grande partie des maladies infectieuses les plus mortelles ou contagieuses ont été en grande partie jugulée par la pharmacopée lossyanne grâce, entre autres, aux symbiotes et à une excellente pharmacopée de remèdes antibiotiques. Des maladies comme le choléra, le typhus, la variole, la tuberculose ou encore la peste ne sont plus en mesure de provoquer des pandémies et des mortalités massives. Quant aux MST, tellement ravageuses au cours du 18ème et 19ème siècle, avec l’emploi assez systématique de symbiotes pour les esclaves des plaisirs, habitude qui s’est répandue dans les maisons closes et chez les Courtisans pour se prémunir de ces risques, elles ne sont plus que des problèmes de santé relativement mineurs. Ce qui ne veut pas dire que la syphilis n’en reste pas moins mortelle ! Mais simplement, il est rare d’être contaminé et des traitements antibiotiques existent. Cela n’en reste pas moins une maladie qui prends son lot de victimes parmi les plus pauvres.

On ne compte en moyenne et selon les cultures et les cités-états qu’entre 1/3ème et 1/5ème de la population qui dispose d’un symbiote et de ses puissants avantages immunitaires et il n’existe nulle part de système de santé publique capable d’intervenir dès l’apparition d’une épidémie pour distribuer des antibiotiques. Et se faire soigner reste toujours onéreux. Ainsi, les maladies infectieuses ne sont pas éradiquées et les tous premiers concepts de vaccins ne concernent encore que des traitements qui emploient les symbiotes comme vecteurs. Pour les autres, il reste les remèdes antibiotiques dont nous parlons plus haut et qui sont plutôt efficaces, les antipyrétiques et les anti-inflammatoires. Ce sont des produits assez communs dans les bocaux d’un bon apothicaire et les réserves des hospices. Mais leur coût qui n’est pas à la portée des bourses des plus pauvres, le manque de connaissance sur les méthodes de transmissions et la prophylaxie laissent encore de beaux jours devant elles à toutes ces maladies et expliquent par exemple l’origine pratique de la tradition qui consiste à ne pas nommer et reconnaitre comme « lossyan » un enfant qui n’a pas passé le cap de sa troisième année : tout simplement parce que ses chances de survies n’ont rien d’assuré. Et dans le monde de Loss, un enfant sur trois en moyenne n’atteindra pas l’âge adulte (14-15 ans).

Nous ne fournissons volontairement pas de données chiffrées sur les maladies. Celles qui suivent sont des exemples servant de toile de fond et d’inspirations dramatiques. Un personnage-joueur ne devrait pas attraper une maladie grave ou mortelle sur un jet de dé.

La lèpre

Maladie peu contagieuse et qui peut être soigné avec l’arsenal antibiotique lossyan. Mais le traitement est long et onéreux. La lèpre s’attaque à la peau, aux muqueuses et aux nerfs périphériques et provoque déformations et infirmités sévères. La lèpre demande des années d’incubation et n’est pas très contagieuse, il faut une longue exposition à un vecteur pour être atteint, mais peu de personnes savent que le risque est limité avec quelques précautions d’hygiène. C’est une maladie chronique qui peut mettre dix à vingt ans à tuer son hôte. Malgré sa rareté relative et les moyens efficaces de la soigner, cette maladie terrifie les lossyans et beaucoup la considèrent souvent comme la marque d’une punition du Concile Divin frappant ses victimes. Les toshs sont des vecteurs de lèpre.

La grippe lossyanne

C’est une grippe comme nous l’imaginez, qui régulièrement se répand en vagues épidémiques dans des communautés lossyannes. Sa première particularité est que les symbiotes ne font qu’en atténuer les symptômes, mais n’y immunise pas et la seconde est que régulièrement, elle prend son dû en vies humaines de manière assez terrible. Très contagieuse, la grippe lossyanne incube en quelques heures et peut parfois tuer en une journée. Elle ne frappe pas que les plus faibles, enfants et personnes âgées, mais a le trait sinistre d’être bien plus virulente et terrible sur les jeunes adultes à cause de leur trop forte réaction immunitaire. En gros, plus on est solide, plus on risque la mort. Heureusement les vagues épidémiques sont rares et la pharmacopée lossyanne assez solide pour sauver les patients atteints… si du moins les réserves sont suffisantes pour les soigner. Puces et parasites sont des vecteurs de grippe.

La rage

La rage lossyanne est une maladie qui s’attaque au système nerveux central et au cerveau, rendant fous furieux ses victimes avant de les tuer. Elle est assez différente de la rage terrienne. Tout d’abord elle est très contagieuse, et se transmets par les mucosités et voies aériennes. Ensuite, elle a une période d’incubation de dix à douze jours sans symptômes avant la phase active. Enfin, les malades atteints passent par un premier stade grippal avant de devenir violents et sanguinaires, un stade où on les nomme les Enragés et où, on ne sait comment, les malades tendent à franchir ce cap final de manière simultanée. Ainsi une communauté infectée peut se réveiller envahie d’Enragés agressant, frappant et mordant au mépris de la souffrance, des blessures physiques et du danger, aveugles et meurtriers. Oui, c’est exactement comme une invasion de zombies au cinéma. Il n’y a aucun remède pour les personnes atteintes et on ne connait aucun vaccin. La seule prophylaxie est d’isoler une communauté atteinte pour empêcher la propagation et d’en tuer et brûler tous les membres. Cette maladie est la Peste Noire de Loss : elle a décimé des cultures entières et tout le monde la craint. Seuls les lossyans et les mammifères d’origine terrienne sont vecteurs de la rage. Les symbiotes immunisent à la rage, mais il n’est pas rare qu’ils en meurent en sauvant leur hôte de l’infection.

 

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